•       Ce qui m'a inspiré la découverte qui a enchanté mon week-end est sans doute ce texte émouvant que j'ai lu récemment dans le Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh : l'anecdote qui accompagne la carte intitulée "le Repentir".

        Cette histoire, que je ne relaterai pas en entier, rappelle très vivement celle du reniement de saint Pierre lors de la Passion de Jésus, et il s'agit manifestement du même repentir, faisant suite au même type de reniement provoqué par la peur d'une foule en furie.

    Rajneesh-Tarot de la Transformation-Le Repentir

      

    « Dans la tradition soufie, personne n'est comparable à Al-Hillaj Mansour. Les gens soi-disant religieux ont massacré énormément de monde. Pour Mansour, la crucifixion ne suffisait apparemment pas. On lui coupa les jambes, les mains, la langue. On lui arracha les yeux et lui trancha finalement la gorge. Quel crime avait-il commis ? Il avait déclaré : "Ana'l Hak !" "Je suis la Vérité, je suis Dieu !" En Inde, on l'aurait vénéré pendant des générations. Les musulmans ont vu les choses autrement.

         Des milliers de gens s'étaient rassemblés pour conspuer Mansour. Sous les jets de pierres et les quolibets, le mystique souriait. Quand on lui coupa les pieds, il trempa ses mains dans le sang. Quelqu'un lui demanda pourquoi il faisait cela.
        - Je me purifie, répondit-il, je me prépare à la prière.
       Les crimes et les péchés étant commis par le sang, c'est avec du sang et non avec de l'eau que les mains doivent être purifiées. Comme on allait lui couper les mains, il demanda :
        - Attendez une minute, laissez-moi prier, sans mains ce sera difficile.
        Il leva les yeux au ciel et dit :

         - Mon Dieu, tu ne peux pas me tromper ! Je te reconnais dans tous ces visages autour de moi. Ainsi donc tu prends l'allure d'un bourreau, d'un ennemi ? Je ne me laisserai pas berner, je te vois quelle que soit la forme que tu adoptes. Je te reconnais partout, depuis que je t'ai découvert en moi-même ! » 

    Rajneesh, Tarot de la Transformation - 52, le Repentir


        Mansour dit "Dieu" quand je préfère évoquer "le Maître", deux termes qui peuvent déplaire à ceux qui les identifient à des "personnes". Bien sûr, lorsque je mets une majuscule il ne s'agit pas pour moi du "maître" de qui j'ai reçu un enseignement, mais du "Satguru", du Soi, de l'Être absolu. Dans la Réalité, tout est le Soi, et pour notre petit mental humain qui en prend conscience je ne vois pas comment nommer autrement ce qui est la "Matrice" ou le "Patron" de toute forme perçue.

         Toujours est-il que cette grande Puissance de Vie s'imprime à tout ce qui nous apparaît, comme le marionnettiste entrant ses doigts dans les choses pour les faire vivre, ou comme l'Acteur suprême revêtant tous les costumes possibles pour jouer avec nous sur la grande scène du monde visible. 

          Vendredi dernier, j'ai soudain ressenti cette Présence dans tout ce qui m'environnait, m'emplissant d'amour et de gratitude... « Il » venait à moi déguisé en caissière ! En arbre ! En chien ! En merle !...

         Le mot "Dieu" est vague et pompeux, le mot "Bien-Aimé" évoque trop la passion amoureuse, je pensais donc "le Maître" : celui qui vous bénit, qui vous nourrit et vous guide avec l'infinie patience d'une mère - celui aussi il est vrai que Jésus nomme "Le Père".

            Tout ce qui se présentait à moi, c'était Lui.

            C'est alors que je fus agressée par une personne furieuse. Aussitôt, je songeai : « Le Maître vient à moi déguisé en personne furieuse

           Mon cœur en fut inondé d'amour ; et devant mon silence et mon empathie mon interlocuteur se calma bientôt.

          Le week-end fut fabuleux. Je n'avais même plus le temps de penser : "Il vient à moi déguisé..."  Dommage, car c'était vraiment le cas !

           J'espère continuer à me remémorer cette pensée ; quoi que ce soit qui se présente, c'est Lui, ce ne peut être que Lui. Ainsi l'accueil que nous faisons aux événements et aux personnes quels qu'ils soient ne peut être que d'Amour et de Confiance absolue.

     


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            Je parlais dans l'article précédent de douter de l'Intelligence Supérieure ! Mais comment en douter si l'on ne cesse d'être confronté à un tourbillon auquel on ne peut faire face ? Il y a bien une Force qui le suscite, et si l'on ne peut y voir clair, c'est bien que cette Force nous dépasse.

              On se pose alors mille questions sur "que faire" et "que va-t-il se passer" ; et c'est alors que revient en tête la phrase de Ramana Maharshi (que je cite en substance) :

    « Vous êtes embarqués dans le train de la Vie, et n'ayez crainte, celle-ci vous mènera sûrement à destination. Alors asseyez-vous, déposez vos bagages, et respirez tranquillement ; laissez-vous porter et profitez du paysage. »


         Déposer ses bagages, c'est : ne plus se poser de questions, arrêter de chercher "que faire". Se laisser inspirer et miraculeusement les choses se mettent en place toutes seules. Chaque instant apporte sa bénédiction car vous ne vous attendiez pas à une si belle solution ... tout en continuant à trembler pour ce qui va suivre, mais le processus continue, et cela va se faire... SANS VOUS.

             Alors, vous revient en tête ce texte lu aux entrées des églises :

    « Si souvent nous ne sommes pas conscients de la manière dont Dieu nous porte aux jours difficiles ! Voici, d'après un poème brésilien, ce qu'en dit un croyant :

    Cette nuit, j'ai eu un songe : je cheminais sur la plage, accompagné du Seigneur.
    Des traces sur le sable rappelaient le parcours de ma vie :
    les pas du Seigneur et les miens. Ainsi, nous avancions tous deux jusqu'à la fin du voyage.

    Parfois, une empreinte unique était marquée; c'était la trace des jours les plus difficiles, des jours de plus grande angoisse, de plus grande peur, de plus grande douleur...

    J'ai appelé : - Seigneur, tu as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie, j'ai accepté de vivre avec toi. Pourquoi m'avoir laissé seul aux pires moments ?

    Il m'a répondu : - Mon fils, je te l'ai dit, Je serai avec toi tout au long de la route. J'ai promis de ne pas te quitter. T'ai-je abandonné ? Quand tu ne vois qu'une trace sur le sable, c'est que ce jour-là c'est moi qui t'ai porté.

    De même, aujourd'hui, ayez confiance en Celui qui sait vous porter aux heures difficiles. Il est fidèle, Celui qui pour vous a été au bout de son amour. »


          Et vous riez de la naïveté du poète en question. Comment pourrait-il y avoir vous et votre Seigneur, cheminant côte à côte, et des jours plus difficiles que d'autres où celui-ci vous porterait tandis qu'il vous abandonnerait quand tout va mieux ?! 

           Ce n'est pas "aux heures difficiles" qu'Il vous porte, c'est tout le temps.

          Seulement comme un enfant turbulent, vous vous débattez pour marcher tout seul... Arrêtez de gigoter ; laissez-vous porter.

         Comme sur l'Océan, pour être réellement porté, il faut "faire la planche", c'est à dire "faire le mort" et s'endormir littéralement, totalement abandonné aux vagues...

     

     


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    Imagine qu'une tulipe demande à une rose comment faire pour fleurir ?!

    La Nature les fait pousser indifféremment toutes les deux, suivant la voie propre à chacune.

    La tulipe n'a qu'un choix : laisser agir ses racines et s'abandonner à la grâce du ciel (pluie, lumière, température...).

    Ainsi aucun maître, aucun dieu ne peut rien pour toi ; seule ta Foi en ta propre puissance peut quelque chose.

     

    Si tu n'occupes pas Ta place, alors qui l'occupera ?

    Elle ne sera occupée que par Toi, mais à ton insu.

     

    Il n'y a qu'une façon de s'éveiller : c'est d'ouvrir les yeux au matin neuf et de découvrir soudain que tout est là uniquement parce que tu es éveillé...

    Et de rester ainsi constamment, devant ce miracle : « JE - SUIS - ÉVEILLÉ(E) !! »

    Tout est là uniquement pour te montrer que tu es. Tout te sourit et te renvoie ta joie et ton amour. Tout surgit en toi et vit en toi, tout chante en toi et s'extasie en toi ; tout te reflète car tout a jailli de ton cœur, et en jaillit sans cesse et sans cesse !

     Chaque instant te montre qui tu es, t'offre un facette de l'Être infini que tu es.

    Comment repousser quoi que ce soit puisque c'est se meurtrir soi-même ? Seul le mental envoie des flèches acérées, et il fait de toi un hérisson sauvage, comme ce pauvre Sébastien (de Gabriele d'Annunzio)... Mais il se trompe, car Tu es hors de ses atteintes, et si immense que les flèches de ce petit démon se sont perdues dans le ciel... noyées dans ton infinitude...

     

    Même ces flèches te font alors sourire, car tu sais que ce diablotin de mental est aussi ton enfant, comme tout ce qui apparaît et miroite à tes regards, sonne à tes oreilles ou vibre dans ton cœur. Comment repousser ses enfants, et ne pas s'attendrir de leurs jeux et même de leurs bêtises ?

    Ainsi chaque individu rencontré est une part de toi-même que tu accueilles avec étonnement et bonheur. Tout est miracle et merveille !

     

    Mais oui... Bien sûr, c'est le printemps : le "temps premier", initial, l'éclosion de l'Être sous son aspect apparent.

     

     


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    Lili

     

     

        « Lili » :  un titre aussi sobre que le bouleversant récit qui l'accompagne .

       En évoquant la courte mais fulgurante vie de "Lili Boulanger" (qui ne se prénommait pas plus Lili - son surnom - qu'elle n'était la fille de son "pauvre papa" Ernest Boulanger), avec en filigrane celles, en partie, de sa soeur Nadia et de ceux qui l'entourèrent, Alain Galliari nous montre quelle étrange farce est la vie que nous croyons "mener"...

        Plus que jamais il en ressort que nous ne sommes que des "instrumentistes" amenés à jouer la partition que le créateur (la Vie, Dieu) a conçue pour nous, sans avoir quoi que ce soit à y ajouter ni retrancher, sans avoir le moindre impact sur les événements dont nous sommes l'objet ni la moindre responsabilité de quoi que ce soit.

        Nous ne "dansons pas" avec la vie, nous exécutons juste la danse que celle-ci a choisie pour nous, si déchirante soit-elle. D'ailleurs comme le savent les romantiques,

    "les chants désespérés sont les chants les plus beaux"

    et de même l'existence la plus déchirante est aussi la plus sublime.

         Ainsi, pourquoi chercher à être "plus grand" que ce qui nous habite ? Maintenant je ne vois qu'une méthode : n'être rien.

         N'étant rien, je roule avec la vague qui se dissout sur la grève et le reflux m'emporte sans que rien ne puisse être distingué de la magique beauté de l'Océan.

     

     


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    Allons que ces doigts se dénouent
    comme le front d'avec la gloire,
    Nos yeux furent premiers à voir
    Les nuages plus bas que nous
    Et l'alouette à nos genoux,
    Allons, que ces doigts se dénouent ...

    Aragon

     

         Se DÉ-TA-CHER.

     "Qu'est-ce que j'ai fait ?"

    "Qu'est-ce que je n'ai pas fait ?"

    "Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?"

         Vaines questions.

     

    Ce qui se passe est ce qu'il a été choisi d'expérimenter pour ce corps.

    Point final.

    Les autres corps expérimentent aussi ce qui a été choisi pour eux.

    Ceci forme un ensemble harmonieux analogue au clapotis des vagues qui s'entrechoquent sur les rochers...

    Il n'y a rien à chercher, rien à retenir, rien à combattre.

    Il suffit d'avoir confiance, et de se dire qu'on est forcément au bon endroit au bon moment, puisqu'on était là avant et que c'est le moment qui s'est imposé.

    C'est en ce sens seulement que nous sommes les spectateurs de notre propre vie : en prenant conscience que nous sommes là avant, après, toujours, immuablement, et que c'est la vie qui se déroule à travers nous ; comme sur un théâtre de marionnettes où un seul marionnettiste manipule à la fois le bon qui souffre et le méchant qui frappe.

      


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