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        Où règne le Printemps, ce Seigneur de Saisons, une musique mystérieuse se fait entendre.

         Là des torrents de lumière coulent en tous sens.

         Peu d'hommes peuvent atteindre à ce rivage.

         Où des millions de Krishna se tiennent les mains croisées ;

         Où des millions de Vishnu sont prosternés ;

         Où des millions de Brahmanes lisent les Védas ;

         Où des millions de Shiva sont perdus dans la contemplation ;

         Là des millions d'Indra et d'innombrables demi-dieux ont le ciel pour demeure.

          Là des millions de Saraswatis, déesses de  la musique, jouent sur la Vina.

          Là mon Seigneur se révèle à Lui-même et le parfum du santal et des fleurs flotte dans les profondeurs de l'espace.

     

    Kabîr, La Flûte de l'Infini, XV

     


          Les poèmes de Kabîr nous mènent au lieu le plus sacré de nous-même : dans ces profondeurs de notre cœur, où même les dieux auxquels nous avons pu croire sont dépassés. Quand nous plongeons au plus profond de la méditation, s'ouvre un univers illimité dans lequel tout prend naissance, à partir duquel tout apparaît - même nous-même.

             Pour celui qui a réussi à remonter ainsi à sa propre Source, le monde n'est plus qu'une danse extatique... Car, comme l'exprime magiquement la dernière phrase, il n'est plus que la révélation de l'Esprit à Soi-même.

     

     


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           Vendredi 10 vers 20 heures a lieu une Pleine Lune importante, car outre qu'elle est accompagnée d'une éclipse (ce qui veut dire que notre chemin de développement s'aligne sur son énergie, car elle est conjointe à l'Axe du Dragon, ou des Nœuds lunaires), elle se situe également sur cette puissante conjonction Saturne-Pluton en Capricorne qui nous remue depuis longtemps en nous incitant à travailler sur nous en profondeur afin de tout réaménager dans notre existence... ou presque (et cela également au plan collectif !). 

        À ce sujet, je vous invite si vous êtes intéressés à suivre la vidéo publiée par Émilie Charton, qui en présente bien la problématique.    

         Cependant ce n'est pas mon propos mais juste la pose d'un décor, destiné à montrer que Celui vers qui nous tendons, que nous cherchons, va peut-être s'exprimer davantage, se donner davantage à connaître dans ces moments de forte intensité émotionnelle.

        Or justement, voici deux "Maîtres" dont la Parole m'a vivement frappée hier. 

          Tout d'abord, j'ai rouvert le livre des poèmes de Kabîr,
    et me suis arrêtée sur celui-ci :

     

        Dans le vase terrestre sont des berceaux de verdure et des bocages ; en lui est le Créateur.

         Dans ce vase sont les sept Océans et les innombrables étoiles.

         Le joaillier et sa pierre de touche sont dedans.

         La voix de l'Éternel y retentit et fait jaillir le printemps.

         Kabîr dit : « Écoute-moi, mon ami ; mon Seigneur bien-aimé est dans ce vase. »

    Kabîr, La Flûte de l'Infini, Gallimard-Poésie
    poème n°VIII dans la traduction d'Henriette Mirabaud-Thorens

     

             Ce sont des paroles merveilleuses qui nous interpellent par leur douceur et nous obligent à réfléchir à leur sens, nous échappant au premier abord.

             Cependant après des années de réflexion, la surprise et l'émerveillement restent les mêmes, comme s'il s'agissait d'une lecture totalement nouvelle.

                Surtout si je les rapproche des mots de Mooji tout aussi merveilleux, diffusés avant-hier mais prononcés le 7 octobre lors d'une retraite silencieuse à Zmar au Portugal.

         (Je cite "à peu près" son traducteur ou sa traductrice, qui nous donnent à chaque fois la chance de comprendre clairement tout ce qu'il dit).

     

    «  Ce Silence que vous pouvez sentir est votre parfum. D'où vient-il, ce parfum, que personne ne peut toucher, mais que l'on peut seulement être ? Étrangement, vous êtes déjà cela, mais endormis à cela. (...)

        Il y a un dicton qui dit : "Tu veux goûter le miel, tu ne veux pas être le miel ; mais si tu goûtes le miel, tu es le miel aussi."

         Est-ce que je peux dire ça comme ça ? Tu te goûtes toi-même... Comment peux-tu te goûter toi-même ? C'est juste une manière de dire...  

       (...)

         Peut-être commencez-vous à compter à partir de 1. Pour moi c'est zéro, et je suis à la place du zéro... Heureux, ne construisant rien mais découvrant tout ce que le Père fait apparaître, j'expérimente ma chance : je ne suis rien, apparaissant comme quelque chose, et me réjouissant des deux. 

         ... C'est comme le Soi qui se contemple lui-même. C'est la plus belle des joies en fait... »

    Vidéo ci-dessous, entre 1h12 et 1h18 environ puis 1h26

     

     Surtout, ne manquez pas d'écouter la suite si le cœur vous en dit...

     

     

         

     


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    «  Le Christ serait-Il né mille fois à Bethléem,
    S'Il ne naît en toi,
    Tu demeures à jamais dans la mort. »

    Angelus Silesius

         Cette phrase, dix fois relue lorsque j'étudiais le cours de Philosophie de la Fraternité Rosicrucienne, m'a été rappelée dans cette vidéo de José Le Roy que je vous invite vivement à visionner. En effet, pour ceux que la notion de "Dieu" rebute, la signification de cette grande vérité devient limpide.

     


     

         Cependant, en en recherchant le texte sur internet, quelle surprise j'ai eue de le retrouver dans les pages du Journal La Croix ! Et de plus, avec plusieurs autres phrases tout aussi inspirées du même immense mystique, dont la lecture témoigne de la Vérité avec une puissance qui ravit l'âme.

         Vous pouvez les lire ici.

     

     

     

     


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          Voici des paroles qui pour moi reflètent la Vérité essentielle de toutes les religions, qu'il s'agisse d'Allah, de Yahveh, du Père, de Brahman ou du Grand Esprit.

            Elles sont mises dans la bouche de Krishna, qui ne s’exprime pas en tant qu'individu, mais en tant que la Puissance qui l'a mandaté, comme l'aurait fait Jésus ou tout Guide spirituel authentique. C'est pourquoi le terme "Moi" porte une majuscule.

           Les entendre élève l'âme et exalte l'amour qui gît au fond de notre cœur, ne demandant qu'à glorifier le Seigneur de l'Univers.

     

    « Celui qui sait jusqu'où s'étend l'ampleur de mon être et de ma puissance, celui-là est en mesure de s'unir à Moi. Or Je suis l'origine de tout et tout procède de Moi. Voilà ce que savent ceux qui en savent long, et ceux-là ne s'éloignent jamais de Moi.

    «  Ils sont portés au comble de la joie, ils reçoivent la plus belle part, ceux dont chaque pensée est en Moi, dont l'intelligence s'éveille par le saint compagnonnage, dont chaque parole tourne autour de Moi. Et ceux dont la discipline spirituelle est constante, ceux qui font de leur lien à Moi la source de toutes les joies ; à ceux-là J'offre la possibilité de me voir et de m'atteindre. Je demeure en eux, et par amour pour eux, Je disperse les ténèbres nées de leur ignorance avec la flamme du savoir. »

    La Bhagavad-Gîta, chapitre 10
    (Presses du Châtelet, traduction d'Alexis Lavis)

     

           Jésus ne prononce-t-il pas des paroles similaires dans l’Évangile de Jean ?

     

    «  Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. »

    (Évangile de Jean, chap.15, verset 4)

     

         Il n'y a pas d'autre alternative que la pure dévotion et le don total de ses pensées et actions à Celui dont nous sommes issus.

     

     

    S'unir à Celui qui Est

     

     


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              Voici un bel extrait de la Bhagavad-Gîta, dans la traduction d'Alexis Lavis.

           Le héros Arjuna, descendu de son char de combat au moment où la bataille aurait dû s'engager, s'adresse à son cocher Krishna dont il connaît la sagesse et qu'il a choisi pour guide.

         Or, les paroles d'apaisement que lui prodigue celui-ci ne sont pas à comprendre comme un encouragement à tuer comme on pourrait le croire, mais juste à accepter l'inéluctable : car si on lit correctement le Mahâbhârata dont est tiré ce passage, on apprend qu'Arjuna n'a plus le choix et qu'il est quasiment en état de légitime défense, après avoir maintes fois reculé devant la violence de ses cousins décidés à lui ravir son trône, en renonçant chaque fois à répliquer à leurs attaques et même en s'exilant en leur faveur.
         Dans ce texte, aller au combat est pour nous synonyme d'accepter la vie telle qu'elle se présente, sachant que les apparences sont comme les vagues de la mer ou les nuages du ciel : une fluctuation de l'Être qui lui, est immuable. La situation guerrière est de plus une occasion pour méditer sur la réalité de la mort.

      

    « Et voici, ô Dhritarashtra, ce que répondit Krishna, le visage ombré d'un sourire, à cet homme désespéré pris entre deux armées.

    (...)

      -  Si ces corps face à toi périssent, le Principe qui les soutient tous est éternel, indestructible, infini. Aussi, ô noble guerrier, va au combat !

        Penser qu'il y a un tueur et un tué est une illusion ; personne ne tue, personne n'est tué. Personne ne naît, personne ne meurt ; personne ne commence, personne ne finit d'être.

        Le Soi véritable ne périt pas lorsque meurt le corps. (...) L'homme abandonne son corps comme un vêtement usagé ; son Soi authentique se réincarne alors pour vivre une autre existence.

          Or ce Soi, nulle dague ne saurait le blesser, nul feu ne saurait le brûler, nulle eau ne saurait le noyer, nul vent ne saurait le dessécher... Le Soi ne peut être atteint par tout cela ; il est éternel, omniprésent, égal en tout. »

     

     

    NB : à titre d'illustration, voir la vidéo proposée par Daniel Genty sur les expériences de "mort transitoire" ici.

     


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