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    Si le mental est le serpent qui souffle la douleur, enchantons-le pour qu'il danse.

     

     

    Ô Toi qui demeures,

    Vois comme est belle la douleur.

     

     


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          Voici quelques extraits de ce joyau, - les enseignements d'un maître totalement accompli à son disciple, qui fut probablement écrit en Inde avant le VIIe siècle de notre ère -, dans la traduction de Jacques Vigne.

        Méditons-les.

         Le Maître (celui qui se nomme "Asthâvakrâ", c'est-à-dire "le frappé de huit infirmités") insiste ici sur l'inutilité des efforts, qui correspondent à une crispation du mental obsédé par la recherche de quelque chose. Or la Réalisation, non seulement n'est pas une chose et ne peut donc être obtenue, mais en plus est au-delà du mental et demande l'effacement de celui-ci.

       Ce qu'il appelle "le Brahman Suprême", c'est l'Absolu, le Soi le plus profond qui étant Un est tout, le manifesté comme le non manifesté. On peut aussi l'appeler "Dieu".

      « Les ignorants pratiquent tant et plus des exercices de concentration et de contrôle, par contre ceux qui ont l'esprit stable ne voient rien de particulier à faire, ils sont dans un état de sommeil éveillé et pourtant bien installés au niveau même du Soi.

        Que ce soit par les efforts ou par leur absence, l'ignorant ne peut obtenir le silence du mental. Par la simple certitude de la Réalité, le sage devient silencieux.

        Si l'ignorant n'atteint pas Brahman, c'est justement parce qu'il veut le devenir. Sans le vouloir aucunement, celui qui a l'esprit stable jouit de l'essence du Brahman Suprême.

         Où est la vision du Soi, pour celui qui ne s'appuie pas sur ce qu'on voit ordinairement ? Ceux qui ont l'esprit stable ne voient ni ceci ni cela séparément, ils ne voient que le Soi indestructible.

         Les ignorants sont pris de panique en voyant ce tigre que sont les objets des sens, et vont chercher refuge immédiatement à l'intérieur d'une grotte en espérant y trouver la concentration et le contrôle du mental.

         Par contre, ces mêmes objets des sens deviennent comme des éléphants qui se calment à la simple vue de ce lion qu'est l'être libéré des souvenirs du passé ; ils s'enfuient devant lui, et ceux qui ne peuvent le faire le servent en le flattant. 

         Celui qui a son mental bien en main et qui est libre du doute ne s'engage pas dans des exercices en vue de la Libération. Il vit heureux avec ce qui vient, qu'il regarde, qu'il écoute, qu'il touche, qu'il sente ou qu'il mange. »


    Asthâvakrâ Gîtâ, chapitre 18, extraits.



         Et comme le plus sûr chemin pour faire taire le mental est de chanter, danser et vivre dans la Joie, je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir cet hymne à Ganesha (aussi nommé "Ganapati"), l'éléphant divin fils de Shiva qui est connu pour "vaincre tous les obstacles".

          Il a été composé par des disciples de Mooji (maître de l'advaïta vedanta lui-même disciple de HWL Poonja en descendance directe de Ramana Maharshi) et enregistré lors d'une récente retraite en Inde à Rishikesh.

     


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          Il est des textes qui vous frappent au cœur.

          Celui-ci n'aura jamais fini de m'éblouir.

     

    Profondément recueilli

    dans la crypte

    du dernier ciel

    le Poète s’évanouit

    dans la contemplation

    du Secret révélé


    Phène
    Feuillets apocryphes

     


         Les mots qui flamboient face au mental frappé de stupeur trouvent leur signification au fil du temps, le "sens" n'étant pas du domaine mental mais de l'ordre de la découverte intérieure ; ils dessinent un leurre dans lequel la pensée se laisse piéger tandis que la Vérité, libérée, se dévoile peu à peu ainsi qu'un œil qui s'ouvre.

     

     


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            Ce soir, une toute petite fille adorable m'a chanté une bien jolie chanson.

    « Les petits poissons dans l'eau
    Nagent, nagent, nagent nagent nagent,
    Les petits poissons dans l'eau
    Nagent aussi bien que les gros ! »



         Quelle belle leçon, pour un chercheur de Vérité ! En effet, si nous évoluons tous dans l'immensité océanique de l'Être, en quoi les disciples en quête d'Éveil seraient-ils différents des Maîtres affirmant l'avoir trouvé ?

           Sous le signe astrologique des Poissons où resplendit actuellement leur régent Neptune, abandonnons-nous sans appréhension aux délices des courants qui nous portent, en comprenant que la seule obscurité possible ne vient que des lunettes noires dont nous nous sommes affublés : nos pensées, nos jugements et croyances, notre idée de nous-même, nos désirs et préférences... qui projettent des ombres et font écran à la limpidité des choses ! 

               Vit-on jamais un poisson à lunettes ?... !!
       

    Dans l'Océan de l'Être 

         
           Or la Vérité sort souvent de la bouche des enfants, qui ne sont pas encore entravés par les conditionnements, et savent faire preuve d'une totale confiance.

     

     


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         Nous sommes si accoutumés à vivre vers l'extérieur, que nous avons du mal à comprendre que la Vérité est en nous. Et lorsqu'on nous invite à faire retraite, à méditer, voire à "partir au désert", cela ne signifie pour nous qu'une recherche superficielle de la paix et de la tranquillité, loin des bruits et de l'agitation du monde.

             Ces versets de l’Évangile selon Matthieu me sont revenus en mémoire, et je crois que leur sens n'est pas du tout celui que je m'étais imaginé jusqu'à présent : ce n'est pas la destruction de Jérusalem ni les persécutions lancées contre les chrétiens qu'évoque ici Jésus, mais bien un drame qui doit se jouer à l'intérieur de nous, dans notre cœur même.

     

    21- Alors, en effet, il y aura une grande détresse, telle qu’il n’y en a jamais eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et telle qu’il n’y en aura jamais plus.

    22- Et si le nombre de ces jours-là n’était pas abrégé, personne n’aurait la vie sauve ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés.

    23- Alors si quelqu’un vous dit : “Voilà le Messie ! Il est là !” ou bien encore : “Il est là !”, n’en croyez rien.

    24- Il surgira des faux messies et des faux prophètes, ils produiront des signes grandioses et des prodiges, au point d’égarer, si c’était possible, même les élus.

    25- Voilà : je vous l’ai dit à l’avance.

    26- Si l’on vous dit : “Le voilà dans le désert”, ne sortez pas. Si l’on vous dit : “Le voilà dans le fond de la maison”, n’en croyez rien.

    27- En effet, comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme.

    28- Selon le proverbe : Là où se trouve le cadavre, là se rassembleront les vautours.

    29- Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées.

    30- Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme ; alors toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine et verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel, avec puissance et grande gloire.

    31- Il enverra ses anges avec une trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre coins du monde, d’une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.

    32- Laissez-vous instruire par la parabole du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que ses feuilles sortent, vous savez que l’été est proche.

    33- De même, vous aussi, lorsque vous verrez tout cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.

    34- Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.

    35- Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.

    36- Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul.

    37- Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.

    38- En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;

    39- les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.

    40- Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.

    41- Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.

    42- Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

    43- Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.

    44- Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

    Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 24
    extrait pris sur le site de l'AELF

     

        Il m'apparaît aujourd'hui clairement que tout dans ce texte est symbolique.

         La tribulation évoquée a lieu dans notre esprit ; c'est le disciple en recherche qui est soudain terrifié par les forces qui s'élèvent contre lui pour l'empêcher d'accéder à sa Vérité intérieure, qui est ici désignée sous le nom de "Fils de l'Homme" ou encore "Seigneur". 

          Ces faux Messies, ces faux Christs qui surgissent alors sont à l'extérieur de lui bien sûr, où il essaie de chercher tant il craint ce qui en réalité vit en lui ; mais Jésus avertit qu'il ne faut pas chercher à l'extérieur : au contraire, c'est en poursuivant tranquillement ses activités quotidiennes (au moulin, aux champs), que "l'illumination" peut se produire. Mais nul ne sait pour qui, ni quand, ni comment. De même que la mort vous prend par surprise, de même le grand Éveil - la Vision de Dieu - est totalement imprévisible.

         Et cependant il est plus proche de nous que les doigts de notre main : ce jour est forcé d'arriver ! Quels en sont les signes précurseurs ?

            La panique ; la perte de tous les repères ; des bouffées d'angoisse, la peur de mourir... Notre mental accroché aux choses terrestres se sent dépassé et profondément menacé. Mais ce qui est désigné par "le ciel" au verset 30 est une zone au profond de nous qui le dépasse et est immensément pure. 

         Aussi, même si ultimement ciel et terre sont appelés à disparaître (autrement dit, si s'ouvre l'infinie vacuité) cela sera comme un élan d'amour, la joie de l'Unité retrouvée.

        Pourquoi n'y a-t-il pas eu de telle tribulation depuis "le commencement du monde", et n'y en aura-t-il jamais plus ? Parce qu'elle marque la fin du règne mental, et que c'est le mental qui a créé le monde et qui nous y retient attachés.

     

     


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