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           Depuis le confinement, vous l'avez peut-être remarqué, j'ai repris la lecture des Odes mystiques de Rûmî, que j'avais abandonnée en son milieu car il y en a 445 pages, numérotées jusqu'à 1081, avec 5 supplémentaires...

         C'est un délice ; car quand l'une d'elles me plaît, je ne lis et relis que celle-là, durant plusieurs jours. Voici la dernière retenue pour ce week-end pascal.

     

    Toutes ces recherches des amoureux ne viennent pas d'eux-mêmes ;
    Ici-bas, il n'est point d'autre chercheur que Lui.
    Ce monde-ci et l'autre monde sont de même essence :
    Dans la vérité n'existent ni l'impiété, ni la religion, ni la foi.
    Ô toi dont le souffle est celui de Jésus ! Ne souffle pas mot de l'éloignement.
    Je suis l'esclave de celui qui ne pense pas à l'avenir lointain.
    Si tu dis : « Je m'en retourne », non, ne t'en retourne pas.
    Si tu dis : « Je vais en avant », non, il n'est pas de chemin pour avancer.
    Ne cherche pas de secours auprès d'un autre que toi-même.
    Le remède de ta blessure est cette blessure elle-même.
    Tout bien et tout mal se trouvent chez les derviches ;
    Celui qui n'est pas ainsi, ce n'est pas un derviche.
    Celui-ci erre loin de sa demeure ; sa demeure est dans le cœur :
    Il n'est point, dans tout l'univers, d'autre demeure que le cœur.

    Rûmî, Ode 425 (Seuil-points-sagesse)

     

     

        Quelle beauté ! Quelle Vérité !


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          Jésus disait bien qu'on ne pouvait pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres. 

          De même, dans cette ode merveilleuse, nous apprenons qu'il faut laisser mourir en nous notre esprit revendicateur et criticailleur, notre pensée insatiable en désirs et en questionnements, pour nous ouvrir à l'Amour radieux qui nous habite et qui est la véritable Vie. Ainsi, nous abandonnant comme un enfant dans les bras de sa mère, apprenons la Confiance absolue.

          Rûmî Lui donne ici le nom du Maître qui Le lui a révélé : Shams de Tabrîz - tout comme un chrétien, pour évoquer le Père qu'il ne connaît pas, en appellerait à Jésus pour Le représenter.

    Ô toi que le Roi d'amour a fait échec et mat,
    Ne sois pas en colère, ne cherche pas vengeance.
    Entre dans le jardin de l'anéantissement. Contemple
    Le paradis qui réside en ta propre âme éternelle.
    Quand tu t'éloigneras davantage de toi-même,
    Ton regard parviendra jusqu'au-delà des cieux.
    Le sultan des vérités et des sens cachés,
    Dont l'ombrelle et les étendards sont faits de lumière éternelle,
    Lorsqu'Il apparaît ne réclame pas de Lui des prodiges,
    Car les prodiges ne servent que de signes.
    Le rivage de la mer pendant un temps est visible :
    Lorsqu'il est submergé, qu'en reste-t-il alors ?
    Nous sommes vaincus par toi, ô Shams de Tabrîz :
    Nous t'apportons cent saluts et serments d'allégeance.

    Rûmî, Odes Mystiques, n°378

     

     

     


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            La menace invisible qui pèse sur nous, alliée à notre immobilité forcée et à tout ce que les médias diffusent, fait qu'une grande angoisse semble tombée dans notre inconscient collectif, que nous en soyons conscient ou non.

         Heureusement beaucoup d'entre nous relaient par mail, blog ou sur les réseaux sociaux des images, musiques, attitudes ou des textes porteurs d'amour et de réconfort, et ainsi nous nous guérissons les uns les autres.

            J'ai trouvé pour ma part ce chant doux et fort, interprété en anglais et sanskrit par une anglaise ("Gaiea Sanskrit"), qui permet de supplier la forme féroce de Shiva (encore appelé Vishveshvara) de nous affranchir de cet ennemi invisible qui nous éloigne de notre véritable nature profonde.

            Dans ce clip, après l'énoncé du premier paragraphe quelques explications sont d'abord inscrites en anglais sur les circonstances d'apparition de ce mantra ; puis le texte, affiché en sanskrit, est chanté en toile de fond dans cette langue puis de plus près par la chanteuse elle-même dans sa traduction anglaise, dans une très belle atmosphère musicale qui apaise et élève.

           Vous en trouverez ci-dessous la traduction en français, et si vous voulez consulter la page youtube originale, un long commentaire en anglais sous la vidéo (en cliquant sur "PLUS"), qui développe les bienfaits de ce chant sur la santé physique et psychique. 

     

     

    Il y a tout en ce moment
    il y a tout il y a tout en ce moment
    perdu dans le bleu profond
    perdu dans le bleu profond

    Que le tonnerre rugisse
    envoyant mille éclairs
    à travers le ciel

    Les dieux de la guerre
    qu'ils frappent un millier de fois
    L'amour ne meurt jamais

    Que le soleil évapore [tout]
    dans l'air électrique
    L'amour reste
    inchangé

    Il y a tout il y a tout en ce moment
    perdu dans le bleu profond
    perdu dans le bleu profond

     

     

        L'interprète ajoute en exergue :

    « Et la pluie est tombée, et les inondations sont venues, et les vents ont soufflé et ils ont frappé cette maison; mais elle n'est pas tombée car elle était fondée sur le roc. » (Matthieu 7,25)

     


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            Voici une petite merveille dont j'espère vous pourrez vous délecter pour meubler les heures de confinement... (cela s'affiche en plein écran)

     

     

     

     


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    Sache que le temps est une image sombre ;

    Notre vrai visage est en-dehors du temps,

    Car le temps est une cage, hors d'elle tout est Qâf et 'Anqâ (1).

    Le monde est une rivière, nous sommes en-dehors d'elle,

    Dans cette rivière notre ombre est tombée.

    Ici, le secret est une difficulté subtile :

    Il n'est pas ici, pourtant il est ici.

    Ne souris pas devant le visage de l'âme, ô mon cœur :

    Sans elle, tout sourire ne fait qu'augmenter les pleurs.

    Un cœur attristé n'est pas vraiment un cœur

    Devant Son visage qu'illumine la joie infinie.

    Le cœur ne s'afflige pas, il ne se nourrit pas de larmes,

    C'est un perroquet merveilleux qui ne mange que du sucre !

    Toi dont la route est sillonnée d'obstacles,

    Imite l'arbre dont la puissance est dans le pied, non dans la tête :

    Bien que ses branches se penchent vers les racines,

    C'est d'elles que proviennent les forces de son être.

     

    Traduit du persan par Eva de Vitray - Meyerovitch
    Seuil Points Sagesses

     

    (1) Qâf est un verset du Coran où il est dit en substance que Dieu est plus proche de l'homme que sa veine jugulaire. 'Anqâ est un terme persan qui signifie "Oiseau fabuleux". 

     

    Rûmî - Ode mystique n°365

     

     

     


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