• Transmutations

     
    Retraite silencieuse (suite)

     

          Je vous avais annoncé que je vous relaterais certains exercices particuliers de cette retraite.

          Vous vous doutez peut-être qu'en matière de "méditation couchée", nous avons été guidés dans un voyage intérieur à travers notre corps, afin de le ressentir et de l'habiter pleinement.

            Mais le plus bel exercice, "l'exercice divin" comme j'aime à l'appeler, est un exercice alchimique.

           Il est si merveilleux, que nous avons été invités à le faire trois après-midi de suite : le mercredi, le jeudi et le vendredi.

          C'est un exercice zen que je connaissais par le Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh : il s'agit de sa carte n°38, nommée justement "La Transformation" ; mais je n'avais jamais su le réaliser vraiment, n'en comprenant pas bien le fonctionnement.

     

    Transmutations

     

            Mathias Pongracz nous l'a expliqué longuement et posément, en lui donnant un nom sans doute japonais que je n'ai pas retenu, et cette fois il a je crois porté tous ses fruits.

              À mon tour je vais vous en détailler le mécanisme. 

             Là où Osho indiquait deux phases (inspir - expir), Mathias nous en a détaillé quatre, voire cinq, ce qui le rend infiniment plus pertinent.

             Cet exercice vise à nous faire ressentir notre cœur comme un véritable athanor, dans lequel toute boue se transforme en or... En en prenant conscience, on devient donc capable de développer la compassion à un niveau quasi universel : d'où son importance dans l'univers du bouddhisme zen. Cependant, sans viser quelque résultat que ce soit, il permet surtout d'habiter son cœur, et de prendre conscience de sa force ainsi que de l'indicible félicité qu'il recèle.


              Commençons.

    1ère phase -  Assis en méditation, dans la posture qui vous convient le mieux (on peut être assis sur une chaise, le dos droit et les pieds bien à plat sur le sol), après vous être bien détendu et intériorisé, remémorez-vous un moment de bonheur intense dans votre vie : lorsque quelqu'un vous a vraiment aimé, regardé et apprécié en profondeur (cela peut être un animal), ou lorsque vous vous êtes épanoui après une création, un effort récompensé, ou encore face à un paysage particulièrement inspirant. Prenez le temps de bien ressentir cette ouverture et cette chaleur dans votre cœur.

    2ème phase - Commencez alors à inspirer par le nez consciemment en ressentant que vous absorbez quelque chose de noir, de nauséabond, "claustrophobique", étouffant... En arrivant dans votre cœur, tout cela est automatiquement transformé et, consciemment, vous expirez alors par la bouche de l'air parfumé, rayonnant, rempli de lumière et de chants d'oiseaux.
    Faites cela pendant un certain temps.

    3ème phase - Après avoir bien ressenti la 2de phase, remémorez-vous un épisode particulièrement douloureux de votre vie et cette fois, inspirez cette douleur, sentez-la qui se transforme dans votre cœur, puis expirez-la sous forme de joie et de lumière.
    Faites cela durant un certain temps.

    4ème phase - Maintenant, songez à une ou à des personnes de votre connaissance qui souffrent ; inspirez leur douleur et transformez-la dans votre cœur pour laisser retomber sur eux des bénédictions.

    5ème phase - Enfin, si vous vous en sentez le courage, imaginez toute la souffrance de la terre et inspirez-la, pour renvoyer ensuite en expirant toute la joie et la beauté possible sur le monde...
    Faites cela un moment, avant de revenir doucement à vous.


        Cet exercice est remarquablement puissant, particulièrement lorsque l'on commence par ressentir profondément la chaleur authentique du cœur grâce à la première phase ; mais aussi lorsque l'on s'implique soi-même personnellement en permutant d'abord sa propre souffrance intérieure - ce qu'Osho avait omis de prévoir. Il dilate le cœur en le remplissant de joie et rend heureux par la conviction d’œuvrer pour le bien.

          Je vous invite à l'essayer vous aussi, mais sans vous précipiter, en prévoyant pour cela une  bonne vingtaine de minutes.

          Note : j'avais appris, dans les années 90, à travailler sur de la musique. Là, c'était totalement silencieux, et je confirme que c'est excellent - surtout si en fond sonore on entend des chants d'oiseaux !

            Bon exercice de la transformation à vous !

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 16 Mai à 21:09
    Durgalola
    Merci beaucoup pour ton partage.plus nous donnons pour la terre et les autres tous ensembles, plus nous nous entraidons pour un monde meilleur. Je pratiquerai. Bises
      • Jeudi 16 Mai à 21:34

        C'est une belle pratique, merci de ta participation qui ne m'étonne pas de ta part.

    2
    Vendredi 17 Mai à 00:33

    Je n'ai jamais pratiqué cette méditation. Faut-il vraiment inspirer avec cette conscience de respirer quelque chose de nauséabond ?

      • Vendredi 17 Mai à 09:45

        Oui. Quelque chose d'étouffant, de gluant que l'on ressent plutôt vers le bas et qui remonte dans le cœur, pour être expiré par le haut, sous forme de pluie de lumière.

    3
    Vendredi 17 Mai à 20:49

    Cela me semble passionnant. Je m'y prépare doucement. Merci Mayalila

    4
    Vendredi 17 Mai à 21:11

    Une de mes amies avait été guidée dans ce genre de méditation par une de ses amies sophrologue. Elle n'arrivait pas à admettre une séparation et elle en souffrait beaucoup, espérant durant une longue année. Elle dépérissait (et elle n'est plus toute jeune). Une séance l'a défaite de cet attachement et de sa profonde tristesse. Cela a été spectaculaire. D'après ses explications cela ressemblait beaucoup à cette méditation. Seule, j'appréhenderais de la pratiquer. Je vais en parler à ma prof de yoga et de méditation.

      • Vendredi 17 Mai à 22:19

        Oui, tu peux lui poser la question. De toutes façons les choses nous viennent lorsque nous sommes prêts à les accueillir.

    5
    Dimanche 26 Mai à 18:41

    J'avais bien lu, sur la fiche 38 du livret d'Osho, la méthode d'Atisha, mais je l'avais trouvée étrange, aussi n'avais-je pas poursuivi dans ce sens. Ce que tu en dis m'invite à y revenir. Merci, je vais voir.

    Amitiés

      • Dimanche 26 Mai à 19:17

        C'était bien mon cas également ! D'après notre instructeur, cet exercice s'appelle "Tonglen" et est pratiqué dans le zen, dans le but d'aider à prendre du recul face aux situations difficiles par l'ouverture du cœur et le contact avec notre réalité profonde qui est insensible aux fluctuations extérieures.

    6
    Lundi 27 Mai à 11:06

    Merci beaucoup pour ta réponse. J'ai commencé doucement, et je dois dire que j'éprouve là quelque chose que je ne connaissais pas et que j'ai envie de cultiver.

    Autre sujet, j'essaie depuis de nombreuses années de pratiquer le  rappel de soi ( que j'ai découvert en premier lieu chez Ouspensky puis chez d'autres ensuite) en y associant l'accueil du ressenti, et à chaque fois, la même chose se reproduit invariablement : je suis alors aussitôt en communion, c'est le terme qui me semble convenir le mieux, avec des Êtres supérieurs infiniment aimants et rassurants. J'ignore qui Ils sont, je ne"vois" rien, mais je sais qu'Ils sont là, et à chaque fois je reçois d'eux une puissante et bienfaisante énergie qui m'aide beaucoup au quotidien pour être bien en moi-même et avec les autres.

    J'ai cherché des écrits sur ce sujet bien précis, mais n'ai rien trouvé à ce jour, ou peut-être suis-je passé à côté sans les voir. :-)

    Amitiés

    Alain

      • Lundi 27 Mai à 15:22

        Je te réponds rapidement... Depuis les "Dialogues avec l'Ange" de Gitta Mallasz jusqu'aux ouvrages de Daniel Meurois et Anne Givaudan, en passant par toute la littérature de "channeling", sur les anges ou les guides, il est évident que nous avons, dans  le monde astral qui est immédiatement mitoyen de notre monde matériel, des quantités d'êtres adorables qui sont prêts à nous aider et à nous soutenir. Il suffit que plus ou moins consciemment tu fasses appel à eux. D'ailleurs cela peut être des parents (cousins, famille...) décédés, qui aiment à revenir vers la terre pour aider leurs êtres chers.

        Le "rappel à soi" est un exercice de base qui consiste à revenir à notre être essentiel et devrait être pratiqué en permanence. Cependant si l'on plonge plus profondément, c'est au-delà de l'astral que se situe notre vraie demeure. L'astral est la demeure des "dieux", des personnalités tutélaires, des apparitions etc... tout comme des morts ; mais c'est au-delà qu'est notre véritable réalité, la Source puissante dont nous sommes issus : dans l'indifférencié. Il faut bien s'en souvenir, et savoir que ceux qui t'aident sont eux-mêmes les serviteurs d'une Puissance qui les dépasse.

        Bises !

    7
    Lundi 27 Mai à 18:36

    Je te remercie beaucoup pour cette réponse très détaillée. Effectivement, ces Êtres supérieurs dont je t'ai parlé me semblent en liaison étroite et sur un plan proche avec des personnes très chères qui ne sont plus de ce monde. Je vais regarder du côté des  ouvrages que tu as cités.

    Un immense merci

    Bises

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