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     Seigneur,

    Je T'ai appelé et Tu m'as répondu

    Tu m'as enveloppée de ton étreinte

    Aimante et paternelle

     

    Je voulais m'absorber en Toi

    Je pensais m'y dissoudre et disparaître

    Mais rien n'a disparu

    Tout au contraire s'est mis à sourire et à scintiller

    Dans un torrent de Joie et de Beauté

     

    Ta Grâce

    C'est la rivière du bonheur d'exister

    Cette vague qui porte haut

    Le frêle esquif de la Conscience

    Jusqu'à la compréhension que tout est miracle

     

    Tu m'as poussée dans la Nuit

    Pour que je voie le Jour

    Tu as fermé mes yeux

    Pour que je les ouvre

     

    Non pas pour que je Te voie

    Non pas pour me montrer la Vérité

    Mais pour que je ressente

    L'immensité de l'Amour

    Que Tu Es

     

    Et qui me porte

    En Vérité

     

     

     


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    « Le chemin n'est pas terminé ; le calice de la vie n'est pas bu jusqu'au fond...»

       Ainsi s'exprimait Ivan Wyschnegradsky dans "La Journée de l'Existence", ce monument pour récitant et orchestre où il décrit les luttes de la Conscience pour parvenir à sa pleine réalisation. Mais tandis que ce texte autrefois me laissait perplexe tout en piquant ma curiosité, aujourd'hui je ne cesse de m'y replonger en y découvrant constamment de nouvelles vérités, qui me soutiennent sur mon propre chemin.

        J'ai lu quantités de livres, écouté bien des conférences, qui souvent m'ont apporté une ouverture, une espérance ; mais qui une fois refermés, une fois terminées, m'ont laissée tout aussi démunie qu'au départ, et revenue à l'endroit même où j'étais avant de les aborder.

        Cependant j'ai remarqué une chose : quand un être prétendument réalisé vous offre un aperçu de sa démarche (ce que vous souhaitez ardemment bien sûr), jamais ce qu'il a vécu ne correspond à ce que vous vivez vous ; et mieux encore : sur plusieurs récits de ce genre, aucun ne se ressemble !

        Alors jaillit cette vérité incontournable : dans l'immense diversité de la Vie, aucun cheminement n'est identique, chaque "individu" étant radicalement différent. Par contre les méthodes à utiliser, si elles semblent initialement aussi multiples que les milliers de voies existantes, s'avèrent au final étrangement similaires, et lorsque l'on s'approche de la fin, de plus en plus universellement semblables.

         Dans l'obscurité du chemin, qui demeure totalement désertique jusqu'à la fin (et l'on sait bien qu'il ne fait jamais si noir que juste avant le lever du jour), on cherche désespérément des repères, et il m'a semblé en trouver dans le dernier ouvrage consulté (qui cependant ne m'a pas toujours paru si limpide non plus) : 

    « L'Aventure Intérieure », de Darpan. 

        En voici quelques phrases riches de profondeur :

    «  Un autre mode d'être semble vouloir naître, mais nous n'y comprenons rien. La transition semble interminable, cependant il ne faut pas se laisser abattre car elle a une fin. Nous devons tenir en laisse notre rationalité, agir sans rien attendre en retour, sans opposer de résistance à ce qui se présente. La partie de nous qui veut en finir est justement celle qui doit être mise à genoux.

       (...) Nous pouvons nous accrocher comme des naufragés à notre corps, à nos paroles ou à nos habitudes. Nous effacer nous-mêmes fait payer un lourd tribut à notre "humanité". Nous ne pouvons que nous en remettre à plus grand que nous : cette intention agit en dépit de nos complaisances.

      (...) Après nous être ouverts à l'Immensité voilà que nous nous recroquevillons dans notre petite personne. (...)

        Même si le processus est ardu et inconfortable, nous savons, en notre for intérieur, que ce qui oeuvre en nous est juste. (...)

        Chacun reçoit le mal ou le pire qui l'aide à sortir de sa personne. »

     (p.312-313)

     

     Or le pire, c'est justement de ne pas recevoir ce à quoi l'on s'attend.

    Le pire, c'est de ne jamais voir venir ce que l'on espère de tout son être depuis si longtemps.

    Le pire, c'est de croire qu'un autre a reçu ce choc fatal que l'on espérait pour soi, et de s'imaginer qu'on en est moins digne ; que tout le travail effectué est demeuré vain. Et donc de douter de sa propre compréhension du travail à faire, et de ses propres capacités. Puis de douter de la "force supérieure" à laquelle on s'était pourtant totalement abandonné... !

    Alors, réussira-t-on à voir que ce regard en nous tourné vers l'imaginaire (ce qui est supposé arriver à un autre) est cela même qui est notre carcan et notre bourreau ?

    Comment un événement prévu - déjà anticipé ou lu - pourrait-il nous éveiller ?!

    La sonnerie du réveil-matin, la fraîche lumière du petit jour font-elles partie du rêve qui se déroule ?

    La surprise doit être totale.

     

     


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    S’élancer en avant dans une incessante création, dans un perpétuel élan,

    Vers le nouveau, l’inconnu, une vie nouvelle,

    De ce qui n’a encore jamais existé !  (...)

    Emporte-moi au loin vers l’inconnu de l’avenir

    À la rencontre de la liberté désirée ! (...)

     

      Ainsi s'exprimait Ivan Wyschnegradsky dans la seconde partie de son extraordinaire Poème symphonique pour Récitant et Orchestre intitulé La Journée de l'Existence.

    Et je me souvenais de ces mots en me promenant, pensant que rien de ce qui m'était présenté n'avait encore jamais existé ; que tout y était neuf, perpétuellement neuf, et non seulement neuf mais encore jailli tout vif de ma pensée, qui dessinait des formes au sein de l'Être immense dans lequel j'évoluais.

    D'ailleurs n'allais-je pas précisément marcher sur une sorte de serpent lové dans l'herbe, et qui n'était qu'un morceau de corde mystérieusement abandonné ?

    Un peu plus loin encore je souris en découvrant des réverbères orange allumés dans des ruelles pourtant baignées de la resplendissante lumière de midi, y voyant l'image parfaite de notre petit mental s'obstinant à se rendre intéressant alors qu'il n'éclaire rien du tout, la véritable lumière lui étant extérieure.

    C'est alors que celui-ci (ce petit mental fouinant dans ses tiroirs pour avoir le dernier mot) me rappela un vers de Phène ; ou plutôt me titilla pour que je réussisse à me le remémorer...

    ...  Voyons voyons, où parlait-elle d'a-venir ??? Avec quoi faisait-elle un jeu de mots ??? Un rapport de transformation ???

    Je résistai un instant à céder à la recherche, la prenant dans le mauvais sens : en effet je cherchais un rapport avec un autre mot qui commencerait par "a" ; mais j'en vins soudain à cette évidence que ce n'était pas le "a" qui était conservé, mais le "venir" !

    Et le "sous - venir" surgit !

     

    L'errance

    prend fin

    quand

    deux - venir

    s'abîme en

    a - venir

    (Extrait de Feuillets Apocryphes)

     

    Au lieu de percevoir deux éléments séparés évoluant simultanément (l'Homme et son Créateur - Soi et le monde) ou même - ou surtout ! - au lieu d'imaginer deux points distincts étant celui que l'on occupe et celui que l'on veut atteindre ("devenir"), on perçoit un stop, un arrêt de tout mouvement. Il ne s'agit donc même plus d' "à venir" (de cette "liberté désirée" qu'évoque Wyschnegradsky à ce niveau de sa méditation), mais d'absence d'attente, d'absence de recherche.

    Il n'est plus besoin d'aller où que ce soit, tout étant devenu UN.

     

     


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         Je dois reconnaître que la découverte des enregistrements de Nassrine Reza m'a ouvert des horizons, à cause me semble-t-il de sa gaieté perpétuelle, et du caractère d'évidence qui entoure toujours ses propos pourtant déroutants pour l'individu ordinaire.

        Me voyant malgré mon enthousiasme et ma conviction toujours patauger dans des cloaques d'identifications étouffantes, je me suis dit que lire son livre "Le pouvoir de l'Accueil" me serait peut-être utile ; et je l'ai commandé.

         Mais voici qu'il ne m'est pas parvenu.

         Tout est signe. Je songeai alors que mon travail sur "l'accueil" des événements était certainement en train de s'amorcer, et décidai de faire contre mauvaise fortune bon cœur, mon "maître intérieur" ayant sans doute ses raisons pour m'offrir cette épreuve. 

          Après dix jours d'attente, consultant le suivi du livre qui était sensé être encore "en transit", je me décidai à tenter une réclamation auprès des services postaux. Ceux-ci m'apprirent qu'en réalité le livre n'avait jamais été déposé au guichet, et donc était toujours chez son fournisseur ! J'eus certaines difficultés à trouver comment contacter ce dernier mais je réussis enfin à le faire et peu à peu la situation  commença à se dénouer : ma commande s'était perdue, on allait me faire un nouvel envoi et son arrivée m'était promise pour le jeudi 26... !

          Or il se trouve que pendant ce temps, suivant sur facebook les pages se rattachant à la quête que je poursuivais - l'advaïta vedanta - , j'avais tenté de me joindre, sans grand enthousiasme, à un nouveau groupe et que j'y avais été acceptée ; mais on m'avait adressé simultanément un message me proposant "un cours gratuit en 5 leçons", que j'avais accepté d'essayer malgré un certain scepticisme... Il s'intitulait :

    "Devenez plus grand que tout ce qui vous dérange".

    (voir ici)

        Chaque matin je devais recevoir par mail un lien vers une leçon, à pratiquer durant toute la journée qui suivrait.

           Je reçus hier le premier lien...

            La méthode consistait simplement en ceci : à chaque pensée du type

    "je pense..." "je ressens..."

    la remplacer par 

    "quelque chose en moi pense..." quelque chose en moi ressent..."

    (voir ici)
     

          Stupéfaction, et sauts de joie : depuis des années, je travaillais bêtement, pour me désidentifier, à repousser pensées et sensations en me disant "je ne suis pas cela"... Oui, mais qu'étais-je ? Et que faire de ces choses chassées qui bien sûr, s'obstinaient à me hanter ? Avec le fameux "neti neti", on ne fait que renforcer la division et on crée une lutte perpétuelle entre ce que l'on est sensé être (que l'on ne ressent pas) et ce que l'on ressent (que l'on est sensé ne pas être !!). Le mieux que j'avais su faire était encore de "m'abandonner à Dieu", mais dans ce cas je ne pouvais être "le Maître" comme beaucoup le recommandent - autant Nassrine Reza que Ramakant Maharaj - : j'étais obligée de demeurer cette petite chose misérable et incarnée qui adresse des prières à ce qui la dépasse.

         Avec cette formule "magique", soudain il n'y avait plus de dualité puisque mes ressentis et pensées faisaient partie de moi ; et je pouvais en être "le Maître" sans risquer le châtiment réservé aux coupables d'ὕϐρις puisque c'était de mon simple naturel qu'il s'agissait !

          Je n'imaginais pas que la 2e leçon puisse dépasser celle-ci.

           Reçue ce matin, voici ce qu'elle disait :

    "Lorsque survient une pensée, ou un ressenti désagréable,
    et que vous avez su remplacer votre habituel "je me sens..."
    par "quelque chose en moi se sent... "

    poursuivez alors en la (le) saluant poliment ainsi :

    "Bonjour à toi !"
    Salut ! Namaste !

    (voir ici)
     

         Mais le voilà, l'accueil !! Accueillir une situation désagréable, ce n'est pas s'y soumettre parce que l'on ne peut pas faire autrement ! Ce n'est même pas "prendre sa croix" en se disant que "Dieu" a décidé de nous faire souffrir et que c'est sûrement pour notre bien (résultat certain de mauvais souvenirs d'enfance) !

             Tout est alors en place... Je suis plus vaste que tout, semblable à l'espace, et quelque chose surgit en moi, germe en moi, suscité de nulle part. En lui disant « bonjour », non seulement je lui reconnais le droit d'être là, mais en plus je pense systématiquement que cela ne va pas y demeurer éternellement... Car "bonjour" appelle "bonsoir" !

           Et je pensais à l'Allumeur de Réverbères du "Petit Prince" qui ne cessait de dire : "Bonjour" ! "Bonsoir" !... me disant que tout passait, naissait et se résorbait à l'intérieur de moi, sans me gêner le moins du monde, sans me plaire ni me déplaire.

           C'est alors qu'arriva une voiture qui m'apportait, avec un jour d'avance... "le Pouvoir de l'accueil" de Nassrine Reza.

     

     


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    Béatitude

     

     

    « Que tout ceci soit réel,

          que tout ceci soit irréel

    n'est pas pour moi un objet de pensée.

         Ma nature est Béatitude, je suis libre.

     

    (...)

     

    Les textes sacrés nous disent de mille façons

        que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre,

        n'est que l'eau d'un mirage.

    Si tu es identique à l'Un, égale en toute chose,

        Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es la même ?

     

    (...)

     

    Les textes sacrés nous disent de mille façons

         que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre,

         n'est que l'eau d'un mirage.

    Et puisque la Béatitude en toute chose est identique à l'Un,

          L'incomparable, à quoi le comparer ? ... »

     

    Avadhûta Gîta, IV-3, V-31 et VI-1
    traduction d'Alain Porte 

     

     


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