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            Les choses ne se produisent que pour nous rappeler le goût de l'amour.

     

           Pendant longtemps, je me suis lamentée de ne pouvoir faire certains travaux dans ma maison. Et puis ma maman est partie, brutalement emportée par une maladie inattendue.

          Je ne savais pas qu'elle me léguerait tant d'argent... Alors, maintenant que j'envisage petit à petit mes modifications souhaitées, comme il est doux de penser :

    "Tout ce que j'avais souhaité, c'est elle qui me l'offre aujourd'hui !"

        Quelle gratitude...! D'ailleurs, une mère, c'est votre source, votre origine ; une fois disparue en tant qu'individu, elle est de plus en plus identifiable au créateur, à l'Être qui vous a conçu... Et alors comme la gratitude se décuple !

           J'avais contracté à ses obsèques en décembre dernier, par temps très humide, un méchant rhume, et le samedi soir de la semaine suivante, à force de sangloter, je me suis mise à tousser, tousser, tousser... tant que j'ai cru mourir, ne plus réussir à respirer.

         Une petite voix m'a dit alors : "Ne reste pas comme ça, va aux urgences". Notre ville est accueillante : il y a un petit hôpital muni d'un service d'urgences où par chance je n'ai pas trouvé grand monde ; mais par contre le personnel y était exsangue, il n'y avait là qu'une infirmière et un aide-soignant (même la personne de l'accueil était absente). J'étais arrivée juste à temps pour choper le médecin qui partait : il m'a prescrit des fumigations, et alors j'ai été installée par l'adorable aide-soignant qui ressemblait au "petit nain de la montagne" (comme disait mon grand-père) tant il était petit, jovial, et muni d'une belle barbe, dans une salle certainement destinée aux enfants car elle était toute décorée des personnages de Winnie l'ourson, et il pendait au plafond un petit parachutiste qui me rappelait de merveilleux moments de jeu de mon enfance. L'infirmière charmante était une de mes anciennes élèves, parmi les plus gentilles, mais elle était pressée par le travail, quoique très attentive. Ils disparurent aussitôt, me laissant rêvasser, éblouie, devant Tigrou, Porcinet et Bourriquet... Shootée par les bonnes vapeurs, je me suis sentie bercée, bercée... et je riais de bonheur lorsque je repartis deux heures après, sous la nuit étoilée - après avoir instamment remercié mes bienfaiteurs qui réagissaient : "Non, non, on n'a pas le temps !"

           Il est certain qu'il faudrait aujourd'hui consacrer cet écrit aux personnels des urgences. Mais je reviens sur cette idée : tout se produit pour nous rappeler le goût de l'amour. 

            Et pour ceux qui en douteraient, affirmant qu'il y a des souffrances injustes ou des violences excessives, j'ai heureusement le soutien de la douce Julie-Ann qui explique bien mieux que moi que cette focalisation sur ce qu'on appelle "le mal" vient du fait que le mental ne voit les choses que partiellement, au lieu de se reculer pour voir la globalité ; et que de même que les ténèbres sont nécessaires pour qu'apparaisse la lumière (tout comme la lumière seule nous permet de percevoir les ténèbres), de même nous avons besoin de la souffrance pour nous rappeler l'Amour dont nous sommes issus. 

          Si nous n'étions pas amour, comment verrions-nous le mal ? Et celui-ci ne nous pousse-t-il pas immanquablement vers des actes de guérison ? 

          Ecoutez si vous le voulez cette belle vidéo qui nous rappelle également que nous ne sommes pas une personne qui expérimente la Vie, mais au contraire la Vie qui expérimente la personne...

     

     Julie Ann - extrait du séminaire de Nantes 2019

     


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    Signes

      

    Les bras levés

    Ouvert à l'infini

    Il vole

    sans voler

     

     

    Signes

     

    Dans ce miroir

    Tu vois le Tout

    Autour

    Ses projections

     

     

     

     


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             Cet article prend place dans la section "Actions de Grâces", pour témoigner de ma gratitude d'avoir rencontré le livre dont le titre figure ci-dessus.

             Vendredi dernier je suis allée à Paris, et incidemment j'ai poussé la porte de la librairie Almora, avenue Gambetta, non loin du cimetière du Père Lachaise. Je ne savais pas qu'en y feuilletant quelques ouvrages, je tomberais en arrêt devant ce récit captivant d'une initiation offerte par Vijayananda, le plus proche disciple de la grande sainte de l'Inde contemporaine, Ma Anandamayi ; français né à Metz dans une famille de confession juive puis médecin à Marseille, il avait tout quitté à l'âge de 36 ans pour partir méditer dans les Himalayas et s'installer définitivement en Inde - et était enterré précisément au Père Lachaise, sous un portrait de MA dont il avait toujours développé l'enseignement (voir les photos au bas du lien donné précédemment). 

    Le Souffle du Maître
    (
    cliquez sur l'image pour accéder à la présentation de l'ouvrage)

     

          Blanche de Richemont y décrit de l'intérieur son bouleversement lorsque, ne parvenant pas à accepter le suicide de son frère, elle est invitée par sa tante à se rendre en Inde auprès de cet homme émouvant par sa simplicité et sa puissance, qui la transformera totalement. 

           Plusieurs séjours en Inde nous permettent d'en saisir l'atmosphère et de l'y suivre au quotidien, tandis qu'elle nous montre que, désireuse au départ de faire un peu de "tourisme", elle s'est trouvée très vite absorbée avec force par l'amour pénétrant de cet homme au point de ne rêver que d'y retourner, puis de vivre une période où des vertiges constants lui interdisaient le moindre mouvement... Effet de la "shaktipat", comme le lui expliqua sa tante, attachée depuis longtemps à Vijayananda (qui avait alors 94 ans, tandis que cette femme en avait environ 55 et Blanche la trentaine) : il s'agissait en effet d'une puissante énergie spirituelle qui, communiquée uniquement par les regards, quelques pressions de main, les paroles douces et rares et la présence de l'ascète, prenait peu à peu possession du corps de la jeune femme.

          Ce livre, émaillé de citations constantes de Ma, a pour but d'être une aide pour la vie au quotidien, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer : en effet l'enseignement de Ma n'est que simplicité, retour à la simplicité et surtout, à la JOIE.

         N'est-ce pas le nom qu'elle porte (et son disciple aussi en terme du sien) : "Ananda", félicité ?

           Leur enseignement vise à découvrir la Joie qui gît au tréfonds de notre être et ne demande qu'à s'exprimer en permanence, pour peu que nous sachions élaguer les constructions éprouvantes du mental.

           En cherchant des liens, j'ai retrouvé à l'instant cette vidéo présentant Vijayananda (décédé en 2010 dans sa 96e année); mais il en existe d'autres, ainsi que de Ma Anandamayi qui est décédée en 1982.

            Elle vaut vraiment d'être visionnée car on y découvre l'extraordinaire douceur et simplicité de cet homme, et on y apprend pourquoi un "Maître" est nécessaire, ce que recouvre exactement ce terme, ce que signifie être disciple (ou presque... C'est Arnaud Desjardins qui le dit), et surtout, ce qu'est la Foi, la véritable Foi. Pour avoir la Foi, dit Vijayananda, il faut avoir connu le doute ! C'est le sens, je crois, de ce qui est arrivé aux disciples de Jésus qui, désemparés de le voir mis à mort et enlevé à leurs yeux, ont peu après "reçu l'Esprit Saint"... En fait, ils avaient tout simplement traversé le doute ; et c'est à partir de ce moment qu'ils eurent vraiment la FOI.

     

     

     

     

     


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    Retraite silencieuse (suite)

     

          Je vous avais annoncé que je vous relaterais certains exercices particuliers de cette retraite.

          Vous vous doutez peut-être qu'en matière de "méditation couchée", nous avons été guidés dans un voyage intérieur à travers notre corps, afin de le ressentir et de l'habiter pleinement.

            Mais le plus bel exercice, "l'exercice divin" comme j'aime à l'appeler, est un exercice alchimique.

           Il est si merveilleux, que nous avons été invités à le faire trois après-midi de suite : le mercredi, le jeudi et le vendredi.

          C'est un exercice zen que je connaissais par le Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh : il s'agit de sa carte n°38, nommée justement "La Transformation" ; mais je n'avais jamais su le réaliser vraiment, n'en comprenant pas bien le fonctionnement.

     

    Transmutations

     

            Mathias Pongracz nous l'a expliqué longuement et posément, en lui donnant un nom sans doute japonais que je n'ai pas retenu, et cette fois il a je crois porté tous ses fruits.

              À mon tour je vais vous en détailler le mécanisme. 

             Là où Osho indiquait deux phases (inspir - expir), Mathias nous en a détaillé quatre, voire cinq, ce qui le rend infiniment plus pertinent.

             Cet exercice vise à nous faire ressentir notre cœur comme un véritable athanor, dans lequel toute boue se transforme en or... En en prenant conscience, on devient donc capable de développer la compassion à un niveau quasi universel : d'où son importance dans l'univers du bouddhisme zen. Cependant, sans viser quelque résultat que ce soit, il permet surtout d'habiter son cœur, et de prendre conscience de sa force ainsi que de l'indicible félicité qu'il recèle.


              Commençons.

    1ère phase -  Assis en méditation, dans la posture qui vous convient le mieux (on peut être assis sur une chaise, le dos droit et les pieds bien à plat sur le sol), après vous être bien détendu et intériorisé, remémorez-vous un moment de bonheur intense dans votre vie : lorsque quelqu'un vous a vraiment aimé, regardé et apprécié en profondeur (cela peut être un animal), ou lorsque vous vous êtes épanoui après une création, un effort récompensé, ou encore face à un paysage particulièrement inspirant. Prenez le temps de bien ressentir cette ouverture et cette chaleur dans votre cœur.

    2ème phase - Commencez alors à inspirer par le nez consciemment en ressentant que vous absorbez quelque chose de noir, de nauséabond, "claustrophobique", étouffant... En arrivant dans votre cœur, tout cela est automatiquement transformé et, consciemment, vous expirez alors par la bouche de l'air parfumé, rayonnant, rempli de lumière et de chants d'oiseaux.
    Faites cela pendant un certain temps.

    3ème phase - Après avoir bien ressenti la 2de phase, remémorez-vous un épisode particulièrement douloureux de votre vie et cette fois, inspirez cette douleur, sentez-la qui se transforme dans votre cœur, puis expirez-la sous forme de joie et de lumière.
    Faites cela durant un certain temps.

    4ème phase - Maintenant, songez à une ou à des personnes de votre connaissance qui souffrent ; inspirez leur douleur et transformez-la dans votre cœur pour laisser retomber sur eux des bénédictions.

    5ème phase - Enfin, si vous vous en sentez le courage, imaginez toute la souffrance de la terre et inspirez-la, pour renvoyer ensuite en expirant toute la joie et la beauté possible sur le monde...
    Faites cela un moment, avant de revenir doucement à vous.


        Cet exercice est remarquablement puissant, particulièrement lorsque l'on commence par ressentir profondément la chaleur authentique du cœur grâce à la première phase ; mais aussi lorsque l'on s'implique soi-même personnellement en permutant d'abord sa propre souffrance intérieure - ce qu'Osho avait omis de prévoir. Il dilate le cœur en le remplissant de joie et rend heureux par la conviction d’œuvrer pour le bien.

          Je vous invite à l'essayer vous aussi, mais sans vous précipiter, en prévoyant pour cela une  bonne vingtaine de minutes.

          Note : j'avais appris, dans les années 90, à travailler sur de la musique. Là, c'était totalement silencieux, et je confirme que c'est excellent - surtout si en fond sonore on entend des chants d'oiseaux !

            Bon exercice de la transformation à vous !

     

     


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    Dechen Chöling - la façade du château

     

            Je poursuis mes confidences concernant la retraite évoquée précédemment.

             Je suis arrivée là sans trop savoir d'où venaient les autres ni ce qu'ils cherchaient, sachant seulement que je voulais me couper du quotidien et demeurer intériorisée le plus possible.

           Lors de la première réunion, notre instructeur (Mathias Pongracz) nous a demandé de nous présenter brièvement en donnant notre prénom, notre ville d'origine, et notre intention en un seul mot. Je pensais évidemment "éveil", mais prudemment, je me disais qu'il serait vraiment trop ambitieux de prononcer ce mot, et je lui ai préféré "ouverture". Comme vous le verrez, je n'ai eu qu'à m'en féliciter. 

            Autour de moi, je perçus surtout des termes tels que "liberté", "paix", "connaissance de soi", "guérison", etc...

         Par contre le jour même, dès notre premier exercice de marche lente et concentrée à l'extérieur, chacun pour soi, je me suis trouvée à croiser notre guide derrière le château. Alors je n'ai pas pu m'empêcher d'aller lui confesser : "Je cherche l'éveil... Mais je sais bien que l'éveil n'est qu'une pensée !" (Je savais en effet que l'éveil ne peut que survenir lorsque l'on ne le cherche plus).

            Il m'a regardée en disant : "L'éveil ? Mais c'est déjà passé !"

            Ça m'a fait un choc ; d'autant plus que cela me rappelait fortement le fameux mantra "magique" qui clôt le Sutra du Coeur de la Prajña Paramita :

    « Gate, gate, paragate, parasamgate, bodhi, svaha ! »
    Passé, passé, dépassé, totalement dépassé, éveil, ainsi soit-il.


              Quelques jours plus tard, je devais avoir un entretien privé avec lui. Je pensais que mon principal souci était en fait d'échapper à la peur de disparaître... Quand j'étais jeune, la mort ne me paraissait pas redoutable car je croyais fermement à la survie de l'âme ; et voilà que plus je vieillissais, moins j'en étais sûre ! Je me disais que cette survie n'était après tout qu'une croyance, et que de toutes façons la mort serait pour moi au moins une extinction, au même titre que le sommeil lorsque je m'endormais la nuit. Atteindre "l'éveil" voulait donc dire pour moi demeurer éveillée même durant le sommeil, afin de me sentir protégée de ma propre extinction.

           Or, tandis que je faisais la même petite marche méditative derrière le château, à l'endroit précis où j'avais croisé Mathias quelques jours plus tôt, il m'arriva une expérience qui me fit sursauter violemment.

           Depuis quelques pas, le soleil qui était derrière moi presque à son zénith projetait devant moi sur le petit chemin herbeux une grande ombre noire. Et je la regardais, me  disant : "Voilà, c'est tout ce que je suis ; une ombre projetée sur le monde..." Et celle-ci reproduisait fidèlement tous mes mouvements, comme une image dans un miroir, elle se mouvait lentement sur le sol sous mes yeux. Jusqu'au moment où... frrrt ! Elle s'évanouit doucement... Plus d'ombre !!! Plus personne, que le chemin herbeux parsemé de pâquerettes, le sol terreux jonché de petits cailloux, qui n'avaient pas changé... Plus de moi ! Ce n'était pas plus compliqué que cela. Bientôt l'ombre reparut ; puis à nouveau elle disparut ... Je suivais cela les yeux écarquillés. Enfin on m'appela pour mon entretien.

           J'exposai mon étrange aventure ; Mathias me sourit et me dit :

    « Mais la mort, c'est à chaque instant ! À chaque instant, vous mourez à l'instant précédent, et vous renaissez à l'instant nouveau. »

          Comme c'était simple ! J'avais vu ma mère partir tout doucement, sans s'en apercevoir... Ainsi ce n'était qu'une continuité, la même existence qui se poursuivait avec juste des changements de forme.

     

              Au dernier jour du stage, nous étions invités à nous mettre par deux pour échanger nos impressions et expériences. Je me trouvai avec une femme de mon âge (donc plus toute jeune...) qui me dit :

    « Je suis extrêmement déçue. Je cherchais l'éveil, et il n'est pas venu. Je déprime, car je vais devoir rentrer chez moi... »

          Quelle surprise ! Je ne l'avais pas entendue évoquer cette intention le premier jour ! Je ne pus m'empêcher de sourire, moi qui, m'étant exprimée en premier, avais déclaré que j'étais ravie, et que ces journées m'avaient comblée au-delà de mes espérances. Je cherchai tout de même à la rassurer : après lui avoir affirmé que l'éveil est comme un poisson qui vous glisse dans la main lorsque vous voulez l'attraper, j'ajoutai que la dépression était une excellente chose, preuve que le mental était en train de lâcher - ce qui est la seule condition pour que l'éveil survienne.

           Finalement elle parut réconfortée.

     
          Mais je crois que ce qui m'a le plus frappée, c'est ce jeudi matin, lorsqu'en me levant j'eus envie d'ouvrir à n'importe quelle page mon livre préféré de Chögyam Trungpa, "Mudra", qui contient ses poésies de jeunesse, et que je tombai sur ces mots : 


    Aujourd'hui lève-toi !
    Le soleil brille avec éclat.
    Écoute - tu es l'essence de mon cœur ;
    Tout ce qu'il y a de bon dans la vie.
    Je t'invite - Aujourd'hui lève-toi !

    ("Première rencontre", p.95)


           Je me sentis vraiment désireuse de suivre son injonction, me rappelant les mots de Jésus au paralytique :

    "Lève-toi et marche !"

        Or en milieu de matinée, après notre déambulation recueillie dans le parc,  Mathias nous invita exceptionnellement à demeurer debout pour méditer quelques instants. Puis il nous dit :

       « Beaucoup d'hommes sont encore comme les animaux, ils regardent vers le bas. Mais pourtant, voyez comme nous nous tenons debout ! N'est-il pas merveilleux que la conscience humaine ait pu s'élever ainsi vers le ciel ? N'est-il pas extraordinaire de se sentir debout, de se relever, de se dresser comme un arbre ? »

     

    Chögyam Trungpa - Mudra

     

     

             Dechen Chöling signifie en tibétain "Le lieu de la Grande Félicité".

     

     à suivre ici :


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