• Accéder à la Vérité de ce que nous sommes

     

                La Vérité est au-delà de la pensée.

             Cependant, nous n'avons à notre disposition que la pensée, tant pour la chercher que pour l'exprimer.

              Aujourd'hui je m'émerveille de découvrir que, lorsque l'on cherche profondément une issue à la souffrance et que l'on s'oriente vers cette Vérité qu'on appelle de tant de noms différents (Dieu, Soi véritable, Félicité suprême, Nirvana...), elle finit par se découvrir d'elle-même et se manifester à travers le "Satguru", c'est à dire le guide authentique.

             Celui-ci peut tout d'abord prendre l'aspect d'un "maître" rencontré de façon inopinée ; mais l'on découvre bientôt que tous les maîtres sont faux, puisqu'ils apparaissent à travers un jeu de personnalités - un "je" personnel soumis donc à la pensée et aux concepts, et bien éloigné de cette Vérité au-delà des pensées.

            Le "faux maître" se transforme alors en Gardien du Seuil : il arbore tous nos démons, toutes nos peurs, toutes nos projections... mais qu'importent ses ruses, puisqu'il indique que nous sommes au seuil de la Découverte essentielle ! Si nous sommes perspicaces, il nous aide plutôt, par effet de miroir, à décrypter le fonctionnement de notre ego à travers son comportement et nos réactions.

           De même que, la terre étant ronde, un avion lancé vers l'ouest reviendra tôt ou tard à son point de départ par l'est ; de même que, l'Univers étant courbe, une énergie lancée à travers l'espace reviendra tôt ou tard sur elle-même ; de même, tout individu né sur cette terre, s'il fait le vœu ardent et résolu de revenir à sa Source, y reviendra tôt ou tard.

            C'est sûr et inévitable.

            Les voies sont multiples, aussi multiples que les formes de vie, les cultures et les caractères sur cette terre. Elles appartiennent toutes en propre à chacun d'entre nous ; elles sont notre cordon ombilical, notre reliance à l'Infini qui nous a enfantés.

            Mais souvent, très souvent, nous avons le besoin de ressentir que, de même qu'à notre naissance la nature nous a dotés de parents pour nous nourrir et nous guider, de même nous avons ce Satguru, figure à la fois de Mère et de Père, semblant agir tantôt comme Père et tantôt comme Mère (et que nous appelons comme nous voulons), qui nous soutient et nous guide infailliblement dans notre cheminement.

     
           À ce point de ma méditation, la musicienne que je suis ne peut éviter de se rappeler la merveilleuse fin des "Béatitudes" de César Franck, qu'aimait tant une vieille amie de mes parents, fille du compositeur Guy Ropartz (Gaud, qui est mentionnée dans l'article en lien).

           Le texte de Mme Colomb, autrefois décrié pour ses aspects emphatiques ayant entraîné de la part de Franck certains développements un peu lourds, est ici magnifique et la musique l'y rejoint pour une sublime apothéose, à travers l'amour vibrant qui se dégage des dernières paroles du Christ, notées ci-dessous.

             Dans cette 8e Béatitude qui évoque les "persécutés pour la justice" (d'après l'évangile de Matthieu, chap.5), la mère de Jésus vient d'apparaître pour rappeler ce qu'elle a souffert (ne l'appelle-t-on pas "Notre-Dame des Douleurs" ?), ce qui a définitivement brisé la morgue de Satan qui jusque là ne cessait de pousser le monde à la révolte et à la violence. Alors Jésus ouvre grand ses bras à ceux qu'il appelle "Les Bénis de mon Père" : ceux qui ont su aller jusqu'au sacrifice d'eux-mêmes pour faire régner la Justice - c'est-à-dire la Vérité et l'Amour.


            Jésus représente ici le Satguru qui guide immanquablement vers le but, "le Ciel", représentation de notre Demeure ultime où règne la Félicité, tandis que le "Père" qu'il évoque désigne l'Être Pur, la Source de tout. Quant à Satan, c'est une figure du mental perverti qui entraîne à la souffrance par les pièges de l'ego, et plus particulièrement ici le Gardien du seuil, image saisissante et abrupte de tous les pièges que nous devons affronter pour peu à peu nous extraire de l'erreur où nous étions plongés.

     

     

    JÉSUS

    Ô justes que mon Père envoie
    parmi les pervers,
    conservez une sainte joie
    au milieu des revers !
    Soyez heureux, quand au supplice
    vous êtes jetés !
    Heureux ceux qui pour la justice
    sont persécutés.
    Le Ciel souffre violence*, 
    bénis soient les vaillants, les forts,
    le Ciel sera la récompense
    de leurs saints efforts !

    SATAN

    Ô Christ, par toi je suis vaincu !


    JÉSUS

    Venez, venez !


    SATAN

    Mon règne a vécu...


    JÉSUS

    Venez, venez !
    Venez, les bénis de mon Père,
    venez, venez à moi !
    Vous avez, sur la terre,
    vous avez suivi ma loi !
    Venez, de la Gloire éternelle
    ma croix vous ouvre le chemin ;
    le chœur céleste vous appelle,
    les anges vous tendent la main !
    Venez, venez les bénis de mon Père,
    venez, venez à moi !
    Vous avez, sur la terre,
    vous avez suivi ma loi !

     

    * C'est ici à un passage assez obscur de l'évangile de Matthieu qu'il est fait référence (au chap.11 ; voir aussi en suivant le lien Luc 16,16

     

     

    « Le Souffle du MaîtreÊtre sans soi »

  • Commentaires

    1
    Mardi 18 Juin à 22:25
    Durgalola
    Je te remercie de te donner ainsi. Dire avec des mots est si difficile. J'aile cette image de retour vers soi.
    Demain j'écouterai cette musique. J'ai une éducation musicale très réduite. Bises

    J'oubliais.. le Christ dit souvent cette phrase . Ta foi t'a sauvé.
      • Mercredi 19 Juin à 15:05

        Ecouter une musique qui  ne vous "parle" guère n'est pas obligatoire ; en fait j'ai mis le texte aussi pour que vous puissiez vous passer de la musique.

        Oui, tu as raison de citer cette phrase du Christ qui est essentielle : mais la Foi est difficile à connaître ; tant qu'elle ne se nourrit que de la croyance, c'est-à-dire d'une adhésion culturelle ou intellectuelle, elle demeure inopérante et passe au registre des habitudes mentales. Tant qu'elle n'a pas été confrontée au doute, c'est-à-dire à la preuve de son inefficacité (ex: ma foi n'a pas empêché mon enfant de mourir ; ou encore : le Christ a été mis à mort, conspué par tous parce qu'il n'était pas le messie attendu, et de plus il n'a même pas pu se sauver lui-même), elle n'atteint pas sa véritable nature qui est l'Amour : on croit parce qu'on AIME - et alors on ne peut plus faire autrement.

         

    2
    Mercredi 19 Juin à 00:30

    J'ai rencontré une gardienne du seuil et j'étais fort contrariée. Je l'ai ressentie comme une intrusion (tentative de percée) dans mon monde intérieur.

    J'écouterai la musique demain, il est tard !

      • Mercredi 19 Juin à 15:09

        Ce n'est peut-être pas une gardienne du seuil ? Mais peut-être que si, parce qu'on reconnaît le Gardien au fait qu'il provoque en vous de grandes peurs. Il faut alors bien examiner le contenu exact de ces peurs. Qu'est-ce que l'on cherche à protéger au juste ? De quel "monde intérieur" s'agit-il ?

    3
    danae
    Mercredi 19 Juin à 09:17

    Je vois que tu avances dans tes recherches spirituelles et ça c'est une vérité ! Je te souhaite un peu en avance un très joyeux anniversaire et je te fais une grosse bise Martine en attendant de te voir en vrai cet été

    4
    Jeudi 20 Juin à 11:50
    daniel

    Tout cela , malgré ma foi, me laisse toujours dans un certain doute. Y a-t-il une vérité ?

    Quant au maître spirituel et en toute modestie, je préfère être mon propre maître. A vrai dire je crois que j'ai un problème avec l'autorité. Je n'aime pas trop les liens de subordination .

      • Jeudi 20 Juin à 16:17

        Tu me fais rire, Daniel. Qu'il y ait une vérité, c'est sûr ! C'est tout ce qu'il y a de plus sûr! S'il n'y en avait pas tu ne serais pas là à te poser la question.

        C'est la trouver qui n'est pas évident.

        Quant à être son propre maître, c'est justement ce qui t'empêche de la trouver, puisqu'elle est au-delà de toi. Et on ne peut pas trouver ce qui vous dépasse. On ne peut que s'y soumettre. Ce n'est pas une question d'autorité, c'est une question de réalisme.

      • Jeudi 20 Juin à 21:55

        Ne le prends pas mal : si je ris, c'est parce que je trouve ton commentaire en contradiction avec les messages que tu postes souvent de la part de ta "petite voix".

      • Samedi 22 Juin à 17:55
        daniel

        Je ne le prends pas mal et au moins je t'ai fait rire. C'est toujours bon de rire. C'est un soleil dans la vie.

    5
    Jeudi 20 Juin à 20:57
    Durgalola
    Pour répondre à ton commentaire. Les villes tondent moins les pelouses et aussi ne tondent pas tout. Cela permet aux fleurs de s'épanouir et aux insectes abeilles et autres de se nourrir.
    Ainsi j'ai vu les coquelicots en nombre sur les pelouses du quartier et même des orchidées à 300 m de chez moi . Bises
      • Jeudi 20 Juin à 21:53

        Chez nous ce sont les trottoirs qui sont fleuris de coquelicots. Les pelouses elles sont entretenues et bordées de jolies jardinières. Par contre il y a aussi des touffes de fleurs champêtres au milieu des ronds-points.

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