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    Ô Toi qui étais avant que ne fût le Silence

    Comme je T'aimais

    Comme je T'ai aimé  !

      

    Entends l'appel muet de mon Cœur

    Presse-le comme une éponge vidée

    Embrase-le comme un amas de brindilles sèches

    Et qu'il ne soit plus

    Que Flamme à Ta Beauté

    Hymne à Ton Nom 

     


    *   *   *
     

     Il est venu le Bien-Aimé

    À pas de loup dans la nuit

    Traversant les voiles de silences et d'étoiles

      

    Lui qui depuis toujours EST

    Devant ce que

    depuis toujours je suis

     

     

    Amour
    Image tirée du Tarot Zen d'Osho

     

     


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    Vierge de Brion
    (image Google Street View)

     

       En route vers la Touraine, je passe à Brion et comme à chaque fois je rencontre la belle statue de la Vierge à l'Enfant qui trône au bord de la départementale 8 (et face à qui, fréquemment, se postent sournoisement les CRS qui contrôlent la vitesse...).

        Comme à chaque fois, je la salue et comme c'est le 15 août, je pénètre encore plus profondément dans son mystère...
         

    « Je vous salue, Marie,
    Pleine de Grâce,
    Le Seigneur est avec vous. »


         Par cette plénitude de Grâce divine, elle est Une avec le Seigneur. Et de même que dans le Moola Mantra il est dit que le "Parabrahman" (l'Absolu) est à la fois "Bhagavate" ("Béni" au masculin) et "Bhagavati" ("Bénie" au féminin), elle est l'expression féminine du Divin, la Grande Mère vénérée en Inde sous de multiples noms (Ma Amba).

         Il en est de même dans cette invocation :

    « Salve Regina,
    Mater misericordiae,
    Vita, dulcedo et spes nostra,
    Salve. » (1)


        Mais vient la suite pleine de puissance évocatrice.

    « Vous êtes bénie entre toutes les femmes
    et Jésus, le  fruit de vos entrailles, est béni. »


       Correspondant dans l'autre prière à :


    « Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
    Nobis post hoc exilium ostende. » (2)

     
      Laissons de côté le "Priez pour nous, pauvres pécheurs", correspondant au "ad te clamamus, exules filii Evae" (3), et voyons ce que peut être ce "fruit de tes entrailles" pour une "mère divine" ou aspect féminin de l'Absolu. 

         N'est-Il pas la Réalité de la Puissance Divine transparaissant à travers le voile de l'Illusion, exactement comme le "Joyau dans le Lotus" du divin mantra ?

       Ces prières à Dieu sous sa forme maternelle, ne nous offrent-elles pas la VISION pure de la Vérité cachée sous les formes apparentes de l'Univers manifesté ? "Jésus", directement engendré par "Dieu" est Sa pure projection pour nos regards mortels. 

         La "Mère", en d'autres termes, "Marie", est aussi Maya, forme apparente ; ce qu'elle recèle pour celui qui se prosterne à ses pieds est l'Illumination, la Puissance initiale de l'Être, que nous saurons reconnaître dès notre mort aux apparences, dès notre sortie de l'exil des sens.

      

     

    (1) "Salut, Reine, mère de compassion, notre vie, notre douceur et notre espoir, salut !"
    (2) "Et Jésus, le fruit béni de ton ventre, présente-le nous après cet exil."
    (3) " Nous crions vers toi, fils d'Ève en exil"

      


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     Échelle de Jacob
    (Image tirée du site)

     

         Comme notre mental discriminant aime à tout catégoriser, il adore l'image de l'échelle, qui montre une hiérarchie entre les êtres, les connaissances, les degrés d'évolution, les diverses qualités... Il met des hiérarchies partout : dans la société, dans les professions, les diplômes ou dans les degrés de difficulté, de douleur, de sensibilité ou d'intelligence.

         C'est ainsi qu'on en trouve aussi par rapport au domaine spirituel : il y aurait plusieurs échelons pour atteindre le ciel, et encore des échelons dans le ciel lui-même - qui correspondraient à une "hiérarchie" entre les différentes "puissances" célestes (Anges, Archanges, Chérubins, Séraphins, etc.).

            Pourtant quand nous naissons à ce monde, tout est parfait et indifférencié. Nous crions pour que nos besoins soient assouvis, et bientôt sommes partagés entre l'extase, qui correspond au bien-être découlant d'un besoin comblé, et l'exploration, qui est notre première manifestation d'autonomie.

           Ainsi naît le "chercheur spirituel"... 

         Il est l'explorateur (= l'enfant qui utilise son appareil locomoteur - lequel peut fort bien être transposé dans le domaine de la pensée) à la recherche d'extase (= la satisfaction d'un besoin fondamental - besoin qui s'avère être de faire de nouveau "UN" avec sa Source).

          Naissent ensuite des "Voies spirituelles" : religions, pratiques mystiques ou tous autres enseignements.

          Celles-ci utilisent très fréquemment la notion d'"échelle" : il y a les degrés dans l'initiation, et plus récemment la notion d'"Ascension" ou de "Maîtres ascensionnés", ce qui focalise l'attention vers une nécessité d'effort, et vers l'idée que cet effort peut être couronné d'une récompense, voire de gloire personnelle. Ce qui bien sûr stimule considérablement notre curiosité au niveau mental !

          Je suis un jour entrée comme cela dans une "voie initiatique", dans laquelle le franchissement du premier degré était particulièrement difficile à réaliser, ce qui ne pouvait que décourager le candidat par rapport aux suivants, résolument tenus secrets. Et j'ai l'impression que cette expérience, non seulement vaut pour toutes les autres voies, mais en plus présente la même résolution finale que n'importe quelle autre.

          En effet, comme on sait, c'est le premier pas le plus important : on apprend l'essentiel, c'est-à-dire à s'oublier soi-même, en se faisant petit, silencieux. On apprend à se mettre en retrait devant "plus grand que soi", devant ce qui nous "dépasse". En gravissant cet échelon, on se détache de soi-même, de sa partie la plus charnelle du moins.

          L'adage antique annonce :

    « Quand le disciple est prêt, le maître apparaît. »

         Le "disciple" (ou celui qui se prend pour tel) attend donc, accroché à sa petite échelle sur son petit barreau.

         Et lorsque le "Maître" (ou ce qu'il croit être celui-ci) apparaît, il frétille d'impatience à l'idée d'atteindre enfin le ciel, l'extase finale...! Il est radieux à l'idée d'être enfin remarqué, et pense toucher la "récompense" imaginée : l'entrée dans le monde des "grands" !

          Mais que fait le Maître ?

          D'un coup de serpe, il brise l'échelle.

          L'échelle disparaît, et l'aspirant redevenu plus misérable que jamais éprouve la pire des angoisses : la peur non seulement de n'arriver nulle part, mais en plus d'être brisé lui-même dans une terrible chute.

         Là, je ferai une parenthèse (comparative) pour ceux que le mot de "Maître" indispose.

          Quand vous avez appris à nager, il y avait bien un "maître nageur" ? Il baladait sous votre nez une perche trempée dans l'eau et tant que vous aviez vos petits flotteurs, vous nagiez derrière la perche avec confiance et application... Mais le jour où il enleva le dernier pain de mousse, quelle panique !! Et cette perche qui ne se laissait pas attraper... ! Moi ce jour là, j'avais désespérément coulé... Et le maître nageur n'était pas content : il disait que je le faisais exprès !

           Dans la voie spirituelle c'est pareil. Vous voilà juché sur l'échelle et hop ! Plus d'échelle !! Elle se casse et part en morceaux !

          Bien sûr vous pouvez toujours, comme Jacob, vous retrouver dans les bras d'un ange et vous battre avec... D'ailleurs c'est ce qui arrive le plus souvent : celui que l'on appelle "le Gardien du Seuil" est plus exactement la somme des peurs et des émotions cachées ou refoulées au fond de vous auxquelles vous devez subitement faire face. Accroché à ces restes de vous-même qui réclament toute votre attention vous devez les reconnaître (c'est pourquoi l'ange doit se nommer) et les accepter (cesser de vous battre contre elles). Mais lorsque vous les avez comprises et apaisées, que vous reste-t-il ?...

     

          ...  Alors il n'y a plus qu'à demeurer en suspension dans l'espace du Cœur, qui est comme un univers liquide ou aérien, totalement accueillant et porteur, moelleux et bienveillant, irradiant sa force et sa chaleur, comme la Source dont vous aviez la nostalgie et dans laquelle tout est Un, vivant et vibrant, se nourrissant soi-même dans une perpétuelle mouvance, et en parfaite communion avec tout ce qui vous entoure malgré l'apparente fabuleuse diversité et les constants échanges relationnels. 

     

    Tarot Zen - La Confiance

     


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    Ô Toi qui rayonnes et palpites en silence

    Tout flamboie et respire par Toi

    L’œil qui regarde inondé de splendeur

    Et la pensée qui fuit dessinant des contours

    Et qui saute et folâtre allant de point en point

    Tout s'éploie en extase

     

    De la terre qui fume aux arbres transcendés

    Ta force et Ta présence

    Les mots sont sans objet fermés dans leur enclos

    Où tournent les idées comme des papillons

     

    Les cimes des sapins soudain se chargent d'or

    Elles offrent au ciel leurs pointes chamarrées

    Comme un cœur qui déborde en un chant si puissant 

    Qu'il pleure dans l'azur et ruisselle pour Toi

     

    Le Cygne des hauteurs

    Le Danseur du vertige

    Qui embaumes la Vie

     

     

    Cygne *

      

    *Note : le graphisme du mot "Allah" en Arabe, rencontré à plusieurs reprises en écoutant des textes de Rûmî, me rappelle le "Cygne" qui est symbole de la perfection pour le chercheur spirituel en Inde (Paramahamsa).

     


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          Aujourd'hui la Pleine Lune s'éclipse. 

          Devant la splendeur de l'astre du Jour elle s'efface et cherche l'anéantissement. 

           Conjointe à Mars rétrograde, elle s'emplit de toutes les douleurs du monde jusqu'à devenir rouge sang, et s'oublie dans la profondeur du silence.

           J'ai écouté des odes de Rûmî, si merveilleusement dites et évoquées par Shemsi Husser, et les messages de celle-ci, particulièrement "Ferme tes lèvres et ouvre ton coeur", "Apprends l'art du silence", "L'océan de Dieu", puis "Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir" et "La joie de l'anéantissement".

           Cependant ce matin c'est cette vidéo que je publierai, après "Entre dans l'intimité de Dieu" : "Nourrir sa relation à Dieu"... Tout en sachant que je ne saurai me lasser de les écouter toutes, quand une seule suffirait à me combler.

     

     

       « Aujourd'hui est le plus beau jour qui m'est donné pour nourrir ma relation à Dieu et pour rendre grâce.» Shemsi.

     


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