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     Seigneur,

    Je T'ai appelé et Tu m'as répondu

    Tu m'as enveloppée de ton étreinte

    Aimante et paternelle

     

    Je voulais m'absorber en Toi

    Je pensais m'y dissoudre et disparaître

    Mais rien n'a disparu

    Tout au contraire s'est mis à sourire et à scintiller

    Dans un torrent de Joie et de Beauté

     

    Ta Grâce

    C'est la rivière du bonheur d'exister

    Cette vague qui porte haut

    Le frêle esquif de la Conscience

    Jusqu'à la compréhension que tout est miracle

     

    Tu m'as poussée dans la Nuit

    Pour que je voie le Jour

    Tu as fermé mes yeux

    Pour que je les ouvre

     

    Non pas pour que je Te voie

    Non pas pour me montrer la Vérité

    Mais pour que je ressente

    L'immensité de l'Amour

    Que Tu Es

     

    Et qui me porte

    En Vérité

     

     

     


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            Les textes que l'on se remémore le mieux sont ceux qui ont été mis en musique, et bien davantage lorsqu'on les chante... C'est bien connu.

           C'est ainsi que j'ai pu découvrir et approfondir le psaume 130 (De Profundis) dont habituellement on ne connaît que les deux premiers versets, grâce à la superbe interprétation (voir ici) qu'en a donnée Lili Boulanger, mon inspiratrice de ces derniers mois, si puissante quoique disparue à l'âge de 24 ans dans les pires souffrances.     

           Ces versets, plusieurs fois répétés avec véhémence, m'ont particulièrement frappée, me suggérant un sens nouveau qui enrichit mon travail quotidien :


    Si tu prends garde aux péchés,
    Qui donc pourra tenir ? 

    (Texte utilisé par la compositrice -
    voir équivalence ici)

     

        Que sont les "péchés", sinon ces éléments émotionnels et mentaux dont à l'examen minutieux (lorsque l'on enquête suivant la méthode enseignée par Ramana Maharshi) on découvre qu'ils ne sont pas "nous" ? L'observateur en nous les rejette, les reléguant selon une formule connue de Jésus :


    Dehors, là où sont les pleurs et les grincements de dents.

    (Évangile de Matthieu)

     

         Formule qui montre bien qu'il s'agit d'émotions et de pensées sans valeur...

         Le verset dévoile alors toute sa profondeur cachée :

    « Si tu demeures attentive à tout ce qui n'est pas toi, quelle personnalité imaginaire pourra subsister ? »


       Comme lorsque l'on gomme les défauts d'un visage, ou lorsque le même Jésus calma les vagues démontées du lac de Tibériade, il ne peut plus alors demeurer que le Réel, c'est-à-dire

    l'Innommé,

    l'Indiscernable,

    l'Infini,

    Ce qui Est...


          


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            Cette parole de Jésus, qui m'avait été rappelée il y a quelque temps, est revenue soudain me frapper aujourd'hui avec la stupéfiante découverte que je ne l'avais jamais comprise, dans sa portée initiatique du moins.

           Dans l'Évangile elle est placée de telle manière que l'on voie en Jésus ce que l'on en attend généralement, c'est-à-dire un véritable thaumaturge qui accomplit des miracles, en même temps qu'un être rempli de compassion qui guérit de la culpabilité et des infirmités humaines.

         Cependant, comme on me l'avait présentée, il me semblait qu'elle faisait simplement référence au fait que telle un paralytique, je me contentais de subir l'existence qui m'était donnée sans me prendre en main et partir en quête de "qui j'étais vraiment". Pourtant cela faisait un bon moment que je me débattais dans des questions d'ordre métaphysique. Et pour couronner le tout, lorsque je me retroussai les manches pour explorer les nouveaux domaines qui m'étaient proposés, on m'annonça que je n'avais pas bougé du tout et restais "toujours assise".

     

        Aujourd'hui j'ai soudain découvert que c'était une question de "verticalité". La verticalité étant la faculté de se relier au Divin en soi par l'intérieur, en s'affranchissant de l'espace et du temps.

          Il s'agit d'une sorte de mutation intérieure, la même qui poussa l'anthropopithèque du passé à se redresser et à cesser de se déplacer comme un animal ... et si l'on pense au miracle vécu par le héros de "Avatar", il faut supposer qu'il découvrait soudain, se relevant comme un géant, sa véritable nature.

         Allongé sur notre grabat, c'est-à-dire soumis au monde physique, nous vivons dans l'horizontalité, nous nous étalons vers les choses extérieures et n'aspirons qu'à recevoir et absorber ce que nous percevons autour de nous. 

          Libéré de l'attrait du monde extérieur, focalisé sur le Soi transcendant, nous pouvons nous lever, nous redresser pour affirmer qui nous sommes vraiment et en répandre le parfum. Offert à notre réalité profonde, nous ressentons une telle plénitude que plus rien d'extérieur n'existe pour nous.

          Marcher ensuite, c'est vivre dans le monde des apparences sans y porter d'intérêt, en laissant disparaître les choses aussitôt qu'elles ont apparu et en les "traversant" pour ainsi dire, tout en demeurant centré sur sa propre verticalité, sur son appartenance à la Lumière que l'on diffuse en permanence de soi, même ancré dans le monde terrestre.

     

     


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    (Suite de l'article précédent)

     

         «Le Maître» vient à moi sous tous les déguisements possibles : il peut être déguisé en accident comme en bonheur subit, en dépense inattendue comme en agréable surprise. C'est une leçon d'accueil inconditionnel que de le voir en tout.

          Mais pourquoi vient-il à moi ainsi déguisé ? 

        En premier lieu, parce que si je ne voyais pas le déguisement, je ne le verrais pas lui. Sous le déguisement, il est caché.

       Il s'est d'abord caché sous les traits de tous les guides spirituels que j'ai cru rencontrer. Mais là c'est un leurre grossier : car l'identifier à un individu est la pire des bêtises ! Jésus disait bien, lui aussi, qu'il fallait prendre garde aux déguisements : 

    « Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites.»
        

         Cependant, et surtout, sous tous ces déguisements, il me parle.

         Il me regarde droit dans les yeux, au plus profond du Cœur, et me dit :


    - Pourquoi t'es-tu ainsi déguisée, toi-même ?


        Et je lui dis :

    - Seigneur, je ne m'en rends même pas compte... !

    - Lâche ce déguisement, et je lâche le mien. Arrête de jouer, et on arrête ensemble, répond-il.


        Le déguisement, ultime cuirasse, me permet de voir des formes en tout ; me multiplie en miroir.

        Voici ce que je lisais hier soir :
      

    «  Regardez en vous si vous n'êtes pas juste, pas réellement vrai, si vous faites de fausses politesses ou de vraies hypocrisies, si vous faites semblant, si vous n'êtes pas en accord profond avec vous-même, si vous faites de faux procès ou de faux pardons. (...) Cela suffit. »

    Charles Coutarel, Éveil 
    (éditions Aluna)

     
            Quel est mon déguisement ?

     

           Si je lâche ce déguisement ; et si le Maître en miroir lâche le sien, que reste-t-il ? ...


    Ni Maître

    Ni moi

     

     


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  •       Ce qui m'a inspiré la découverte qui a enchanté mon week-end est sans doute ce texte émouvant que j'ai lu récemment dans le Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh : l'anecdote qui accompagne la carte intitulée "le Repentir".

        Cette histoire, que je ne relaterai pas en entier, rappelle très vivement celle du reniement de saint Pierre lors de la Passion de Jésus, et il s'agit manifestement du même repentir, faisant suite au même type de reniement provoqué par la peur d'une foule en furie.

    Rajneesh-Tarot de la Transformation-Le Repentir

      

    « Dans la tradition soufie, personne n'est comparable à Al-Hillaj Mansour. Les gens soi-disant religieux ont massacré énormément de monde. Pour Mansour, la crucifixion ne suffisait apparemment pas. On lui coupa les jambes, les mains, la langue. On lui arracha les yeux et lui trancha finalement la gorge. Quel crime avait-il commis ? Il avait déclaré : "Ana'l Hak !" "Je suis la Vérité, je suis Dieu !" En Inde, on l'aurait vénéré pendant des générations. Les musulmans ont vu les choses autrement.

         Des milliers de gens s'étaient rassemblés pour conspuer Mansour. Sous les jets de pierres et les quolibets, le mystique souriait. Quand on lui coupa les pieds, il trempa ses mains dans le sang. Quelqu'un lui demanda pourquoi il faisait cela.
        - Je me purifie, répondit-il, je me prépare à la prière.
       Les crimes et les péchés étant commis par le sang, c'est avec du sang et non avec de l'eau que les mains doivent être purifiées. Comme on allait lui couper les mains, il demanda :
        - Attendez une minute, laissez-moi prier, sans mains ce sera difficile.
        Il leva les yeux au ciel et dit :

         - Mon Dieu, tu ne peux pas me tromper ! Je te reconnais dans tous ces visages autour de moi. Ainsi donc tu prends l'allure d'un bourreau, d'un ennemi ? Je ne me laisserai pas berner, je te vois quelle que soit la forme que tu adoptes. Je te reconnais partout, depuis que je t'ai découvert en moi-même ! » 

    Rajneesh, Tarot de la Transformation - 52, le Repentir


        Mansour dit "Dieu" quand je préfère évoquer "le Maître", deux termes qui peuvent déplaire à ceux qui les identifient à des "personnes". Bien sûr, lorsque je mets une majuscule il ne s'agit pas pour moi du "maître" de qui j'ai reçu un enseignement, mais du "Satguru", du Soi, de l'Être absolu. Dans la Réalité, tout est le Soi, et pour notre petit mental humain qui en prend conscience je ne vois pas comment nommer autrement ce qui est la "Matrice" ou le "Patron" de toute forme perçue.

         Toujours est-il que cette grande Puissance de Vie s'imprime à tout ce qui nous apparaît, comme le marionnettiste entrant ses doigts dans les choses pour les faire vivre, ou comme l'Acteur suprême revêtant tous les costumes possibles pour jouer avec nous sur la grande scène du monde visible. 

          Vendredi dernier, j'ai soudain ressenti cette Présence dans tout ce qui m'environnait, m'emplissant d'amour et de gratitude... « Il » venait à moi déguisé en caissière ! En arbre ! En chien ! En merle !...

         Le mot "Dieu" est vague et pompeux, le mot "Bien-Aimé" évoque trop la passion amoureuse, je pensais donc "le Maître" : celui qui vous bénit, qui vous nourrit et vous guide avec l'infinie patience d'une mère - celui aussi il est vrai que Jésus nomme "Le Père".

            Tout ce qui se présentait à moi, c'était Lui.

            C'est alors que je fus agressée par une personne furieuse. Aussitôt, je songeai : « Le Maître vient à moi déguisé en personne furieuse

           Mon cœur en fut inondé d'amour ; et devant mon silence et mon empathie mon interlocuteur se calma bientôt.

          Le week-end fut fabuleux. Je n'avais même plus le temps de penser : "Il vient à moi déguisé..."  Dommage, car c'était vraiment le cas !

           J'espère continuer à me remémorer cette pensée ; quoi que ce soit qui se présente, c'est Lui, ce ne peut être que Lui. Ainsi l'accueil que nous faisons aux événements et aux personnes quels qu'ils soient ne peut être que d'Amour et de Confiance absolue.

     


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