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    Aujourd'hui

     

      

    Aujourd’hui les arbres ont dansé
    Ont chanté tous ensemble en un chœur d’allégresse


    Les herbes ont ployé leurs hauts épis fleuris
    Courbées comme des ballerines


    Le merle a fait ses courses
    Sautillant furetant  parmi les graminées


    Folâtre un papillon volait de-ci de-là
    Rejoint parfois par une amie pour un petit duo


    Les nuages rêvaient parcourant le ciel bleu
    Et respirant soudain


    Le monde semblait s’ouvrir à sa première extase
    Dans un élan de joie


    Un grand bruissement montait des profondeurs
    « Om » grondait-il « Je Suis ! »


    En écho et miroir à l’Infiniment Grand
    Qui l’inondait d’Éclat de Force et de Beauté 

     

       

    Aujourd'hui

     

     

     


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          Aujourd'hui ce texte de Jean-Yves Leloup m'interpelle... et m'ouvre à de nouvelles découvertes.
     
          Dans quel corps l’amour s’incarne-t-il ?
     
    « Noli me tangere ». La parole de l’Enseigneur à Myriam de Magdala, au matin de la résurrection, a pu être traduite de différentes façons : « Ne me touche pas », « Ne me retiens pas » sont les plus fréquentes. Elles peuvent faire réfléchir sur notre façon de « toucher » l’autre. Nous avons tous connu des touchers « réducteurs » : nous n’étions pour ces mains là , « dans ces bras-là » que de la « viande », un objet de plaisir ou un objet malade…
    Mais parfois nous avons été touchés comme des personnes, des sujets dont on interroge le désir, des malades et non des maladies.
    Plus rarement nous avons été « touchés » ou rejoints dans des lieux inconnus de nous-mêmes, notre conscience du corps en était changée ; ce n’était pas seulement un « corps de chair » mais aussi un corps de souffle, ou un corps de lumière.
    Il y a des mains qui nous enferment dans nos formes, d’autres qui ouvrent ces formes à l’espace infini qu’elles accueillent plus qu’elles ne contiennent.
    La qualité de ce toucher n’est-ce pas ce que les talmudistes appellent : « la caresse » ?
    La caresse est ce qui s’oppose à la « prise ». La vie est à caresser, elle se refuse à ceux qui veulent la saisir, la prendre, la comprendre. Elle se donne à la main qui ne cherche pas un « quelque chose » mais s’ouvre à une Présence jamais atteinte. Les secrets ne s’arrachent pas ils se devinent. La caresse renonce à savoir pour mieux rencontrer, elle n’est pas la « connaissance de l’être mais son respect ».
     
    Jean Yves Leloup in « L’Evangile de Marie, Myriam de Magdala » 
     
     
        « Ne me touche pas ! » Cette phrase entendue par Marie-Madeleine découvrant que celui qu'elle avait d'abord pris pour un jardinier auprès du tombeau où avait été déposé Jésus était en réalité celui-ci bien vivant (voir ici), est très mystérieuse... Surtout si l'on y ajoute cette autre formule qu'il aurait prononcée ensuite : "Car je ne suis pas encore remonté vers mon Père" !
     
        Cependant, éclairée par le texte de Jean-Yves Leloup, elle me paraît aujourd'hui d'une immense richesse, d'une grande puissance d'enseignement. 
     
          On peut toucher de mille façons, car chaque organe des sens touche à sa manière, à commencer par la vue : chaque saisie par les sens crée une interprétation mentale, et au bout du compte, cristallise ce qui est perçu dans une forme définie. Tout effleurement implique la séparation du sujet d'avec un objet, et la matérialisation  de ce dernier.
     
         Ayant traversé sa "passion", sa crucifixion et sa mort, Jésus a atteint sa nature christique - d'autres diraient "sa nature de Bouddha" -, c'est-à-dire sa véritable nature, qui est impalpable et sans forme, indiscernable et immortelle. S'il apparaît à Marie sous l'aspect d'un corps, il s'agit juste d'une saisie mentale pour la jeune femme, mais elle ne doit pas s'en assurer par le toucher, elle ne doit plus réduire cet être à l'homme qu'elle a aimé ; c'est dans son intérêt à elle, je pense, que Jésus lui dit cela.
      
            Toucher le pan de la tunique d'un Rabbi pour être guéri était un tour de passe-passe apprécié des Juifs et la preuve que le "Maître" en question avait par son ascèse acquis quelques pouvoirs sur la matière : mais cela restait de l'ordre des apparences, de ce qui est impermanent et donc irréel.
     
            Mourir à ce monde matériel ouvre à la grande et fabuleuse Réalité qui est invisible et impalpable, pure lumière. Déjà la forme perçue n'est plus vraiment la même puisqu'elle le prend pour le Jardinier... Ceci me rappelle la Vision du Buisson Ardent qui fut offerte à Moïse : la forme est embrasée au point que l'on n'en voit plus que la Flamme, et la "toucher" reviendrait à disparaître à son tour... Mais pour cela, il faut sans doute que Jésus soit d'abord "remonté vers son Père", c'est-à-dire peut-être qu'Il se soit Lui-même confirmé dans sa Nature Lumineuse.
     
            Cette découverte vient à point nommé m'éclairer sur la difficulté que j'éprouvais à voir le sans-forme dans la forme chez les êtres humains. C'est plus facile dans ce qui est inanimé : on peut aisément ressentir une expansion de conscience et un sentiment d'unité face à un paysage ; mais devant des êtres humains, un sentiment de séparation surgit instantanément ainsi que la certitude de la "différence de l'autre"... Même en sachant qu'il s'agit de masques endossés par le Divin pour jouer, avec nous, différents rôles ! Car la question est bien sûr de s'identifier d'abord soi-même comme sans forme, comme sans définition, comme simple observateur.
     
          La formule : « Ne me touche pas », ressentie en soi-même ou perçue intérieurement comme venant d'autrui, peut servir de mantra pour se rappeler, constamment, que NOUS sommes le sans-forme, que nous sommes ce qui ne peut être défini, ce qui ne peut être touché - mais seulement connu.
     
     
     

    Noli me tangere, Fra Angelico

     
     

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       Comment ne pas s'émerveiller de voir un petit garçon d'à peine huit ans jouer Chopin et Chostakovitch avec tant de délicatesse et de sensibilité, tant d'aisance et de fermeté !
          Certains voient en lui la réincarnation de Cziffra... En tous cas une chose est sûre : ce qu'il fait, il le fait avec passion et gaieté. Même ses interactions avec le public ne le rendent pas prétentieux, car ce qu'il aime avant tout c'est : faire de la musique. La souplesse et la précision de ses doigts est impressionnante ; sa connaissance du clavier est indéniable ; mais surtout, sa maîtrise de l'interprétation est émouvante. L'écouter est un vrai plaisir. 

           Puissions-nous retrouver cette âme d'enfant, qui embrasse avec confiance son destin, qui danse joyeusement dans sa vie, qui joue avec insouciance dans la cour des grands...

     

    Elisey Misin lors d'un festival de jeunes talents à Vienne
    en décembre 2018. Successivement :
    1- Chopin : nocturne opus posthume en do dièze mineur.

    2- Chostakovitch : Polka extraite du Cycle "Danses des poupées".

     

     

     

     

     


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    Ne te désespère pas, ô mon âme !

    L'espoir de toutes les âmes est arrivé de l'invisible.

    Ne te désespère pas, bien que Maryam ne soit plus là :

    Cette lumière qui emporta Jésus vers le ciel est venue.

    Ne désespère pas, ô mon âme, dans les ténèbres de cette prison,

    Car ce Roi qui racheta Joseph de la prison est venu.

    Jacob est sorti de la tente où il se cachait,

    Joseph, qui déchira le voile du secret de Zuleikâ, est venu.

    Ô toi qui as passé toute la nuit jusqu'à l’aube disant : « Mon Seigneur, mon Seigneur ! »

    Celui qui a entendu ce « Mon Seigneur, mon Seigneur ! » est venu.

    Ô toi dont la douleur a duré si longtemps, oh ! bonheur ! la guérison est là.

    Ô toi dont la serrure est fermée, ouvre, voici la clé.

    Ô toi qui jeûnes devant la « Table céleste »,

    Romps le jeûne, car la nouvelle lune est née.

    Sois silencieux, sois silencieux, car par l'ordre de « Kun(1)»,

    Le choc de l'émerveillement est plus fort que la parole.

     

    Rûmî, Ode mystique 631 (Seuil, Points sagesse)

     

    (1) Kun : "sois !", le fiat créateur.

     

     


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          Sur cette terre, tout est régi par la dualité... C'est la structure du mental. Trouver la paix définitive n'est possible qu'en s'élevant au-dessus du mental ce qui n'est pas une mince entreprise.

          Nous avons besoin de cette alternance : jour-nuit, soleil-pluie, chaud-froid, dur-mou, activité-repos, solitude-rencontres, pour nous sentir bien, pour apprécier notre vie.

          C'est ainsi que le bonheur, ici-bas, ne peut être créé, mais arrive toujours par surprise... et surtout par effet de contraste !

           Quel émerveillement lorsque, après une journée d'angoisse, et alors que l'on pensait devoir attendre beaucoup plus, mais aussi après avoir prié de tout son cœur, on découvre que celui de nos proches que l'on croyait atteint du covid (ce qui menaçait tout son entourage et gravement le gagne-pain familial), ne l'a finalement pas !!

           Quel bonheur de savoir un danger écarté, et aussi de savoir ses prières entendues !!

            Et si les épreuves n'avaient pour but que de nous faire connaître le bonheur ? Bien sûr, j'enfonce une porte ouverte, et c'est facile à dire quand on en est sorti, mais que c'est bon de le vivre !

             Et qu'est-ce qui est bon ? Qu'est-ce que ce bonheur ? N'est-ce pas GRATITUDE qu'il s'appelle ? N'est-il pas la chance de pouvoir dire "MERCI" ?

              Alors, si nous réussissions à dire "merci" à chaque instant de notre vie, peut-être serions-nous toujours heureux...

     

     

    Bonheur

     

     


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