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    « Jésus disait :

    Si la chair est venue à l'existence à cause de l'esprit, 
    c'est une merveille ;
    mais si l'esprit est venu à l'existence à cause du corps,
    c'est une merveille de merveille !

    Mais moi, je m'émerveille de ceci :
    Comment cet Être qui Est,
    peut-il habiter ce Néant ? »


    Évangile de Thomas : logion 29,
    traduit par Jean-Yves Leloup
    (avec quelques modifications
    de la ponctuation et du graphisme).

     

    Comment le soleil pourrait-il habiter les nuages ?...

    Quand pris dans la brume tu marches en aveugle, ne songes-tu pas à t'asseoir et à attendre que celle-ci se dissipe ?

    Le tonnerre et les éclairs te fascinent-ils à ce point, que tu les laisses affoler ton cœur ?

     

     


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    Je ploie

    Sous le poids

    Des pensées ...

     

    Dieu !

    Que la matière est lourde

    Pour elle-même !

     

     


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    Ô mort, poussière d'étoiles,

    Lève-toi sous mes pas ! 

    Viens, ô douce vague qui brilles

    Dans les ténèbres ;

    Emporte-moi dans ton néant.

     

    Viens, souffle sombre où je vacille,

    Comme une flamme ivre de vent ! 

     

    C'est en toi que je veux m'étendre,

    M'éteindre et me dissoudre,

    Mort où mon âme aspire !

    Dieu fort qu'elle attend

    Avec des chants et des rires d'amour.

     

     Viens, brise-moi comme une fleur d'écume,

    Une fleur de soleil à la cime

    Des eaux

    Que la nuit effeuille, que l'ombre efface,

    Et que l'espace épanouit.

     

     Et comme d'une amphore d'or,

    Un vin de flamme et d’arôme divin,

    Épanche mon âme

    En ton abîme, pour qu'elle embaume

    La terre sombre et le souffle des morts... 

     

     Charles van Lerberghe,
    "La Chanson d’Ève",
    mise en musique par Gabriel Fauré

     

     


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    Béatitude

     

     

    « Que tout ceci soit réel,

          que tout ceci soit irréel

    n'est pas pour moi un objet de pensée.

         Ma nature est Béatitude, je suis libre.

     

    (...)

     

    Les textes sacrés nous disent de mille façons

        que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre,

        n'est que l'eau d'un mirage.

    Si tu es identique à l'Un, égale en toute chose,

        Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es la même ?

     

    (...)

     

    Les textes sacrés nous disent de mille façons

         que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre,

         n'est que l'eau d'un mirage.

    Et puisque la Béatitude en toute chose est identique à l'Un,

          L'incomparable, à quoi le comparer ? ... »

     

    Avadhûta Gîta, IV-3, V-31 et VI-1
    traduction d'Alain Porte 

     

     


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    Il n'y a plus rien


    Qu'un merle qui chante au milieu d'une image

    Qu'une image inondée qui chante au creux de rien

    Que des bribes de mots de pensées qui divaguent

    Que de fausses paroles qui dansent fatiguées


    Il n'y a plus rien qui demeure que cela

    Miroitant dans le cœur ainsi qu'un souffle ami

    La tristesse infinie la colère inutile

    Un petit bout de lune qui s'en va mourir


    Et puis le chant du merle saluant le crépuscule

    Comme il salue l'aurore

    Sans savoir ce qu'il fait et sans savoir pourquoi

    Il y met tant de joie

     

      

     


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