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    « Peu importe ce qui survient ;
    Ce qui importe, c'est Qui tu es,
    Toi qui le perçois. »

    Mooji

     

    Amma accueille tous ceux qui viennent à elle, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent, quels que soient leur histoire ou leur problème...

    Elle leur ouvre ses bras et leur offre sont amour, constamment, sans distinction, avec une infinie patience.

     *  *  *

     
        Ainsi dois-en permanence accueillir et embrasser tout ce qui se présente à moi, sans distinction, sans jugement, avec amour et infinie patience. Accueillir et aimer les événements, les personnes, les situations, les sentiments ou les pensées en tant que faisant partie de Ce qui est là ; c'est-à-dire de ma propre image : car ce que je perçois reflète ce que je suis profondément, seul mon mental habille les choses à sa convenance selon le prisme de mes conditionnements.

         La patience est le premier signe de l'Amour.

     
         Récemment j'évoquais cette question qui aurait pu, selon Eckhart Tolle, être posée à tout moment par le maître Rinzaï :

    « À cet instant précis, que manque-t-il ? »

        Après réflexion et application de l'exercice, je remarque qu'elle n'élude rien des possibilités de "manque" présentes dans l'esprit. Ce qui la fait tomber, ce n'est pas le travail de recherche ni les réponses trouvées, bien au contraire !

           Ce qu'il faut, c'est l'observer et découvrir qu'il ne s'agit que d'un concept : le "manque" est juste le contenu d'une pensée... D'ailleurs, "l'instant présent" également ! S'arrêter pour saisir un instant est déjà une opération mentale.

     
         Si comme le prescrit Mooji je demeure en tant que Cela qui perçoit, et si comme Amma j'embrasse et accueille avec amour tout ce qui se présente à cette perception sans distinction, alors j'accueille de la même façon la pensée du manque, la pensée de l'instant présent, et toutes ces pensées qui font partie de l'Être et sont simplement là, survenant puis disparaissant tour à tour... 

     

     


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    S’élancer en avant dans une incessante création, dans un perpétuel élan,

    Vers le nouveau, l’inconnu, une vie nouvelle,

    De ce qui n’a encore jamais existé !  (...)

    Emporte-moi au loin vers l’inconnu de l’avenir

    À la rencontre de la liberté désirée ! (...)

     

      Ainsi s'exprimait Ivan Wyschnegradsky dans la seconde partie de son extraordinaire Poème symphonique pour Récitant et Orchestre intitulé La Journée de l'Existence.

    Et je me souvenais de ces mots en me promenant, pensant que rien de ce qui m'était présenté n'avait encore jamais existé ; que tout y était neuf, perpétuellement neuf, et non seulement neuf mais encore jailli tout vif de ma pensée, qui dessinait des formes au sein de l'Être immense dans lequel j'évoluais.

    D'ailleurs n'allais-je pas précisément marcher sur une sorte de serpent lové dans l'herbe, et qui n'était qu'un morceau de corde mystérieusement abandonné ?

    Un peu plus loin encore je souris en découvrant des réverbères orange allumés dans des ruelles pourtant baignées de la resplendissante lumière de midi, y voyant l'image parfaite de notre petit mental s'obstinant à se rendre intéressant alors qu'il n'éclaire rien du tout, la véritable lumière lui étant extérieure.

    C'est alors que celui-ci (ce petit mental fouinant dans ses tiroirs pour avoir le dernier mot) me rappela un vers de Phène ; ou plutôt me titilla pour que je réussisse à me le remémorer...

    ...  Voyons voyons, où parlait-elle d'a-venir ??? Avec quoi faisait-elle un jeu de mots ??? Un rapport de transformation ???

    Je résistai un instant à céder à la recherche, la prenant dans le mauvais sens : en effet je cherchais un rapport avec un autre mot qui commencerait par "a" ; mais j'en vins soudain à cette évidence que ce n'était pas le "a" qui était conservé, mais le "venir" !

    Et le "sous - venir" surgit !

     

    L'errance

    prend fin

    quand

    deux - venir

    s'abîme en

    a - venir

    (Extrait de Feuillets Apocryphes)

     

    Au lieu de percevoir deux éléments séparés évoluant simultanément (l'Homme et son Créateur - Soi et le monde) ou même - ou surtout ! - au lieu d'imaginer deux points distincts étant celui que l'on occupe et celui que l'on veut atteindre ("devenir"), on perçoit un stop, un arrêt de tout mouvement. Il ne s'agit donc même plus d' "à venir" (de cette "liberté désirée" qu'évoque Wyschnegradsky à ce niveau de sa méditation), mais d'absence d'attente, d'absence de recherche.

    Il n'est plus besoin d'aller où que ce soit, tout étant devenu UN.

     

     


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    « Je ne suis ni la pensée ni l'intelligence, ni le moi, ni la conscience ;
    Je ne suis ni l'oreille, ni la langue, ni le nez, ni l’œil ;
    Je ne suis pas davantage l'atmosphère, la terre, le feu, ni le vent ;

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin.

     

    Je ne suis pas le souffle de vie, ni le corps,
    Je n'habite pas les organes ni même les corps subtils ;
    Je ne suis pas davantage la voix, les membres ou le sexe ;

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin.

     

    Je ne subis pas attirance ou répulsion, désir ou illusion ;
    Je ne connais ni l'orgueil, ni la colère, ni l'envie ;
    Je n'ai pas davantage besoin de discipline, de chance, d'aspiration ou de libération ;

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin.

     

    Je ne suis ni dans la vertu ni dans le vice, ni dans le bonheur ni dans la souffrance ;
    Je ne nécessite ni mantra ni pèlerinage, ni Saintes Écritures ni sacrifices ;
    Car je ne suis ni la nourriture, ni le fait de goûter, ni celui qui goûte ;

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin.

     

    Je ne connais ni la mort, ni la peur, ni les classes sociales ;
    Je ne connais pas davantage de père, de mère ni de naissance,
    Pas plus que de frère, d'ami, de maître ou de disciple.

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin.

     

    Je suis Immuable et Infini,
    Présence servant de support à tout ce qui est perçu,
    Éternellement libre et illimité ;

    Je suis Pure Béatitude, l'Esprit Divin, l'Esprit Divin. »

     


    Âdi Shankarâchârya, Âtmashatakam (le Chant de l'Âme),
    encore appelé "Nirvâna Shatakam" ("Le Chant de l'extinction")
    dans une traduction personnelle
    à écouter ici

     

     

     


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    « Agneau de Dieu

    Qui enlèves le péché du monde,

    Donne nous la Paix. »

     

       Qu'est-ce que cet Agneau, sinon celui qui est suffisamment innocent pour accueillir sans jugement ni rejet aucun, dans une acceptation parfaite, tout ce qui se présente à lui ?

         Cet Agneau est "de Dieu", car il n'est pas "né du sang ni d'un vouloir de chair ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu" (prologue de l’Évangile de Jean, verset 13) : en effet la chair est faible et soumise aux jugements du mental.

        Ainsi, cette attitude "enlève le péché du monde", celui qui consiste en l'étiquetage des objets perçus afin de les cristalliser et de leur ôter leur pouvoir de vie en perpétuelle évolution.

         Enfin cette attitude, parce qu'elle libère de l'action néfaste du mental, apporte la Paix profonde.

     

          Mais ici l'erreur consiste à considérer l'Agneau comme extérieur à soi, alors qu'il est nous-même, notre véritable Soi.

           De même, dans la prière catholique destinée au Christ, le "Gloria", il est fait une distinction entre "Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu", et "l'Agneau de Dieu, le Fils du Père" : tandis que le premier est notre Maître, celui qui nous montre la Voie, le second est nous-même, le disciple qui a assimilé cette voie.

     


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    Imagine qu'une tulipe demande à une rose comment faire pour fleurir ?!

    La Nature les fait pousser indifféremment toutes les deux, suivant la voie propre à chacune.

    La tulipe n'a qu'un choix : laisser agir ses racines et s'abandonner à la grâce du ciel (pluie, lumière, température...).

    Ainsi aucun maître, aucun dieu ne peut rien pour toi ; seule ta Foi en ta propre puissance peut quelque chose.

     

    Si tu n'occupes pas Ta place, alors qui l'occupera ?

    Elle ne sera occupée que par Toi, mais à ton insu.

     

    Il n'y a qu'une façon de s'éveiller : c'est d'ouvrir les yeux au matin neuf et de découvrir soudain que tout est là uniquement parce que tu es éveillé...

    Et de rester ainsi constamment, devant ce miracle : « JE - SUIS - ÉVEILLÉ(E) !! »

    Tout est là uniquement pour te montrer que tu es. Tout te sourit et te renvoie ta joie et ton amour. Tout surgit en toi et vit en toi, tout chante en toi et s'extasie en toi ; tout te reflète car tout a jailli de ton cœur, et en jaillit sans cesse et sans cesse !

     Chaque instant te montre qui tu es, t'offre un facette de l'Être infini que tu es.

    Comment repousser quoi que ce soit puisque c'est se meurtrir soi-même ? Seul le mental envoie des flèches acérées, et il fait de toi un hérisson sauvage, comme ce pauvre Sébastien (de Gabriele d'Annunzio)... Mais il se trompe, car Tu es hors de ses atteintes, et si immense que les flèches de ce petit démon se sont perdues dans le ciel... noyées dans ton infinitude...

     

    Même ces flèches te font alors sourire, car tu sais que ce diablotin de mental est aussi ton enfant, comme tout ce qui apparaît et miroite à tes regards, sonne à tes oreilles ou vibre dans ton cœur. Comment repousser ses enfants, et ne pas s'attendrir de leurs jeux et même de leurs bêtises ?

    Ainsi chaque individu rencontré est une part de toi-même que tu accueilles avec étonnement et bonheur. Tout est miracle et merveille !

     

    Mais oui... Bien sûr, c'est le printemps : le "temps premier", initial, l'éclosion de l'Être sous son aspect apparent.

     

     


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