• À venir

     


    S’élancer en avant dans une incessante création, dans un perpétuel élan,

    Vers le nouveau, l’inconnu, une vie nouvelle,

    De ce qui n’a encore jamais existé !  (...)

    Emporte-moi au loin vers l’inconnu de l’avenir

    À la rencontre de la liberté désirée ! (...)

     

      Ainsi s'exprimait Ivan Wyschnegradsky dans la seconde partie de son extraordinaire Poème symphonique pour Récitant et Orchestre intitulé La Journée de l'Existence.

    Et je me souvenais de ces mots en me promenant, pensant que rien de ce qui m'était présenté n'avait encore jamais existé ; que tout y était neuf, perpétuellement neuf, et non seulement neuf mais encore jailli tout vif de ma pensée, qui dessinait des formes au sein de l'Être immense dans lequel j'évoluais.

    D'ailleurs n'allais-je pas précisément marcher sur une sorte de serpent lové dans l'herbe, et qui n'était qu'un morceau de corde mystérieusement abandonné ?

    Un peu plus loin encore je souris en découvrant des réverbères orange allumés dans des ruelles pourtant baignées de la resplendissante lumière de midi, y voyant l'image parfaite de notre petit mental s'obstinant à se rendre intéressant alors qu'il n'éclaire rien du tout, la véritable lumière lui étant extérieure.

    C'est alors que celui-ci (ce petit mental fouinant dans ses tiroirs pour avoir le dernier mot) me rappela un vers de Phène ; ou plutôt me titilla pour que je réussisse à me le remémorer...

    ...  Voyons voyons, où parlait-elle d'a-venir ??? Avec quoi faisait-elle un jeu de mots ??? Un rapport de transformation ???

    Je résistai un instant à céder à la recherche, la prenant dans le mauvais sens : en effet je cherchais un rapport avec un autre mot qui commencerait par "a" ; mais j'en vins soudain à cette évidence que ce n'était pas le "a" qui était conservé, mais le "venir" !

    Et le "sous - venir" surgit !

     

    L'errance

    prend fin

    quand

    deux - venir

    s'abîme en

    a - venir

    (Extrait de Feuillets Apocryphes)

     

    Au lieu de percevoir deux éléments séparés évoluant simultanément (l'Homme et son Créateur - Soi et le monde) ou même - ou surtout ! - au lieu d'imaginer deux points distincts étant celui que l'on occupe et celui que l'on veut atteindre ("devenir"), on perçoit un stop, un arrêt de tout mouvement. Il ne s'agit donc même plus d' "à venir" (de cette "liberté désirée" qu'évoque Wyschnegradsky à ce niveau de sa méditation), mais d'absence d'attente, d'absence de recherche.

    Il n'est plus besoin d'aller où que ce soit, tout étant devenu UN.

     

     

    « Le Chant de l'ÂmeTurbulences »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Mai à 20:38

    La paix n'est-elle pas cette absence d'attente ? Avoir cette paix c'est s'envoler libre de tout lien...

      • Vendredi 18 Mai à 21:57

        Oui, Marlène... C'est cela la Paix véritable ! money

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