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         Hier, nous fêtions la Conversion de Saint Paul. Evènement qui touchait mon cœur très profondément.

         Aussi étais-je particulièrement à l'écoute, lorsque comme chaque jour où le temps le permet, je m'installai pour méditer sur un siège abrité de mon jardin, les yeux ouverts sur la beauté des choses... En effet, si j'ai longtemps médité les yeux fermés je m'en garde bien aujourd'hui, pour avoir trop pris l'habitude d'utiliser des pensées afin de forcer mon mental dans certaines directions : j'en ai retiré une grande défiance envers les domaines entrevus, les considérant souvent comme des rêves. Le rêve éveillé accompagné de musiques inspirantes m'a notamment souvent égarée.

         Je conservais donc les yeux ouverts, et me disais :

    « Tu mets des formes et des noms sur ce qui est... alors qu'il n'y a que Lui. »

         "Je me disais" est une formule pour des pensées qui passent : en fait ce serait plutôt "ça disait".

              Alors me revint le récit de la conversion de Paul (qui se nommait alors "Saül").

             On dit qu'en route vers Damas il tomba de son cheval (on peut comprendre qu'il sortit de son corps, que son âme s'arracha momentanément au monde matériel) et qu'il fut aveuglé par une grande lumière au point de ne plus rien voir durant plusieurs jours.

             "Ne plus rien voir" c'est ne plus voir le monde des formes et des noms ! Mais la "grande lumière", elle, était bien présente, et c'était ce que j'appelle "Lui", l'Essence radieuse de toutes choses et qu'il a identifié comme étant Jésus.

            Cependant une voix puissante se faisait entendre en son cœur, l'exhortant à la conversion : de même, dans le récit de la Transfiguration de Jésus sur le Mont Thabor, "voix" et "lumière" sont synonymes et concomitantes pour les apôtres présents. Une fois absorbé hors du corps, les différents sens humains deviennent un seul pour frapper le cœur, et alors l'auditeur les assimile au Maître qu'il reconnaît dans l'instant.

         « Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » semble lui dire Jésus.

        Voix de l'Âme profonde qui demande au mental de cesser de la scléroser par des jugements et des concepts, voire de la clouer sur la croix de l'espace-temps.

       Ainsi cette "conversion" correspond exactement au moment où, quittant l'identification à votre corps et à votre histoire, à votre personne, vous n'identifiez plus non plus les formes environnantes, mais vous contentez de voir en toutes choses le Seigneur, l'Être, le Soi, Unique et resplendissant.

             Le mental cesse alors de régner avec son système de contrôle et de division pour laisser place à l'Amour qui transfigure tout, illumine tout, inonde de Joie et de Gratitude.

     

     


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        Aujourd'hui, ou plutôt depuis hier soir nous faisons la fête, nous rions, dansons et sommes heureux pour cette seule raison : il a été décidé dans notre société, arbitrairement, d'un calendrier où les jours sont dénombrés, si bien que le matin que nous vivons actuellement serait le premier d'un nouveau cycle, d'une nouvelle "année".

          Il est vrai que le symbole du cycle, de l'éternel recommencement, est rempli d'espoir pour nos cœurs défaillants toujours enclins à voir l'échec et à se nourrir de souhaits pour un supposé à-venir.

           Mais en vérité, si le bonheur naît du sentiment de la nouveauté, pourquoi ne réussissons-nous pas à ressentir que chaque jour, chaque matin, chaque instant, est toujours le premier du monde,  le premier que nous vivons, le seul ?

          Alors la Joie serait permanente...

     

     

    Beau premier jour

     

     

     


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            À mesure que j'avance en âge, je vois de plus  en plus de décès. Et je me rends compte que si la mort avait pu nous apparaître ennemie ou effrayante, au fil du temps elle s'emplit d'êtres chers ou aimés comme une grande réserve d'amour, comme une mère aux bras grands ouverts. 

              Et je réalise qu'entre temps il y a eu des naissances, et qu'il y a plein de petits derrière nous, qui grandissent et fêtent leurs anniversaires !

            C'est alors soudain comme si ceux qui étaient là avant nous nous avaient appelés à eux vers cette incarnation, et offert cette coupe débordante de la Vie à boire à leurs côtés. Et tandis qu'à notre tour nous tendons la coupe à ceux qui nous suivent et nous apportent leur jeunesse et leurs éclats de rire, nous sentons de plus en plus ceux qui nous ont précédés nous appeler, de l'au-delà, pour nous attirer vers eux. De telle sorte que bientôt nous n'aurons plus peur de mourir et nous lancerons en toute confiance à leur rencontre.

            Ainsi, la Vie est comme la mer, dont les vagues avancent et disparaissent tandis que d'autres sont déjà formées pour les remplacer, et qui toujours roule et roule son flot identique.

           Et nous, appelés ici-bas puis rappelés là-haut, nous sommes enveloppés dans une immense vague d'Amour, l'Amour qui appelle, l'Amour qui porte, l'Amour qui berce, l'Amour qui accueille...

     

     


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    (Suite de l'article précédent)

     

           Que s'est-il passé ? Ce qu'on appelle "serpent" est une pensée insidieusement apparue devant l'arbre défendu, un désir : "Voyons ce qui se cache derrière cet interdit". Pensée légitime, de même qu'était légitime le désir de "l'Enfant Prodigue" de passer la porte du domaine paternel afin de voir ce qu'il pouvait y avoir ailleurs.

            C'est ainsi que débute le Voyage de l'Âme qui, se perdant, va ensuite se rechercher elle-même. Mais se perdant, elle expérimente la séparation et le drame du choix.

          En effet, ayant choisi de devenir comme Dieu (de même que l'Enfant Prodigue veut devenir comme son Père sans son Père...), Ève se découvre en fait comme une bête : nue et vouée à la souffrance. Autrement dit, vouloir mieux c'est s'exposer à récolter pire. Le jugement de "mieux" ou de "moins bien" (égal à la connaissance du Bien et du Mal) entraîne une perpétuelle insatisfaction ; toujours il y aura mieux, et toujours il manquera quelque chose.

          Mais au fait, qui est cette Ève qui apparaît à point nommé pour faire chuter l'humanité ?!! Là, je ne sais pas vous, mais depuis longtemps les femmes ont "senti l'arnaque" comme on dit ! Je vous rappelle que Dieu avait fait l'Homme masculin et féminin à la fois, et cette histoire de femme sortie d'une côte n'a rien de convaincant.

          En réalité, l'être humain est unique et semblable quel que soit le genre, et cette histoire de "c'est la femme qui..." résulte simplement du désir qu'a éprouvé Adam de rejeter la faute hors de lui. Avec le jugement, est apparue la séparation (dans le temps, dans l'espace), et donc un Autre, que l'on utilise couramment pour oublier sa propre responsabilité dans ce qui est, en réalité, notre propre reflet.

          Ève était à l'origine son reflet, juste destiné à lui rendre l'amour qu'il éprouvait dans la Félicité de l'Un.

     

     


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    Aujourd'hui je m'émerveille de ceci :
     

               Comment ce corps que je pense habiter, formé de milliards de cellules qui toutes ont leur rôle et leur mouvement propre et dont la vision au microscope pourrait aboutir à celle d'un immense espace vide où tournoient des atomes semblables à des galaxies, peut-il fonctionner alors que je ne contrôle de lui quasiment rien ?

             Des pensées surgissent sans que je puisse discerner d'où elles sont apparues, des mémoires s'enchaînent, des projets apparaissent, des émotions ou des désirs se font ressentir sans que j'aie la moindre prise sur ces objets mentaux. Comment puis-je alors me prétendre l'auteur de quelque idée que ce soit ?

              Tout ces univers que sont mon corps et mon mental sont les premiers prodiges qui soient à ma portée, les plus immédiats. Mais l'expérience prouve bientôt que le monde entier qui m'entoure leur est exactement semblable : une profusion de sphères tournoyant dans un espace vide avec leur fonction et leur direction propre, et autour de moi des courants d'idées, des événements, récits du passé, projets d'avenir, effets de masse ou mouvements telluriques dont tous sont parfaitement aléatoires.

              Or tout est sans cesse en mouvement, sauf moi qui perçois cela. Je suis comme l'habitant d'un jardin que je contemple avec le bonheur d'en être le simple observateur.

     

               Cela nous reconduit à cette proposition de la Genèse :

    Dieu a créé l'homme et l'a placé dans un jardin.

     
             Mais arrêtons-nous un instant sur un détail : il l'a créé dit-on, d'une part "à son image" et d'autre part, "homme et femme à la fois" (selon le premier récit, au livre 1). Cela signifie clairement qu'il n'y a pas de genre à ce niveau, et que tout comme le Principe ("Dieu") est en même temps masculin et féminin (Père et Mère), de même le moi profond de tout être humain n'a aucune appartenance à quelque sexe que ce soit. Ainsi quand je dis "homme", je veux dire "être humain" ; et le "je" profond que nous ressentons tous en nous est Esprit, de même nature que le Principe qui est à son origine.

             Poursuivons.

           Dieu recommande à l'homme de ne pas toucher au fruit de l'arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. 

            Pourquoi cet arbre est-il là, tentateur ?

         Parce qu'en se projetant, l'Être tout-parfait et infini ne peut éviter que tous les possibles soient présents, même la possibilité de la perdition ! Et pourquoi se perdre, sinon pour avoir le bonheur de se retrouver ?

             Ceci nous évoque alors la Parabole du Fils Prodigue : celle dont le but ultime est de conter le bonheur indescriptible qu'il y a à se retrouver après s'être perdu...

     

                 Mais revenons à cet arbre. Que représente-t-il ? La connaissance du bien et du mal, c'est la vision de la séparation. C'est l'apparition d'un univers duel, clivé entre ce que l'on aime et ce que l'on n'aime pas, entre ce que l'on désire et ce que l'on rejette ; un univers détruit, brisé par le jugement. J'accepte ceci et je refuse cela, je préconise ceci et je condamne cela ; je choisis.

            C'est de là que naît la souffrance.

         Et c'est la fin du bonheur si merveilleux éprouvé dans l'Unité parfaite... Le Temps apparaît apportant le passé et le futur, images irréelles qui empêchent de demeurer présent à soi-même ; l'Espace apparaît avec ses distances infranchissables et ses formes toutes distinctes les unes des autres. Mais ne dit-on pas aussi que la Fin des Temps est accompagnée du "Jugement dernier" ? Autant dire que pour supprimer le temps, il faut aussi supprimer le jugement. Plus de clivage, et contrairement aux dires de certaines églises, plus d'enfer ni de paradis, plus de bon ni de mauvais, plus de naissance ni de mort... Seulement la Vie, la vraie !

              Car l'Homme, image ou projection de "Dieu" le Principe originel, n'est que Félicité dans la contemplation de ce qui est, tel que c'est, sans jugement ni clivage.

     

     


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