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           Le monde que je perçois est mon miroir, dit-on...

           Les personnes que je rencontre se comportent parfois comme le chœur antique qui, dans les tragédies de Sophocle, répond à l'héroïne pour soutenir ses différents états émotionnels. 

     

    L'héroïne

    «   Hélas ! mes sœurs, quelle douleur !

    Le choeur des suivantes

    - Ô popoï, ô popopoï ! Hélas ! Avec toi nous pleurons ! »

     

        Parfois l'héroïne jubile et le chœur danse de joie avec elle.


    « Quel bonheur ! Quelle chance insensée ! Dansons, rions ensemble ! »


      Mais parfois aussi le chœur exprime une idée possible et non présente à l'esprit de l'héroïne... 


    « Ne pleure plus ! Regarde :

    La lune qui se lève au-dessus du vieux puits...* »

    (*allusion à une mélodie de JG Ropartz)

        Et soudain c'est l'extase et toute la douleur s'envole.

     

             Ainsi se colorent les journées de l'héroïne dont je regarde les évolutions depuis mon fauteuil d'espace.

           Il y a des couleurs, du mouvement ! 

           Cela m'occupe... 

     

     


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              "Aime ton prochain comme toi-même".

              Cela ne veut pas dire : "occupe-toi de ton voisin" ou "inquiète-toi de ceux pour qui il est de bon ton d'exprimer de la compassion".

               Le mental adore cloisonner, fabriquer des devoirs, des mouvements à accomplir dans l'espace ou dans le temps, des personnes auxquelles s'attacher ou desquelles dépendre, faire des plans en établissant des étapes... Et tout cela est un labyrinthe infernal dans lequel on tourne comme une souris blanche dans un circuit fermé.

         

            Dans la réalité, l'expérience me traverse comme le vent passe à travers l'espace.

          Et "mon prochain" est tout simplement la prochaine rencontre (événement, individu, ressenti, n'importe) qui va se présenter à moi - exactement comme la prochaine vague qui va me traverser lorsque je nage dans l'océan...

           Et je dois simplement la reconnaître comme étant ma propre image, comme étant le simple flux de ma respiration, que j'aime en l'absorbant, en l'accueillant comme étant moi-même...

     

            Parfois c'est si évident ! Quelle douceur alors ! Quelle grâce !

            Mais la difficulté jaillit lorsque cela ne va pas de soi...

     

            Se laisser surprendre. Ne rien attendre. 

     

     

     


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          L'écoute est un vecteur privilégié pour se reconnecter à Soi.

          Du moins lorsque l'on est particulièrement sensible à la musique et que celle-ci porte un texte inspirant.

          D'où provient cette musique ?

           Comment a-t-elle été créée ? Comment parvient-elle à mes oreilles, à mon cœur ?

           Quel sentiment étrange l'accompagne, lorsque l'on pense qu'elle a été écrite par une jeune femme de 22 ans prodigieusement douée mais atteinte d'une grave maladie qui devait l'emporter à 24 ans ? Il semble qu'une force puissante s'exprime à travers cette frêle silhouette, et si l'on en écoute les paroles, quel saisissement ! Les voici, avec un lien pour écouter la musique simultanément.

    Lili Boulanger*, Psaume 24.


    Psaume 24 

    La terre appartient à l'Éternel et tout ce qui s'y trouve,
    la terre habitable et ceux qui l'habitent.
    Car Il l'a fondée sur les mers,
    et l'a établie sur les fleuves.

    Qui est-ce qui montera à la montagne de l'Éternel,
    et qui est-ce qui demeurera au lieu de sa sainteté ? 
    Ce sera l'homme qui a les mains pures et le cœur net,
    dont l'âme n'est point portée à la fausseté
    et qui ne jure point pour tromper.
    Il recevra la bénédiction de l'Éternel
    et la justice de Dieu son sauveur.
    Telle est la génération de ceux qui Le cherchent,
    qui cherchent Ta face en Jacob.

    Portes, élevez vos têtes,
    portes éternelles, haussez-vous,
    et le Roi de gloire entrera.
    Qui est ce Roi de gloire ?
    C'est l'Éternel fort et puissant dans les combats.
    Portes, élevez vos têtes,
    élevez-vous aussi, portes éternelles ! 
    Et le Roi de gloire entrera.
    Qui est ce Roi de gloire ?
    C'est l'Éternel des armées,
    c'est Lui qui est le Roi de gloire.
    Éternel. Éternel. Éternel. Ah !

     

          Sidération lorsque l'on entend cela en ayant face à soi la campagne enflammée de lumière à l'infini et les nuages étincelant au ciel immaculé.

          Que signifie "monter à la montagne de l’Éternel" ?

           C'est se défaire de tous ces vêtements inutiles, de toutes ces identités dont on s'est affublé, de toutes ces formes et de toutes ces images afin de devenir comme le ciel... vide à l'infini.

           Et alors, qui est le "Roi de Gloire" ?

            C'est tout ce qui explose là de beauté indicible, sans cause, sans origine, sans devenir, sans but...  !

           Les "Portes Éternelles" - les cinq sens qui permettent de voir et d'entendre ainsi que les facultés mentales qui permettent de saisir le sens et de ressentir la beauté -, ces Portes Éternelles, si elles se haussent, elles s'effacent progressivement pour qu'éclate la Gloire de Ce Qui était déjà là AVANT, et qui sera là TOUJOURS, et qui rayonne de royauté avec la puissance du Soleil :

         L’Éternel, en Soi, dans le cœur !

     



    * Décédée le 15 mars 1918.


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    Le plus étonnant,

    c'est qu'il n'y a ni percevant, ni chose perçue.

     Il n'y a que l'Un - ce qui croit percevoir.

     

    Et si l'on s'abîme dans l'image, dans la musique,

    la sensation ou les pensées qui s'y rattachent,

    on est terrassé par une telle beauté, une telle immensité, 

    qu'elle fait exploser le cœur.

     

     

       C'est le message de cette belle Pleine Lune des Poissons, qui symbolise l'abolition de toutes les limites (Vierge) dans le cœur infini (Poissons), et dont l'effet s'est fait dès aujourd'hui sentir avec la fusion (Poissons) de toute cette neige glacée cristallisée (Vierge) et le retour de la douceur, de la Vie qui s'écoule...

     


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    Émané du Père et porté par le Fils,

    Il Est, sans apparaître. 

    Projetant en tous sens volutes et miroitements,

    Il gonfle mon cœur puis se laisse oublier.

    Alors je me répands en pleurs et en clameurs,

    Dispersée à tous vents. 

    La vaste mer des choses et des êtres ondoie

    Ainsi qu'un animal qui ronronne et rassure,

    Puis soudain déconcerte et glace en rugissant.

     

    Et puis Il me rappelle enfin...

    Il parle et je ne l'entends pas,

    Il rit et je ne le vois pas ;

    Il m'assied sur son cœur où tout est transparent,

    Invisible Lumière,

    Espace infini,

    Tombeau resplendissant. 

      


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