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    « Jésus disait :

    Si la chair est venue à l'existence à cause de l'esprit, 
    c'est une merveille ;
    mais si l'esprit est venu à l'existence à cause du corps,
    c'est une merveille de merveille !

    Mais moi, je m'émerveille de ceci :
    Comment cet Être qui Est,
    peut-il habiter ce Néant ? »


    Évangile de Thomas : logion 29,
    traduit par Jean-Yves Leloup
    (avec quelques modifications
    de la ponctuation et du graphisme).

     

    Comment le soleil pourrait-il habiter les nuages ?...

    Quand pris dans la brume tu marches en aveugle, ne songes-tu pas à t'asseoir et à attendre que celle-ci se dissipe ?

    Le tonnerre et les éclairs te fascinent-ils à ce point, que tu les laisses affoler ton cœur ?

     

     


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    Ô mort, poussière d'étoiles,

    Lève-toi sous mes pas ! 

    Viens, ô douce vague qui brilles

    Dans les ténèbres ;

    Emporte-moi dans ton néant.

     

    Viens, souffle sombre où je vacille,

    Comme une flamme ivre de vent ! 

     

    C'est en toi que je veux m'étendre,

    M'éteindre et me dissoudre,

    Mort où mon âme aspire !

    Dieu fort qu'elle attend

    Avec des chants et des rires d'amour.

     

     Viens, brise-moi comme une fleur d'écume,

    Une fleur de soleil à la cime

    Des eaux

    Que la nuit effeuille, que l'ombre efface,

    Et que l'espace épanouit.

     

     Et comme d'une amphore d'or,

    Un vin de flamme et d’arôme divin,

    Épanche mon âme

    En ton abîme, pour qu'elle embaume

    La terre sombre et le souffle des morts... 

     

     Charles van Lerberghe,
    "La Chanson d’Ève",
    mise en musique par Gabriel Fauré

     

     


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    Ulysse part la voile au vent,
    Vers Ithaque aux ondes chéries !

    Penché, œil grave et cœur battant
    Sur le bec d'or de sa galère
    Il se rit, quand le flot est noir, de sa colère.

    Georges Delaquys (1880-1970)


        Ainsi Olga Boulanger, dite Lili, évoquait-elle le retour certain de celui qui, sachant qu'il est parti, doit impérativement revenir.

         Dans le poème, Ulysse songe que son fils l'attend. Mais pour elle qui sait qu'elle va bientôt mourir dans la fleur de sa jeunesse, là-haut c'est son père qui l'attend, son "cher papa" perdu à l'âge de 7 ans mais qui fut toujours le phare de sa vie et à qui elle dédie son superbe psaume 130 : "Du fond de l'abîme, je crie vers toi, Iahvé Adonaï".

          Dans ce psaume une phrase particulièrement me touche :

    J'espère, je compte sur sa parole
    plus que les guetteurs de la nuit
    n'aspirent au matin.

       En effet, pour un guetteur qui a déjà connu le jour, il est évident que celui-ci succédera à la nuit. Mais pour celui qui sait qu'il n'existe que « Lui » - Iahvé - et que tout le reste n'est que faux-semblant, en quoi est-il besoin d'espérer ? Celui qu'il appelle est le support même de son être, déjà et toujours présent. Il n'a donc pas à l'attendre...

          De même Ulysse, concentré sur son but, ne verra nulle aventure se produire, si extraordinaire qu'elle soit ; ce ne seront que rêves, tandis que porté par le flot, où qu'il aille et où qu'il se trouve, il sera toujours à "I-thaque" - "I-shvara" - "I-ahvé", c'est-à-dire en « Lui ».

             Son œil est ouvert : il perçoit mais ne voit rien.

      


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    Qui sommes-nous, vidés de la personne que nous croyons être ?

    "C'est comme la vacuité évoluant sous la forme d'un être humain"

    disait Mooji dans cette très belle vidéo d'un jour de Pâques 
    (de 19'15 à 20' - ss-titres fçais)


       Mais qui perçoit des formes ?

    Aujourd'hui, dans un univers étincelant de neige, je dirais : 

    ... C'est comme la vacuité évoluant en robe de mariée.

     

     


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