• Compréhension suite : rendons à César...

     

            Comment accéder à la compréhension ?

            En répétant "Je suis" ? Ou bien "qui suis-je " ? Cafouillage assuré.

          Bien sûr on fait ce que l'on peut, et les méthodes ont toutes leur raison d'être et leur pouvoir ; leur temps et leur utilité. Pour moi cela n'a rien donné. 

         Affirmer "Je ne suis pas cela", ne m'a jamais aidée non plus : en effet, quand des flots d’événements perturbateurs surviennent, on est entraîné quoi que l'on fasse ou quoi que l'on affirme.

          Se demander "Qui perçoit ceci ? " est fort limité, et conduit en définitive à une position qui ne s'avère pas la bonne.

            Voici donc ce qui m'est venu hier : désigner le coupable. Autrement dit : rendre au mental ce qui est au mental

            Démonstration (je ne prétends rien enseigner, je note simplement une méthode que je vais tenter de suivre). 

     

    Qui s'émeut devant les fleurs du cerisier ? - Le mental.

    Qui savoure la chaleur du soleil ? - Le mental.

    Qui promène le chien ? - Le mental.

    Qui parle avec le voisin ? - Le mental.

    Qui écrit sur l'ordinateur ? - Le mental.

    Qui est déprimé à l'idée de tout ce qui reste à faire ? - Le mental.

    Qui est stressé par la circulation routière ? - Le mental.

    Qui fait la cuisine ? - Le mental.

    Qui déjeune ? - Le mental.

    Qui s'endort et rêve ? - Le mental.

    Qui se réveille et découvre un nouveau jour ? - Le mental.

    Qui s'inquiète du temps qui passe ? - Le mental.

    Qui ressent de l'angoisse, de la colère ? - Le mental.

    Qui lit un livre, écoute de la musique, est transporté ? - Le mental.

    Qui pique une crise parce que tout est trop difficile ? - Le mental. 

    Qui critique les infos à la télé ? - Le mental.

    Qui s'égare dans ses pensées ? - Le mental.

    Qui se réjouit de faire le jardin ? - Le mental.

    Qui récite un mantra ? - Le mental.

    Qui pratique la pleine conscience, ressentant profondément toutes choses présentes ? - Le mental.

    Qui pratique la méditation vipassana, s'efforçant d'observer tranquillement les pensées ? - Le mental.

    Qui pratique la méditation guidée, le rêve éveillé ? - Le mental.

    Qui suit des thérapies pour se débarrasser d'émotions pénibles ? - Le mental.

    Qui ressent de l'amour pour les êtres, les choses, Dieu ? - Le mental.

    Qui ressent de la gratitude quand un bonheur survient ? - Le mental.

    Qui se jure qu'il parviendra un jour à un résultat ? - Le mental.

    Qui pleure de voir ses projets tomber à l'eau ? - Le mental.

    Qui est fier de ses réussites, affecté par ses échecs ? - Le mental.

    Qui crée, compose, dessine, publie ? - Le mental.

    Qui dit "JE" ? - Le mental.

    Qui perçoit ? Qui dit "Qui suis-je" ? - Le mental.

    Qui s'émerveille ?... - Le mental.

     

    Charmant mental, adorable mental, il est toute notre vie, il est notre costume ; sans lui : rien.

    Mais c'est un costume vide.

    C'est un décor, pour une merveilleuse mise en scène !

    On peut le remercier, l'adorer, le chérir - sauf quand il nous impose souffrance et meurtrissures.

    Or lorsque nous dormons profondément, il disparaît. Plus de monde, plus de "je". Et c'est ce dont nous avons le plus besoin : de ce sommeil "réparateur" ! Mais réparateur de quoi ?...  

    L'erreur est de vouloir rapporter ces choses au corps. "Corps" ne veut rien dire, sinon un amas de chair, une forme périssable. C'est la vie qui l'anime qui compte, et cette vie n'est perceptible que grâce au mental. C'est donc lui qui doit être "reposé".


    Voici donc ma nouvelle méthode : à chaque instant, dans toute situation, reconnaître que c'est le mental qui agit, qui ressent.

    Que ce n'est pas moi

    "Moi"... un terme dénué de sens pour désigner ce qui en nous n'a pas de nom, mais est situé au-delà de tout ce que l'on peut désigner.

    "Moi" : le Royaume de l'Être qui ne peut être connu qu'en se détachant de tout ce qui appartient au mental, patiemment, posément, avec tout le respect dû à ce parfait petit serviteur.

     

     

    Hanuman, le mental serviteur

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 31 Mars à 21:00

    sans mental, nous serions un robot alors ? tout petit un enfant a déjà son ami le mental ... pour moi le sommeil est vital. Plus de mots pour ajouter quoi que soit, je crois que tu lui as fermé son clapet à mon mental ... bises yes

      • Dimanche 31 Mars à 21:14

        happy  Mais non ! Sans le mental nous sommes le grand miroir de l'Univers, la Félicité même ! Ce que nous éprouvons en nous ressourçant dans le sommeil...

        Si tu veux que j'exprime cela en termes chrétiens : nous revêtons la robe blanche des Fils de Dieu et participons au festin divin.

    2
    Mardi 2 Avril à 14:24
    daniel

    Bon d'accord ! mais ta méthode est difficile à appliquer totalement. J'essaie de mettre mon mental de côté mais je n'y pense pas tout le temps. Je sais aussi que le mental peut faire grandement souffrir !

      • Mardi 2 Avril à 14:44

        Bien sûr... En fait je claironne une méthode qui est préconisée depuis longtemps par les maîtres du vedanta mais que je n'avais pas encore trouvé comment appliquer vraiment. C'est bien le "ni ceci,  ni cela", mais formulé de façon précise et concrète, selon mon ressenti. 

    3
    Mardi 2 Avril à 20:19

    merci pour ta réponse ; je trouve que mon mental est rapide comme l'éclair ... quelquefois je m'amuse en voyant ses digressions.  D'autres fois, je m'étonne de qu'il me fait faire. Ici bas, nous pouvons apprendre à nous concentrer et à dompter comme un cheval, le mental ... cela demande persévérance et courage, nous sommes si vite limités. Bises 

      • Mardi 2 Avril à 20:45

        En fait j'étends le mental à toute la condition humaine manifestée : il me semble qu'il est le filtre choisi par l'Absolu pour nous permettre de voir le monde et d'y interagir. Il est perception, sensation, émotion, pensée, action... C'est aussi ce que j'ai compris à travers les divers enseignements (bouddhiste aussi, dans le sutra du cœur par exemple). A ce titre il est à apprécier et nullement à rejeter ! MAIS ce que je cherche, c'est à le discerner : rendre à César ce qui est à César (donc repérer ce filtre avec précision), et à Dieu ce qui est à Dieu (reconnaître ce qui, au-delà, est l'Absolu).

    4
    Jeudi 4 Avril à 23:36

    Tu fais équitablement la part des choses, j’apprécie...

      • Vendredi 5 Avril à 10:07

        Je fais des efforts sarcastic.... Mais si c'est le mental qui les fait, alors repos ! (dans les bras du Seigneur...) money

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