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          Assise dans mon jardin derrière ma maison, le soir, je regarde le ciel avec ces nuages majestueux qui se parent des lumières dorées du couchant, et je suis en extase devant la beauté du cosmos.

        Oui, c'est le mot "cosmos" qui m'est revenu à l'esprit, avec cette sensation d'un Tout organisé, d'une sorte d'immense organisme magnifique dont nous ne sommes que d'infimes parcelles parmi toutes les autres, et dont pourtant nous avons le privilège inouï de le contempler, d'en être conscients, de le ressentir et d'y participer par tout notre être, sensitif et intellectuel.

         Comment ne pas voir dans l'Univers un Être sublime et exalté ? Tout en Lui vit, vibre et échappe totalement à notre entendement, à notre compréhension. Comme notre propre corps, nous pouvons l'étudier, essayer de le maintenir en bon état, le visiter ; mais en aucun cas nous ne pouvons agir sur son fonctionnement - sauf en le détériorant par une utilisation excessive. Ses réactions nous échappent, et nous ne restons jamais que d'humbles usagers du monde qui nous environne, nous porte avec amour ou avec parfois des crises qui nous épouvantent et nous montrent combien il nous dépasse.

          Qui alors peut parler de "liberté" ? Quelle liberté avons-nous, sinon celle d'être arrogants et de courir tôt ou tard à un désastre par égoïsme, ou bien de demeurer dans l'acceptation et la gratitude, reconnaissant notre faiblesse et remerciant pour la grâce qui nous est faite de jouir d'un tel environnement ?

          Le jardin d'Eden, nous y sommes ! Et croquer la pomme qui précipite notre chute, c'est déclarer "JE suis libre de faire ce que JE veux !" Nous savons bien que rien ne se passe jamais comme nous voulons. Nous sommes nés sans l'avoir décidé et mourrons de même. Nous faisons des choix dictés par les paramètres que nous connaissons mais ne pouvons jamais, jamais en prévoir les véritables conséquences. Il y a autour de nous une grande Vie qui continue son chemin et dépasse de fort loin nos petites envies.

         L'admirer, La remercier, voilà le privilège le plus gratifiant que nous puissions avoir...

     

     

    Aurore boréale au lever du jour vue de l'espace

     

     

         À vous tous, j'en profite pour présenter mes remerciements pour votre présence affectueuse et enrichissante, et pour vous prévenir que je vais m'absenter quelque temps pour de belles vacances en famille, sans trop savoir si j'aurai la possibilité d'aller sur vos blogs entre le 15 et le 23 prochains... En effet, là où je vais, c'est une surprise ! J'aurai les coordonnées du gîte pour faire la route dimanche prochain. Je sais seulement que c'est en Côtes d'Armor. 

         Bises à tous, amies et amis.

     

     

    Pensée du soir

     

     

     


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              Il y a tant de mots dans le vocabulaire spirituel qui, choisis au début pour leur richesse de sens, se sont affadis avec l'usage !

             Dans le christianisme, le mot "charité" qui évoquait une forme d'amour très profonde et venue du cœur, a viré à la caricature, avec des expressions comme "faire la charité"... Dans le bouddhisme, le mot "compassion" qui rappelait que nous sommes capables de nous identifier à l'autre jusqu'à ressentir ce qu'il ressent, aujourd'hui se confond avec "pitié" et sonne faux.

            Alors ressurgit le mot "bienveillance", qui rappelle avec bonheur la "bonne volonté" qu'on a également abandonnée dans la célèbre formule angélique : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".

             Ce mot semble résonner harmonieusement avec la notion de patience, qui n'est pas toujours bien acceptée face aux aléas du quotidien.

            En effet, quand des épreuves nous traversent, les accepter avec patience, demeurer confiant paraît parfois très difficile. Et le pire est je crois que nous avons une tendance immédiate à nous accuser, à exiger beaucoup trop de nous-mêmes, à nous reprocher d'avoir oublié je ne sais quoi, manqué je ne sais quoi, commis je ne sais qu'elle bévue ou maladresse.

          C'est là que le mot "bienveillance" acquiert son plus grand pouvoir. Être bienveillant envers autrui est une bonne chose, mais insuffisante, face à la bienveillance dont on peut faire montre envers soi-même comme envers les choses telles qu'elles arrivent.

           Aujourd'hui, quand des évènements me fâchent ou que je suis trop exigeante envers moi-même, je pense à cette bienveillance qui est aussi une "bonne volonté", c'est-à-dire le fait de "vouloir du bien" aux éléments concernés : je cherche à être bienveillante envers moi-même, autant que bienveillante envers les évènements qui arrivent comme ils peuvent, les pauvres... Je me dis qu'ils sont tous programmés, qu'ils font partie d'un "plan" dont je n'ai pas la clé et dont ils ne sont pas davantage responsables eux-mêmes. Et cela m'aide à m'abandonner.

           Pour cela, j'ai été bien aidée par une dame québécoise adorable qui s'appelle Ginette Forget, par exemple ici.

         Je ne vous mets pas de vidéo, vous en regarderez si cela vous dit. Car vous avez vous aussi vos propres sources de soutien ; et il est très important de se rappeler ceci : quoi qu'il arrive, il y a toujours, oui, TOUJOURS une aide quelque part (d'ailleurs Paul Éluard l'a dit dans un poème).

     

     

     


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    (Suite de l'article précédent)

     

       Pourtant, il existait une troisième voie, et j'imaginais que certains lecteurs l'auraient imaginée. 

       Peut-être n'avez-vous pas osé, ou vous disiez-vous que vous deviez choisir entre les deux ; et il est certain que le ton que j'avais adopté faisait pencher vers le second.

         Cependant si la première proposition demandait beaucoup de détermination et de courage, il me paraît évident que la seconde était totalement hors de portée ! Comment voulez-vous effacer vous-même des nuages qui se sont accumulés entre vous et le soleil ? C'est mission impossible ! Admettons que ces nuages soient des pensées ou des ressentis négatifs, une sorte d'état dépressif : comment s'en débarrasser, si ce n'est en utilisant des médicaments, ou bien en attendant patiemment "que cela passe" (comme les nuages) ?

        La troisième voie est donc celle de la Foi ; quand les choses vont très, très mal, ainsi qu'il est arrivé à Job par exemple, qui ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait contre lui malgré son innocence et ses efforts ; quand l'adversité se déverse sur vous alors que vous vous êtes battus, courageusement, durant des années déjà et que vous veniez de tenter l'effort de la "dernière chance", vous sentant totalement au bout du rouleau... comment échapper à l'amertume ? À la rancune, à la colère, au désespoir ?

         C'est là en fait qu'il faut voir une bénédiction du Ciel : car le "Ciel" vous force, vous oblige, à vous détourner des apparences (contraires) pour revenir "à la maison", chez vous, dans cette fameuse position de l'observateur qui voit que les choses échappent à son contrôle et que rien ne lui appartient ; mais que là, en Soi, au Cœur de l'Être, rien n'a vraiment changé.

         De cette position on peut voir l'amertume, voir la rancune, et les laisser se déverser sans chercher à les juger ni à condamner quoi que ce soit.

        Et on y parvient mieux encore lorsque l'on y met sa Foi, tout son amour, toute sa force, comme c'est écrit dans le Psaume 22 de David - psaume que dit-on Jésus aurait récité sur la Croix, mais là c'est juste une histoire pour illustrer le Psaume ; une histoire qui cependant permet de mieux le ressentir en le découvrant vécu.

     

    Psaume 22

    1. Au chef des chantres. Sur « Biche de l’aurore ». Psaume de David.

    2. Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné,
      et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ?
    3. Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas ;
      la nuit, et je n’ai point de repos.
    4. Pourtant tu es le Saint,
      tu sièges au milieu des louanges d’Israël.
    5. En toi se confiaient nos pères ;
      ils se confiaient, et tu les délivrais.
    6. Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés ;
      ils se confiaient en toi, et ils n’étaient point confus.
    7. Et moi, je suis un ver et non un homme,
      l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple.
    8. Tous ceux qui me voient se moquent de moi,
      ils ouvrent la bouche, secouent la tête :
    9. Recommande-toi à l’Éternel !
      L’Éternel le sauvera,
      il le délivrera, puisqu’il l’aime !
    10. Oui, tu m’as fait sortir du sein maternel,
      tu m’as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère ;
    11. dès le sein maternel j’ai été sous ta garde,
      dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu.
    12. Ne t’éloigne pas de moi quand la détresse est proche,
      quand personne ne vient à mon secours !
    13. De nombreux taureaux sont autour de moi,
      des taureaux de Basan m’environnent.
    14. Ils ouvrent contre moi leur gueule,
      semblables au lion qui déchire et rugit.
    15. Je suis comme de l’eau qui s’écoule,
      et tous mes os se séparent ;
      mon cœur est comme de la cire,
      il se fond dans mes entrailles.
    16. Ma force se dessèche comme l’argile,
      et ma langue s’attache à mon palais ;
      tu me réduis à la poussière de la mort.
    17. Car des chiens m’environnent,
      une bande de scélérats rôdent autour de moi,
      ils ont percé mes mains et mes pieds.
    18. Je pourrais compter tous mes os.
      Eux, ils observent, ils me regardent ;
    19. ils se partagent mes vêtements,
      ils tirent au sort ma tunique.
    20. Et toi, Éternel, ne t’éloigne pas !
      Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours !
    21. Protège mon âme contre le glaive,
      ma vie contre le pouvoir des chiens !
    22. Sauve-moi de la gueule du lion,
      délivre-moi des cornes du buffle !
    23. Je publierai ton nom parmi mes frères,
      je te célébrerai au milieu de l’assemblée.
    24. Vous qui craignez l’Éternel, louez-le !
      Vous tous, postérité de Jacob, glorifiez-le !
      Tremblez devant lui, vous tous, postérité d’Israël !
    25. Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable,
      et il ne lui cache point sa face ;
      mais il l’écoute quand il crie à lui.
    26. Tu seras dans la grande assemblée l’objet de mes louanges ;
      j’accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te craignent.
    27. Les malheureux mangeront et se rassasieront,
      ceux qui cherchent l’Éternel le célébreront.
      Que votre cœur vive à toujours !
    28. Toutes les extrémités de la terre penseront à l’Éternel et se tourneront vers lui ;
      toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face.
    29. Car à l’Éternel appartient le règne :
      Il domine sur les nations.
    30. Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi ;
      devant lui s’inclineront tous ceux qui descendent dans la poussière,
      ceux qui ne peuvent conserver leur vie.
    31. La postérité le servira ;
      on parlera du Seigneur à la génération future.
    32. Quand elle viendra, elle annoncera sa justice,
      elle annoncera son œuvre au peuple nouveau-né.

    Traduction Louis Segond - Wikisource

     

        L'appellation d' "Éternel" est primordiale pour nous permettre de concevoir qu'il ne s'agit pas là d'un être "individuel", mais de notre propre Source Éternelle qui, nous ayant introduit dans cette existence par le biais du ventre maternel puis de l'amour d'une mère, nous avait dès l'origine manifesté Sa protection.

        Il est évident que les "taureaux", les "chiens" et autres lions ou buffles ne sont que nos pensées et ressentis négatifs, ces fameux nuages qui s'accumulent et que nous seuls ne pouvons dissiper. L'enfer est dans notre tête et la délivrance est hors de celle-ci : ce n'est donc pas notre tête qui se délivrera elle-même, mais Ce qui en nous "écoute" (nous retrouvons ici la parole de Jean-Marc Mantel), et qui est éternel.

         "Le peuple nouveau-né" c'est celui qui, par amour pour plus grand que lui, aura abandonné son manteau de créature indépendante pour ouvrir les yeux à Ce qui le dépasse et qui ne meurt jamais. Ayant perdu son individualité il est égal à "tous".

        Cependant, si demeurer au-delà de soi-même nous est trop difficile, le Soi suprême peut être appelé "Seigneur", car il est le créateur de l'ego, et l'on peut se contenter de mettre en Lui sa Foi.

        

     

               


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    Ecoute

     

    « L'écoute est guérisseuse. Elle objective les souffrances, sans les nourrir. La souffrance est une réaction. Ce qui est conscient de la souffrance est en dehors de la souffrance. En explorant le connaisseur de la souffrance, l'accent n'est plus maintenu sur l'objet, mais se tourne vers ce qui le transcende. »

    Jean-Marc Mantel,
    La pratique Spirituelle


         Bien sûr il ne s'agit pas ici de l'écoute d'autrui, mais de l'écoute de soi-même - autre façon de désigner l'auto observation. Se situer en dehors de soi-même, voici la gymnastique à laquelle est convié le Chercheur Spirituel, pratique ramenant prétendument à notre "état naturel", c'est-à-dire à ce que nous étions petit enfant : peu attaché à ce qui "nous arrive", et juste occupé à courir au-devant la vie telle qu'elle se présente, sans référence aucune permettant de comparer ou évaluer quoi que ce soit.

         Ranjit Maharaj, condisciple et successeur de Nisargadatta Maharaj, invitait ses auditeurs à s'imaginer qu'ils étaient "leur voisin" : « Quand quelque chose arrive à votre voisin, disait-il en substance, vous pensez simplement "ah ! le pauvre !", et puis ensuite vous oubliez... Faites de même lorsqu'il s'agit de votre propre vie : dites-vous qu'il s'agit du voisin.» Plus facile à dire et à comprendre, qu'à faire !

         Aussi lorsque je trouve par hasard cette lettre écrite par George Sand à Gustave Flaubert publiée par Ferdinand Brunetière (voir ici), je me dis que sa merveilleuse humanité vaut peut-être davantage que nos efforts stériles pour revenir en enfance, ce qui manifestement n'est pas le but de l'existence...

        « Pauvre cher ami,
       Je t’aime d’autant plus que tu deviens plus malheureux. Comme tu te tourmentes et comme tu t’affectes de la vie ! Car tout ce dont tu te plains, c’est la vie, elle n’a jamais été meilleure pour personne et dans aucun temps. On la sent plus ou moins, on la comprend plus ou moins, on en souffre donc plus ou moins, et plus on est en avant de l’époque où l’on vit, plus on souffre. Nous passons comme des ombres sur un fond de nuages que le soleil perce à peine et rarement, et nous crions sans cesse après ce soleil qui n’en peut mais. C’est à nous de déblayer nos nuages. »

    Ferdinand Brunetière,
    Correspondance de Gustave Flaubert avec George Sand

     

    Qu'en pensez-vous ? 

     

    Nuages et soleil

     

           


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    Krishna réconforte Arjuna

     

           Dans la Bhagavad Gîta, au chapitre 4, Krishna (incarnation de l'Être Suprême), révélait à Arjuna, qui dans sa grande souffrance cherchait instamment la Vérité concernant la vie et la mort :

     

    Verset : 4.6

    « Je demeure non né, et Mon Corps spirituel est absolu, ne se détériore jamais. Je suis le Seigneur de tous les êtres. Et pourtant, en Ma Forme originelle, Je descends dans cet univers à intervalles réguliers.

    Verset : 4.7

    « Chaque fois qu’en quelque endroit de l’univers, la spiritualité voit un déclin, et que s’élève l’irréligion, ô descendant de Bhârata, Je descends en personne.

    Verset : 4.8

    « J’apparais d’âge en âge afin de délivrer Mes dévots, d’anéantir les mécréants, rétablir les principes de la spiritualité.

    Verset : 4.9

    « Celui, ô Arjuna, qui connaît l’absolu de Mon avènement et de Mes Actes n’aura plus à renaître dans l’univers matériel ; quittant son corps, il entre dans Mon royaume éternel.

     

           Ainsi en est-il, plus près de nous, de Jésus qui, apparu en tant que créature parmi les humains, nous montre aujourd'hui avec une clarté sublime sa nature divine.

     

    Jésus apparaît à Marie

     

         Pourquoi "aujourd'hui" ? Pourquoi "sublime" ? Parce que - et je crois bien qu'il en est de même chez vous -, tout brille, tout resplendit ce matin dans la nature renouvelée par le printemps. La nature est ce vecteur immuable de démonstration de la renaissance perpétuelle, et elle nous porte comme Dieu, le Purushottama évoqué par Krishna, nous porte en son cœur pour l'éternité, même si de même sous forme de corps nous sommes appelés à mourir avec Lui, pour renaître avec Lui.

     

    Pâques, ou le passage vers le Royaume

     

     

          L'oeuf est en effet la meilleure image possible pour cette éternelle renaissance, cet éternel recommencement.

          Aussi vais-je vous souhaiter de bons œufs de Pâques et beaucoup de soleil dans votre cœur !

     

    Pâques, ou le passage vers le Royaume

     

     

     


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