• Paroles de sagesse

     

     

    Ecoute

     

    « L'écoute est guérisseuse. Elle objective les souffrances, sans les nourrir. La souffrance est une réaction. Ce qui est conscient de la souffrance est en dehors de la souffrance. En explorant le connaisseur de la souffrance, l'accent n'est plus maintenu sur l'objet, mais se tourne vers ce qui le transcende. »

    Jean-Marc Mantel,
    La pratique Spirituelle


         Bien sûr il ne s'agit pas ici de l'écoute d'autrui, mais de l'écoute de soi-même - autre façon de désigner l'auto observation. Se situer en dehors de soi-même, voici la gymnastique à laquelle est convié le Chercheur Spirituel, pratique ramenant prétendument à notre "état naturel", c'est-à-dire à ce que nous étions petit enfant : peu attaché à ce qui "nous arrive", et juste occupé à courir au-devant la vie telle qu'elle se présente, sans référence aucune permettant de comparer ou évaluer quoi que ce soit.

         Ranjit Maharaj, condisciple et successeur de Nisargadatta Maharaj, invitait ses auditeurs à s'imaginer qu'ils étaient "leur voisin" : « Quand quelque chose arrive à votre voisin, disait-il en substance, vous pensez simplement "ah ! le pauvre !", et puis ensuite vous oubliez... Faites de même lorsqu'il s'agit de votre propre vie : dites-vous qu'il s'agit du voisin.» Plus facile à dire et à comprendre, qu'à faire !

         Aussi lorsque je trouve par hasard cette lettre écrite par George Sand à Gustave Flaubert publiée par Ferdinand Brunetière (voir ici), je me dis que sa merveilleuse humanité vaut peut-être davantage que nos efforts stériles pour revenir en enfance, ce qui manifestement n'est pas le but de l'existence...

        « Pauvre cher ami,
       Je t’aime d’autant plus que tu deviens plus malheureux. Comme tu te tourmentes et comme tu t’affectes de la vie ! Car tout ce dont tu te plains, c’est la vie, elle n’a jamais été meilleure pour personne et dans aucun temps. On la sent plus ou moins, on la comprend plus ou moins, on en souffre donc plus ou moins, et plus on est en avant de l’époque où l’on vit, plus on souffre. Nous passons comme des ombres sur un fond de nuages que le soleil perce à peine et rarement, et nous crions sans cesse après ce soleil qui n’en peut mais. C’est à nous de déblayer nos nuages. »

    Ferdinand Brunetière,
    Correspondance de Gustave Flaubert avec George Sand

     

    Qu'en pensez-vous ? 

     

    Nuages et soleil

     

           


  • Commentaires

    1
    Lundi 10 Mai à 07:16

    Mais George Sand a tout à fait raison ! 

    Bonne journée.

      • Lundi 10 Mai à 09:43

        C'est bien ce qu'il me semblait... Bonne journée !

    2
    Lundi 10 Mai à 18:19

    Oui c'est si facile de dire : "ah le pauvre" pour son voisin et puis oublier. Mais quand ça t'arrive ce n'est plus la même chanson tout en sachant que le voisin peut avoir la même réflexion. Et puis j'y pense et j'oublie.

    George Sand une femme lettrée de bon sens !

    Bisous du jour.

      • Mardi 11 Mai à 11:12

        Déblayer nos nuages, c'est déjà un sacré travail...

    3
    Lundi 10 Mai à 19:14
    C'est à nous de déblayer nos nuages, quoique en garder quelques uns, ronds et blancs et dodus ! Bises
      • Mardi 11 Mai à 11:13

        Oui il y a des petits nuages bien sympas !! wink2

    4
    Mercredi 12 Mai à 17:54
    daniel

    J'ai toujours ressenti que ma propre évolution personnelle et spirituelle passait par l'observations de mes comportements. On peut être emporté par ses émotions, mais l'orage passé, on peut analyser notre attitude et essayer de comprendre ce qui a déclenché nos réactions.

    Là est l'une des clés de toute évolution.

      • Mercredi 12 Mai à 22:02

        Essayer de comprendre est bien ; cela permet d'améliorer nos réactions et d'être mieux dans notre vie et avec les autres. Mais l'enseignement oriental est de demeurer "observateur neutre" afin de comprendre, peu à peu, que notre véritable nature est de demeurer cet observateur et non celui qui agit ou ressent ces réactions. C'est le but ultime mais si difficile à atteindre ! Quand George Sand parle de "déblayer nos nuages" elle n'en est pas si éloignée car elle évoque tout de même l'idée de ne pas se focaliser sur les ressentis pour se rapprocher de ce qui est fixe : le soleil.

    5
    Samedi 15 Mai à 20:16

    Je suis tout à fait d'accord avec George Sand

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