• Paroles de Jean-Yves Leloup

     

    Photo récente de Jean-Yves Leloup

     

     

            Je m'étais inscrite hier soir pour suivre un "webinaire" d'une heure avec Jean-Yves Leloup. Celui-ci se présenta sous la forme d'une interview, ou plutôt d'une causerie d'une heure introduite par le responsable du site et d'où les interventions du public étaient exclues.

           J'apprécie énormément Jean-Yves Leloup et n'ai pas été déçue de l'entendre hier soir, mais plutôt assez émue. Il n'avait plus ce côté pontifiant qui m'a parfois agacée lors de longues conférences enregistrées sur le net ; on le sentait au contraire plus proche, plus impliqué dans son cœur, par les questions directes qui lui ont été posées.

     

            Revenant sur l'épisode de mort clinique qu'il a traversé, à Istanbul paraît-il (alors que j'avais cru que c'était en Grèce), il évoqua la découverte d'un immense espace de liberté, dont il se sentit privé lors de son retour dans l'espace confiné de son corps, et qu'il chercha ensuite à retrouver, grâce notamment aux techniques de méditation - et dans son cas, surtout de prière du cœur, de contemplation par amour.

            En effet, revenant à lui, il se trouvait dit-il face à la Basilique Sainte Sophie dans laquelle il entra. Elle était alors transformée en musée, mais il y rencontra une icône représentant Jésus, devant laquelle il demeura en arrêt, découvrant que cet espace infini lui était rendu par les yeux de celui-ci, posés sur lui...

            Il expliqua que la matière, dont le corps est constitué, n'est que la vibration la plus lourde de la lumière ; et que le mot "Dieu" vient du latin "dies" qui veut dire "jour". Ainsi, nous dit-il, voir Dieu c'est voir le Jour - ou vice versa : naître, c'est advenir à la vision de Dieu.

              Si nous nous interrogeons sur notre nature, nous observons que le corps est par nature inerte, et que c'est la Vie qui l'anime. Mais qu'est-ce que la Vie ? Qui l'a jamais vue ? Il en conclut que nous sommes formés d'invisible, manifesté en visible. C'est pourquoi le prologue de l'Évangile de Jean l'a toujours tant marqué, avec notamment le verset 18 qui indique :

    «  Dieu, personne ne l'a jamais vu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est Lui qui l'a fait connaître.»

        « L'homme, dit-il alors, c'est celui où l'Univers prend conscience de lui-même.»

         Si en descendant dans les profondeurs de nous-mêmes nous rencontrons cet espace infini, nous savons qu'il est aussi notre conscience, notre conscience d'où tout émerge : respiration, pensées, jugements sur les formes perçues ou les évènements expérimentés, classements de faits en mémoire, projets, désirs... La perception de notre corps et de nos émotions émerge aussi de là, ainsi nous savons qu'elle nous crée cette conscience, sur laquelle nous n'avons aucune prise mais qui nous contient et nous porte. Lumineuse, elle nous attire inévitablement et c'est pourquoi nous l'appelons Dieu, et plus nous la chérissons par le cœur, et plus elle nous porte et nous protège des agressions du monde extérieur.

                Ainsi ajoute-t-il :

    « Qu'est-ce que la mort ? La mort de ce à quoi je m'identifie... c'est-à-dire la mort de nos limites. [...] Nous ne sommes pas seulement des êtres pour mourir, mais aussi des êtres ouverts à l'infini. »

              Et il termine en comparant la quête à une Odyssée, où il rappelle également la devise du chemin de Saint-Jacques, "Un pas de plus..." :

      «  Ulysse a eu lui aussi cette nostalgie de la Sophia *, qui le pousse à ne pas se laisser séduire, à ne pas s'endormir en chemin.»

    (* Sophia : la Sagesse infinie qui pour les gnostiques est Dieu lui-même)

     

         En effet, la Conscience qui nous anime, si Elle est infinie, n'est jamais trouvée ; il faut être en permanence ouvert à la voix qui appelle dans nos profondeurs pour nous libérer toujours davantage.

    « On devient Dieu, nous pas en s'enflant comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ; mais en s'humiliant, en s'ouvrant constamment à ce qui nous dépasse, jusqu'à disparaître comme disparaît la chenille qui devient papillon. »  (citation en substance).

     

         La vision de Jean-Yves Leloup, qui met l'Homme au cœur de la création en tant que seul canal d'expression du divin, et que le Divin utilise pour Se rencontrer Lui-même, est celle qui me parle le plus. L'Amour est alors au centre de cette réalisation, comme l'indiquent ces deux jeux de mots :

    « Croire, c'est croître ; et c'est grandir en liberté. »

    « Tout est mirage, mais aussi tout est miracle ! »

       Pour terminer sur : 

    « L'Amour, c'est ce qui nous rend vivants.»

     

           Merci encore infiniment, Monsieur Leloup, et merci surtout à l'Univers infini qui nous parle en permanence par des voix multiples, de toutes formes, mais toujours si douces.

     
    **********************************

     

    PS : la séance peut être visionnée ici (ou ) en replay (elle était totalement gratuite).

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 20 Janvier à 15:44

    une personne que j'apprécie aussi beaucoup ; je te remercie pour cet article. Oui l'Amour c'est ce qui nous rend vivants. la vie reste un mystère , tant mieux, c'est sa beauté et sa force qui nous subjugue. Bises 

    2
    Mercredi 20 Janvier à 16:17

    Merci à toi d'avoir partagé avec nous les bonnes paroles de ce monsieur.

    Cela m'a beaucoup intéressée...

    L'Amour qui nous rend vivant, la Vie, la Mort, Dieu, Jésus, la Lumière, la Sagesse, l'Infini...

    Bisous du jour

    3
    Samedi 30 Janvier à 07:15

    Cela m'intéresse, je vais aller voir. J'avais lu un livre de lui, sur Marie-Madeleine, je crois.

    Bon week end.

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