•  

          Il arrive un jour où vous ne lisez plus pour lire, mais pour être inspiré.

           Et étant inspiré, vous êtes émerveillé...

          C'est ce qui peut arriver avec cet étonnant petit livre, la toute récente première traduction française du "traité" (en vers, sous forme de strophes, donc plus "oeuvre poétique" qu' "exposé philosophique") attribué à Shankara et intitulé :


    « La distinction entre l'observateur et l'observé »

     

    Lectures merveilleuses

     

        Bien sûr, cela ne se lit pas comme une histoire ; chaque strophe (shlokah en sanskrit) demande à être méditée, et c'est pour cela que José le Roy, le traducteur, développe abondamment chacune d'elles.

         De plus, si l'on s'est un peu familiarisé avec la langue d'origine et que l'on observe attentivement les remarques liées à l'adaptation du texte, on peut avoir de belles surprises... C'est ce qui m'est arrivé avec la strophe n°20.

         Voici la traduction proposée :

    « Être, Conscience, Béatitude, forme et nom : telles sont les cinq parties. Les trois premières constituent la nature de Brahman ; le deux autres constituent la nature du monde. »

    Traduction José Le Roy (éd. Almora)


       Ces trois mots, "Être, Conscience et Béatitude" sont ordinairement formulés en sanskrit par cette expression : "Sat-Chit-Ananda" - qui d'ailleurs correspond précisément à ces termes en français.

        Or ici, ce ne sont pas du tout ces termes-là qui sont employés dans le texte, et le traducteur prend bien la peine de l'expliquer dans son développement (heureusement)...! Mais alors pourquoi les traduit-il ainsi, prétendant que "c'est la même chose", quand par la suite l'expression "sat-chit-ananda" sera constamment utilisée dans les strophes ultérieures ? Il y a forcément une différence de sens ! Et c'est celle-ci qui m'a émerveillée.

        Mais bien sûr avant cela, quelques explications.

        Dans cet exposé, l'auteur (Shankara ou l'un de ses continuateurs) nous montre que nous, le sujet, sommes spectateurs d'un "monde" qui est constitué d'objets, autrement dit de "formes", que par l'activité mentale nous définissons au moyen de "noms".

        Au "monde" (observé) appartiennent donc les formes (de quelque nature qu'elles soient, car peut être qualifié de "forme" tout ce qui est perçu par nos sens), puis leurs noms (ce par quoi notre mental les appréhende).

        Cependant qui sommes-nous, nous qui observons ? Après examen minutieux, nous découvrons que notre corps est également observé par nous comme un objet, et donc n'est pas nous ; puis nous découvrons qu'il en est de même de nos émotions, que nous pouvons nommer ; de même pour nos sensations, puisque l'usage même du possessif les rend obligatoirement distinctes de nous-mêmes ; enfin, avec un peu d'insistance, nous pouvons même être témoins des pensées, qui surgissent en nous puis disparaissent, nous entraînant certes souvent mais finissant toujours par nous quitter ; et même si des croyances sont enracinées en nous, il nous est possible de les mettre en doute et de les voir disparaître.

        Pour Adi Shankara (comme pour le Bouddha d'ailleurs) tout ce qui vient puis repart, tout ce qui est soumis au temps ou à la décrépitude, ne peut être considéré comme la réalité ultime pour nous qui, nous le sentons bien en avançant en âge, n'avons jamais cessé d'être ce que nous sommes, enracinés dans notre être profond : dans cette stabilité profonde qui ne peut être que réelle !

           Et cet Être que nous sommes fondamentalement (qui est le même pour tous, car si nous ôtons toutes les caractéristiques physiques et mentales nous nous découvrons tous semblables), c'est ce que Shankara nomme "le Brahman".

        Attention, il ne s'agit pas là du dieu "Brahma" : nous ne sommes ni dans la mythologie, ni dans un quelconque système de croyances. Non, ce Brahman, dont José le Roy tente une traduction française avec le mot "l'Immense", est strictement comparable à Celui que Jésus appelait "le Père", et qui est aussi le "Principe d'origine" évoqué au début de l'Évangile de Jean.

    *

     
           Voyons donc le texte précis. Je cite le texte du commentaire.

        «  Le shlokah commence par ces trois mots : "asti, bhati, priyam".

         "Asti" signifie "il est". Cette êtreté n'a aucune forme, aucune couleur, aucune taille. Le Brahman EST et tout ce qui est est ultimement Brahman, comme tous les bijoux en or sont effectivement faits d'or.

        "Bhati" signifie "il brille" ou "il se manifeste" et par extension "il est conscient". La conscience est la lumière qui éclaire le monde et le rend manifeste ; cette lumière brille en nous mais nous ne la reconnaissons pas.

           Enfin "priyam" signifie ce qui est cher, précieux ; ce mot renvoie évidemment au troisième terme de la trilogie rencontrée précédemment : être, conscience, béatitude. La conscience nous est chère au sens où elle est ce que nous aimons par-dessus tout, car elle est ce que nous sommes.  

     (Note)- asti bhati priyam signifie exactement : "Il existe, il apparaît, joie", mais c'est une autre façon de nommer ce qui a été appelé plus haut "Être, Conscience, Béatitude."  »

    La distinction entre l'observateur et l'observé, trad. José Le Roy  

     
         Je le trouve bien hardi d'amalgamer ainsi les termes, car quelle merveille que les idées évoquées dans ce début de strophe ! Tout comme le verbe "asti" me rappelle avec force son équivalent grec "esti" (= "est" en latin), qui n'est pas le sanskrit "sat" (lequel a souvent le sens de "vérité"), le verbe suivant "bhati" rappelle étonnamment le grec "phaïneï" car les sens sont les mêmes : "il apparaît", et "il brille", soit "il se manifeste" (d'où le dérivé français "phénomène"). 

        C'est la lumière qui surgit de l'ombre, et tout de suite nous sommes happés par la similarité avec le prologue de l'évangile de Jean, où, issu du "Principe" (ou de "Dieu au commencement" dans les traductions chrétiennes) surgit le "Verbe", qui est la "Lumière des hommes", et "par qui tout a été fait" ! 

         Comme dans notre tradition chrétienne, "Dieu" est de nature triple : Père (ou matrice originelle), Fils (ou projection lumineuse), et Amour qui les unit (l'Esprit Saint si mystérieux, qui s'avère souvent être le lien reliant le Père au Fils, ou encore le moyen utilisé par le Fils pour inonder le monde de Sa Puissance...). Les parenthèses que j'ai ajoutées à la phrase précédente ont pour but de sortir de la sotte assimilation habituelle de ces éléments à des "personnes" et qui plus est, à des individus de sexe masculin !

        Le mot "priyam" en sanskrit est un substantif neutre signifiant "le cher", "l'aimé" ou encore "l'agréable".

        Pourquoi donc modifier ainsi une formulation si particulière ? Sans doute pour la facilité, parce que la traduction en semble impossible ! En effet dans le texte d'origine il n'y a non plus ni masculin, ni féminin dans les verbes qui se conjuguent sans pronom sujet et de façon totalement impersonnelle...

    *

     
            Méditons donc sur cette beauté. 

           
           Que retiendrons-nous ?  « Il est, il resplendit, délice... » ?


         Ce qui m'a frappée plutôt, c'est d'étudier la phrase en sens inverse. C'est de voir comment remonter de ce qui est visible à ce qui est réel. 

           Prenons l'observation de quelque chose que vous aimez particulièrement, de quelque chose qui ouvre votre cœur, qui le fait vibrer. Cela peut-être une personne, un enfant ou un animal que vous aimez, ou une musique qui vous émeut, ou un paysage magnifique... n'importe.

           Enlevez son nom, conservez juste l'objet - la forme - le spectacle ou l'audition.

          Puis enlevez toute forme et ne gardez que la sensation d'amour qui vous submerge.

           Là, vous êtes déjà dans l'unité. L'amour englobe tout, ce que vous aimez et vous-même.

           Puis remontez à la source de ce que vous ressentez : d'où cela surgit-il ? De quoi est-ce fait ? 

           Remonter encore au-delà est très difficile. Car dans le domaine de Brahman, tout est unité, tout est l'Océan infini, tout est le Ciel.

         

     

     


    5 commentaires
  •  

            Cette parole de Jésus, qui m'avait été rappelée il y a quelque temps, est revenue soudain me frapper aujourd'hui avec la stupéfiante découverte que je ne l'avais jamais comprise, dans sa portée initiatique du moins.

           Dans l'Évangile elle est placée de telle manière que l'on voie en Jésus ce que l'on en attend généralement, c'est-à-dire un véritable thaumaturge qui accomplit des miracles, en même temps qu'un être rempli de compassion qui guérit de la culpabilité et des infirmités humaines.

         Cependant, comme on me l'avait présentée, il me semblait qu'elle faisait simplement référence au fait que telle un paralytique, je me contentais de subir l'existence qui m'était donnée sans me prendre en main et partir en quête de "qui j'étais vraiment". Pourtant cela faisait un bon moment que je me débattais dans des questions d'ordre métaphysique. Et pour couronner le tout, lorsque je me retroussai les manches pour explorer les nouveaux domaines qui m'étaient proposés, on m'annonça que je n'avais pas bougé du tout et restais "toujours assise".

     

        Aujourd'hui j'ai soudain découvert que c'était une question de "verticalité". La verticalité étant la faculté de se relier au Divin en soi par l'intérieur, en s'affranchissant de l'espace et du temps.

          Il s'agit d'une sorte de mutation intérieure, la même qui poussa l'anthropopithèque du passé à se redresser et à cesser de se déplacer comme un animal ... et si l'on pense au miracle vécu par le héros de "Avatar", il faut supposer qu'il découvrait soudain, se relevant comme un géant, sa véritable nature.

         Allongé sur notre grabat, c'est-à-dire soumis au monde physique, nous vivons dans l'horizontalité, nous nous étalons vers les choses extérieures et n'aspirons qu'à recevoir et absorber ce que nous percevons autour de nous. 

          Libéré de l'attrait du monde extérieur, focalisé sur le Soi transcendant, nous pouvons nous lever, nous redresser pour affirmer qui nous sommes vraiment et en répandre le parfum. Offert à notre réalité profonde, nous ressentons une telle plénitude que plus rien d'extérieur n'existe pour nous.

          Marcher ensuite, c'est vivre dans le monde des apparences sans y porter d'intérêt, en laissant disparaître les choses aussitôt qu'elles ont apparu et en les "traversant" pour ainsi dire, tout en demeurant centré sur sa propre verticalité, sur son appartenance à la Lumière que l'on diffuse en permanence de soi, même ancré dans le monde terrestre.

     

     


    4 commentaires

  •       Ce qui m'a inspiré la découverte qui a enchanté mon week-end est sans doute ce texte émouvant que j'ai lu récemment dans le Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh : l'anecdote qui accompagne la carte intitulée "le Repentir".

        Cette histoire, que je ne relaterai pas en entier, rappelle très vivement celle du reniement de saint Pierre lors de la Passion de Jésus, et il s'agit manifestement du même repentir, faisant suite au même type de reniement provoqué par la peur d'une foule en furie.

    Rajneesh-Tarot de la Transformation-Le Repentir

      

    « Dans la tradition soufie, personne n'est comparable à Al-Hillaj Mansour. Les gens soi-disant religieux ont massacré énormément de monde. Pour Mansour, la crucifixion ne suffisait apparemment pas. On lui coupa les jambes, les mains, la langue. On lui arracha les yeux et lui trancha finalement la gorge. Quel crime avait-il commis ? Il avait déclaré : "Ana'l Hak !" "Je suis la Vérité, je suis Dieu !" En Inde, on l'aurait vénéré pendant des générations. Les musulmans ont vu les choses autrement.

         Des milliers de gens s'étaient rassemblés pour conspuer Mansour. Sous les jets de pierres et les quolibets, le mystique souriait. Quand on lui coupa les pieds, il trempa ses mains dans le sang. Quelqu'un lui demanda pourquoi il faisait cela.
        - Je me purifie, répondit-il, je me prépare à la prière.
       Les crimes et les péchés étant commis par le sang, c'est avec du sang et non avec de l'eau que les mains doivent être purifiées. Comme on allait lui couper les mains, il demanda :
        - Attendez une minute, laissez-moi prier, sans mains ce sera difficile.
        Il leva les yeux au ciel et dit :

         - Mon Dieu, tu ne peux pas me tromper ! Je te reconnais dans tous ces visages autour de moi. Ainsi donc tu prends l'allure d'un bourreau, d'un ennemi ? Je ne me laisserai pas berner, je te vois quelle que soit la forme que tu adoptes. Je te reconnais partout, depuis que je t'ai découvert en moi-même ! » 

    Rajneesh, Tarot de la Transformation - 52, le Repentir


        Mansour dit "Dieu" quand je préfère évoquer "le Maître", deux termes qui peuvent déplaire à ceux qui les identifient à des "personnes". Bien sûr, lorsque je mets une majuscule il ne s'agit pas pour moi du "maître" de qui j'ai reçu un enseignement, mais du "Satguru", du Soi, de l'Être absolu. Dans la Réalité, tout est le Soi, et pour notre petit mental humain qui en prend conscience je ne vois pas comment nommer autrement ce qui est la "Matrice" ou le "Patron" de toute forme perçue.

         Toujours est-il que cette grande Puissance de Vie s'imprime à tout ce qui nous apparaît, comme le marionnettiste entrant ses doigts dans les choses pour les faire vivre, ou comme l'Acteur suprême revêtant tous les costumes possibles pour jouer avec nous sur la grande scène du monde visible. 

          Vendredi dernier, j'ai soudain ressenti cette Présence dans tout ce qui m'environnait, m'emplissant d'amour et de gratitude... « Il » venait à moi déguisé en caissière ! En arbre ! En chien ! En merle !...

         Le mot "Dieu" est vague et pompeux, le mot "Bien-Aimé" évoque trop la passion amoureuse, je pensais donc "le Maître" : celui qui vous bénit, qui vous nourrit et vous guide avec l'infinie patience d'une mère - celui aussi il est vrai que Jésus nomme "Le Père".

            Tout ce qui se présentait à moi, c'était Lui.

            C'est alors que je fus agressée par une personne furieuse. Aussitôt, je songeai : « Le Maître vient à moi déguisé en personne furieuse

           Mon cœur en fut inondé d'amour ; et devant mon silence et mon empathie mon interlocuteur se calma bientôt.

          Le week-end fut fabuleux. Je n'avais même plus le temps de penser : "Il vient à moi déguisé..."  Dommage, car c'était vraiment le cas !

           J'espère continuer à me remémorer cette pensée ; quoi que ce soit qui se présente, c'est Lui, ce ne peut être que Lui. Ainsi l'accueil que nous faisons aux événements et aux personnes quels qu'ils soient ne peut être que d'Amour et de Confiance absolue.

     


    2 commentaires
  •  

            Je parlais dans l'article précédent de douter de l'Intelligence Supérieure ! Mais comment en douter si l'on ne cesse d'être confronté à un tourbillon auquel on ne peut faire face ? Il y a bien une Force qui le suscite, et si l'on ne peut y voir clair, c'est bien que cette Force nous dépasse.

              On se pose alors mille questions sur "que faire" et "que va-t-il se passer" ; et c'est alors que revient en tête la phrase de Ramana Maharshi (que je cite en substance) :

    « Vous êtes embarqués dans le train de la Vie, et n'ayez crainte, celle-ci vous mènera sûrement à destination. Alors asseyez-vous, déposez vos bagages, et respirez tranquillement ; laissez-vous porter et profitez du paysage. »


         Déposer ses bagages, c'est : ne plus se poser de questions, arrêter de chercher "que faire". Se laisser inspirer et miraculeusement les choses se mettent en place toutes seules. Chaque instant apporte sa bénédiction car vous ne vous attendiez pas à une si belle solution ... tout en continuant à trembler pour ce qui va suivre, mais le processus continue, et cela va se faire... SANS VOUS.

             Alors, vous revient en tête ce texte lu aux entrées des églises :

    « Si souvent nous ne sommes pas conscients de la manière dont Dieu nous porte aux jours difficiles ! Voici, d'après un poème brésilien, ce qu'en dit un croyant :

    Cette nuit, j'ai eu un songe : je cheminais sur la plage, accompagné du Seigneur.
    Des traces sur le sable rappelaient le parcours de ma vie :
    les pas du Seigneur et les miens. Ainsi, nous avancions tous deux jusqu'à la fin du voyage.

    Parfois, une empreinte unique était marquée; c'était la trace des jours les plus difficiles, des jours de plus grande angoisse, de plus grande peur, de plus grande douleur...

    J'ai appelé : - Seigneur, tu as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie, j'ai accepté de vivre avec toi. Pourquoi m'avoir laissé seul aux pires moments ?

    Il m'a répondu : - Mon fils, je te l'ai dit, Je serai avec toi tout au long de la route. J'ai promis de ne pas te quitter. T'ai-je abandonné ? Quand tu ne vois qu'une trace sur le sable, c'est que ce jour-là c'est moi qui t'ai porté.

    De même, aujourd'hui, ayez confiance en Celui qui sait vous porter aux heures difficiles. Il est fidèle, Celui qui pour vous a été au bout de son amour. »


          Et vous riez de la naïveté du poète en question. Comment pourrait-il y avoir vous et votre Seigneur, cheminant côte à côte, et des jours plus difficiles que d'autres où celui-ci vous porterait tandis qu'il vous abandonnerait quand tout va mieux ?! 

           Ce n'est pas "aux heures difficiles" qu'Il vous porte, c'est tout le temps.

          Seulement comme un enfant turbulent, vous vous débattez pour marcher tout seul... Arrêtez de gigoter ; laissez-vous porter.

         Comme sur l'Océan, pour être réellement porté, il faut "faire la planche", c'est à dire "faire le mort" et s'endormir littéralement, totalement abandonné aux vagues...

     

     


    3 commentaires
  •  

    Imagine qu'une tulipe demande à une rose comment faire pour fleurir ?!

    La Nature les fait pousser indifféremment toutes les deux, suivant la voie propre à chacune.

    La tulipe n'a qu'un choix : laisser agir ses racines et s'abandonner à la grâce du ciel (pluie, lumière, température...).

    Ainsi aucun maître, aucun dieu ne peut rien pour toi ; seule ta Foi en ta propre puissance peut quelque chose.

     

    Si tu n'occupes pas Ta place, alors qui l'occupera ?

    Elle ne sera occupée que par Toi, mais à ton insu.

     

    Il n'y a qu'une façon de s'éveiller : c'est d'ouvrir les yeux au matin neuf et de découvrir soudain que tout est là uniquement parce que tu es éveillé...

    Et de rester ainsi constamment, devant ce miracle : « JE - SUIS - ÉVEILLÉ(E) !! »

    Tout est là uniquement pour te montrer que tu es. Tout te sourit et te renvoie ta joie et ton amour. Tout surgit en toi et vit en toi, tout chante en toi et s'extasie en toi ; tout te reflète car tout a jailli de ton cœur, et en jaillit sans cesse et sans cesse !

     Chaque instant te montre qui tu es, t'offre un facette de l'Être infini que tu es.

    Comment repousser quoi que ce soit puisque c'est se meurtrir soi-même ? Seul le mental envoie des flèches acérées, et il fait de toi un hérisson sauvage, comme ce pauvre Sébastien (de Gabriele d'Annunzio)... Mais il se trompe, car Tu es hors de ses atteintes, et si immense que les flèches de ce petit démon se sont perdues dans le ciel... noyées dans ton infinitude...

     

    Même ces flèches te font alors sourire, car tu sais que ce diablotin de mental est aussi ton enfant, comme tout ce qui apparaît et miroite à tes regards, sonne à tes oreilles ou vibre dans ton cœur. Comment repousser ses enfants, et ne pas s'attendrir de leurs jeux et même de leurs bêtises ?

    Ainsi chaque individu rencontré est une part de toi-même que tu accueilles avec étonnement et bonheur. Tout est miracle et merveille !

     

    Mais oui... Bien sûr, c'est le printemps : le "temps premier", initial, l'éclosion de l'Être sous son aspect apparent.

     

     


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique