• S'évanouir

     

             Voici un magnifique poème de Phène, que je relis régulièrement depuis bientôt sept ans.

     

    Profondément recueilli

    dans la crypte

    du dernier ciel

    le Poète s'évanouit

    dans la contemplation

    du Secret révélé

     

    Phène, Feuillets apocryphes, éditions Caractères (2012)

     

     

          Pendant longtemps j'ai cherché comment atteindre ce "dernier ciel", et l'image de ce Poète tombant en extase me poursuivait.

          Mais sept ans est une durée sacrée ; elle correspond à un cycle d'évolution dans les âges de notre vie : de la "petite enfance" à "l'âge de raison" (7 ans), puis de l'âge de raison à l'adolescence (14 ans), puis de l'adolescence à l'âge adulte (21 ans) et ainsi de suite, elle s'associe au cycle Saturnien qui rythme l'avancée de notre vie terrestre avec un retour karmique (ou récapitulation du travail accompli) tous les 28 ans. Ainsi une évolution s'est dessinée au cours de laquelle j'ai compris que je cherchais l'extase, dont l'évanouissement me semblait être le signe.

          Or l'extase n'a rien d'exceptionnel. Nous la connaissons tous et la recherchons tout autant, car elle apparaît à chaque fois que nous rencontrons un bonheur intense, que ce soit par l'amour ou par la beauté. L'extase est un état d'être, un état de bien-être intense.

           Quant au "dernier ciel", je le cherchais aussi dans le ciel, comme on y cherche Dieu, "Notre Père". Mais y est-Il ?  Les astronautes nous ont bien dit que non. Le mental projette des images et se représente des choses à l'extérieur de lui-même. Mais le ciel est en nous, tout comme Dieu. Et chercher le "dernier ciel", c'est en réalité reculer au profond de soi-même jusqu'à l'ultime sujet, l'ultime témoin, le dernier "je" trouvé lorsqu'on a tout enlevé de ses définitions possibles.

           Lorsque l'on est profondément recueilli à ce point ultime où ne reste plus que le silence, alors celui qui écrit, celui qui voit, celui qui fut le témoin du monde et qu'on appelle "le Poète", celui-là disparaît... "S'évanouir" signifiait en fait disparaître, se dissoudre.

            Aujourd'hui, en ce jour de pleine lune où les hindous célèbrent le maître qui les a conduits à la vérité ("Guru Purnima", la Pleine Lune du Maître spirituel - voir ici et ), je veux rendre hommage à Phène.

     

     

    Shankara et ses disciples

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 25 Juillet à 07:58

    Merci pour cette réflexion. Bon dimanche.

    2
    gazou
    Dimanche 25 Juillet à 11:07

    J'aime bien ce que tu nous dis de l'extase...Merci et bon dimanche

    3
    Dimanche 25 Juillet à 11:39
    daniel

    Phène est partie......J'ai eu l'occasion d'aller plusieurs fois sur son blog.......

      • Dimanche 25 Juillet à 14:47

        Oui, disparue ou... évanouie.

    4
    Dimanche 25 Juillet à 16:35

    Quel bel hommage rendu à Phène.

    La recherche de l'extase, de la beauté, de Dieu... Ce cycle sacré des 7 ans... 

    Et cette Lune qui nous tient compagnie... 

    Evanouissons-nous...

    J'apprécie ton billet.

    Bisous du jour

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :